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 Illidan ▬ Burning [Jolitemps]

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Lyros
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ILLIDAN
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MessageSujet: Illidan ▬ Burning [Jolitemps]   Dim 12 Nov 2017, 21:29

Errant, comme à son habitude, et ignorant sciemment les frontières et semblants d’appartenance des terres de ce monde, il suivait ainsi avec application les préceptes libertins que sa meute lui avait appris. Ses pas délicats foulaient silencieusement le sol, sa truffe, ses moustaches et ses oreilles œuvrant en parallèle pour lui éviter de douloureuses rencontres avec des obstacles sur le chemin. Être aveugle forçait à un excellent sens de l’orientation, sous peine de se perdre pour ne jamais revenir, et il aurait pu se vanter d’avoir le nez le plus fin de la meute, tant il en avait besoin pour suivre ses propres pas sur le chemin retour au quotidien.

Aujourd’hui, il bravait à nouveau de fades interdits pour se pointer sur le paillasson de Mido, sans pour autant oser entrer en son domaine. Les plaines alentour étaient calmes, et l’odeur de vase qu’émanait le bassin ornant la devanture du temple donnait envie à Illidan d’y mettre le bout des pattes. Mais son instinct de survie surplombant le tout, il préférait éviter de se donner des raisons de tomber malade en ce début de temps refroidis, son pelage ayant mué pour une protection plus épaisse indiquant sans faute que la saison était déjà bien avancée.

Assis là, il fixait sans vraiment le faire le trou qui abritait la fontaîne de Mido, intensément neutre. Depuis les années qu’il en rêvait, d’un pouvoir…s’il pouvait, de tous les dieux ça serait celui-ci. Il se dégoûtait lui-même à autant vouloir quelque chose de ces divinités détestables, mais il savait que ç’aurait été pour une bonne cause, alors il ne s’en voulait pas trop. S’il avait un truc nul en revanche, il lui suffisait de briser d’un coup de crocs cette allégeance factice…avec beaucoup de déception, certes. C’était principalement ce qui l’empêchait de tenter l’épreuve malgré toutes les pseudo interdictions, s’il obtenait de la merde ou se le faisait refuser, il perdrait la seule raison qui le maintenait motivé à vivre aujourd’hui. Si on lui confirmait qu’il était réellement destiné à n’être qu’une loque aveugle embarrassée d’ailes inutiles…il se terrerait probablement simplement au fond de sa grotte au camp Raeder, peu importe les baffes de Paprika. Il aimait sa famille oui, mais n’était même pas vraiment utile pour eux, puisqu’il ne pouvait chasser, et encore difficilement, que des petites choses par-ci par-là, ni défendre efficacement le camp. Sentinelle, il pouvait à peu près faire, à la limite. Ou homme au foyer…

Lâchant un râle agacé, il se détourna finalement de la Tanière et avança avec lassitude, ne s’arrêtant qu’après avoir plongé une patte de quelques centimètres dans la boue.

« Mais putain sa mère, » cracha-t’il à l’étang.
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Jolitemps
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MessageSujet: Re: Illidan ▬ Burning [Jolitemps]   Mer 15 Nov 2017, 21:23

Burning

ft. Illidan.

Automne 2017.
Un an.


Tu as grandis, Jolitemps.
Tu n'es plus cette louvette, petite, frêle, à la voix fluette. Tes pattes sont devenues longes, ton dos musclées, tes traits gracieux et tes paroles mélodieuses. Tu ressembles à Maman, dans ta démarche, même si vos couleurs ne sont pas les mêmes. Maman qui se vieillit, qui faiblit pendant que toi tu te renforces. Tu es une adolescente, une adulte en devenir. Tu es belle, et peut-être que tu le sais. Peut-être que tu t'en fiches, aussi : tu n'as cure de ce détail, ta quête n'est pas égarée dans la superficialité. Ta quête est du côté des Perdus. Elle le reste, encore, toujours. Tu ne fais plus que marcher dans les pas de Maman, pour te charger des Perdus : tu la dépasses, tu cours devant elle, lorsqu'elle s’essouffle, lorsqu'elle manque de s'écrouler parce que son âge ne lui permet plus tout ce qu'elle fait.
Mais en plus de tous ces changements que l'on voit, il y a aussi ceux que l'on ne voit pas. Il y a ceux que l'on sent, plutôt. Cette odeur que tu dégages, pour la première fois de ta vie. Ça te tord un peu l'estomac, tu n'as pas très faim, les cadavres ne t'ouvrent plus bien l'appétit. C'est transitoire, juste le temps que le début passe, que tu t'y fasses. Ça dure longtemps, mais c'est comme ça : tu es une femelle aux premières chaleurs, tu perds ta place d'enfant pour devenir adulte.
Parlons en, de ça, oh, oui.
Tu n'es plus un bébé, tu ne disposes plus de ce pass qui te permets d'outrepasser les frontières, de les négliger, de les oublier. Tu as beau feindre la maladresse, on ne te veux plus ici : tu es une solitaire, un sang impur dont on ne veut abreuver les sillons. Pourtant, il te faut bien suivre ces Perdus qui s'envolent et qui volent, ces fantômes qui ne regardent pas le temps et l'espace et qui avance encore et encore : alors, tu ne peux pas feindre de vouloir les respecter, car ta tâche tu dois accomplir.

Ce n'est pas l'un d'eux que tu suis ce soir. L'hirondelle a finit attrapée, le beau temps est terminé. L'automne est là, et l'hiver arrive à petit pas, dans sa marche aux morts blancs. Tu sais que c'est lorsque cette marche sera terminée que Maman tombera, elle et ses vieux os. C'est une chose à laquelle vous vous prépariez déjà, toi et ta vieille Maman, parce que vous étiez plus prévoyantes que les autres.
Mais là n'est pas le sujet, non. C'est un sujet que l'on réservera pour dans quelques années, lorsque l'heure de te respecter le corps de Maman sera venue. En attendant, tu te glisses dans le sillage des gardes, tu te moques d'eux dans le silence et les ombres, là où le soleil tape sur les arbres. Et puis, tu te défais de leur vision, pour t'éloigner vers l'eau qui clapote. Ce lac, tu le connais, tu l'as déjà vu : là se trouvait la Fiancée du Géologue. Un Disparu, à jamais. Un jour, tu le trouverais, s'il était encore un Perdu. Pour les faire se retrouver, pour marier le vivant et la mort.
Tu esquisses un de ces sourires dont toi seule à la définition, avant de t'avancer encore un peu. Allez, encore un peu, jusqu'à pouvoir mieux le voir, lui.

Ce n'est pas la fiancé, qui se tient là : c'est quelqu'un d'autre. C'est un loup que tu connais, et qui te connais ici. De ton odeur et de ta voix de miel, tu t'approches de lui. Un petit rire, si clair, que tu dévoiles et que tu lui offres, sur le même plateau que cette question que tu lui poses.

« Veux-tu devenir Poisson de Ruines, Oiseau ? »

Tes taquineries n'auront de cesse, Jolitemps, l'âge ne donnera raison à ta malice. Mais il te fait rire, à mettre dans la boue ses pattes, à salir le blanc de ses doigts pour les rendre aussi brun que le reste. Tu rejettes la tête en arrière, alors que tu lui parles encore, en t'approchant de lui, en lui faisant partager ton odeur et ton contact.
Sans doute n'a-t-il pas envie de t'entendre, toi qui ne perd même pas de temps avec quelques politesses. Bonjour, comment vas-tu, quel est ton vrai prénom ? Toutes ces choses, ça n'a pas d'importance pour toi.
Il est l'Oiseau de Ruine, il n'a besoin qu'on le salue ni que l'on s'intéresse sur son incomplet état. Tu préfères revenir sur ce qu'il a dit à l'étang, pour comprendre, pour lui faire comprendre, pour partager avec lui.

« Tu penses que la mère du lac est une trainée, mais pourtant elle est la mer. Cette mer où est la plage, là où toi et Tatie vouliez inaugurer quelques paillardes coutumes. Je me souviens de ça, tu sais ? Juste avant de se quitter, vous et moi, toi et moi. »

Tu es serpent autour de lui, tu marches dans l'eau puis autour de lui, sans trouver place. Oiseau de Ruine est pour toi une intrigante aberration, il est de ce à qui l'on peut s'intéresser.
Et c'est ce que tu fais, oui.
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Lyros
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MessageSujet: Re: Illidan ▬ Burning [Jolitemps]   Mer 15 Nov 2017, 22:57

En retirant sa patte de la boue il en plonge une autre dedans, et s'enferme dans une rage infantile qui ne le laisse remarquer qu'au dernier moment le rire léger qui l'atteint. Comme à son habitude, il se crispe afin d'identifier le plus vite possible l'élément inconnu et déterminer sa dangerosité, mais après quelques instants de flottement, il finit par reconnaître la voix.

« Veux-tu devenir Poisson de Ruines, Oiseau ? »

Le brun dût chercher dans sa mémoire, mais comme au final il ne rencontrait pas beaucoup de personnes assez longtemps pour retenir leur voix, ça ne laissait pas une quantité de choix astronomique. Toutefois celle-ci avait...changé. Grandi ? Il avait un peu de mal à croire qu'il retombait à nouveau sur ce curieux énergumène, et ça faisait d'autant plus étrange d'avoir l'impression que seule la voix ait mûri. Cette gamine avait définitivement un grain, elle était pas juste un enfant un peu perdu, ou alors était-elle justement perdue à être une enfant toute sa vie. Mais en soi, n'était-ce pas même ce qui lui arrivait aussi, entre sa maturité biaisée et ses caprices d'enfant gâté ? Il était le sale gosse, elle l'enfant étrange.
Belle brochette tiens.

« Crapeau de Ruine même ouais, à ce niveau... » marmonna-t'il pour lui.

Mais il se braque en arrière en la sentant le frôler, interloqué. Même sur le plan contact physique, elle était restée la même apparemment, mais quand s'étaient-ils vus à la base, il y a un an ? Ce n'était plus une boule de poils rampant sous son poitrail, mais une demoiselle tournoyant autour de lui dans une entêtante odeur indéfinissable. Un putain d'esprit malin, voilà ce qu'elle était, ni plus ni moins. Distante mais proche, repoussante mais attirante. Volatile, tournoyante, babillant incessamment. Non, elle n'avait pas changé. Illidan se détendit toutefois, devinant qu'elle ne lui ferait probablement pas grand chose, son odeur ne portant pas la touche d'une des deux meutes, ce qui lui valait d'être automatiquement bien plus agréable à sa truffe. Une excuse pour ne pas penser qu'il appréciait sa fragrance totalement mystique et inconnue pour lui, louveteau de la plage baigné depuis toujours dans le sel, la fumée et l'alcool ? Oui, totalement.

Il sourit, en l'entendant divaguer poétiquement probablement suite à ses jurons. Il aimait toujours aussi peu son contact, mais elle avait le don de l'amuser, alors allons-y, pour une fois il ferait l'effort d'être sociable. Même si avec elle fumer un bédo serait sûrement plus efficace pour discuter fluidement, contrairement aux interminables précautions que demandaient les contacts disons plus, habituels. S'éloignant à peu près dignement du bord vaseux du lac, il contourna délicatement la zone sinistrée pour s'approcher d'une berge plus stable, et rincer approximativement ses pattes souillées. Peut-être en resterait-il dessus, probablement même, mais il ne lui suffisait de ne plus ressentir son poil collé pour être satisfait, ses yeux le coupant de la délicatesse visuelle pour le concentrer sur celle physique.

« T'es toujours aussi bizarre, tu sais, » dit-il d'un ton presque doux par rapport à ses habitudes.

Presque.

« T'as encore ton araignée derrière l'oreille ? » ajouta-t'il avec un des sourires tordus en guise d'air malicieux.

Moi aussi, je me souviens. Il se souvenait de sa réaction surtout, et même s'il était décontenancé par cette rencontre hasardesque elle avait eu le don de balayer toutes ses pensées avec quelques rires. Et cette odeur, cette odeur, il se sentait presque coupable à apprécier autant ce détail, mais ce n'était pas la couleur des cheveux qu'un aveugle allait aimer, de toute façon.


Dernière édition par Lyros le Mer 22 Nov 2017, 21:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Illidan ▬ Burning [Jolitemps]   Dim 19 Nov 2017, 01:22

Burning

ft. Illidan.

Automne 2017.
Un an.


Ses oreilles bougent, il t'écoute, il te repère. Sait-il que tu ne sais pas qu'il est aveugle ? Peut-être qu'il s'en fiche, comme toi tu peux bien n'accorder une moindre importance au voile blanc sur ses yeux. Tu ne l'as même pas regardé assez bien pour ça. Les yeux, ça ne t’intéresse pas beaucoup : ce n'est pas savoureux. On lit l'avenir dans les entrailles, pas dans les yeux des loups.
Le brun recule, contourne, s'avance. Il va dans l'eau claire, là où il peut rincer ses pattes salies. Il n'aime pas la boue, finalement, il n'en veut plus sur ses poils. Tu le suis, tu tournes autour de lui, tu en profites pour laper quelques gorgées d'eau trouble. Tu t'amuses même à récupérer sur ta langue l'eau qui goutte des pattes qu'il retire du lac, pour avoir contre ton palais l'odeur de son poil et le goût terreux de la vase.
Il faut toujours goûter le terroir d'une terre, dit-on, n'est-ce pas ? Et puis, il ne te dit rien. Ou si, finalement. Une petite phrase que tu entends souvent, et qui ne te fais pas grand chose.
Tu es bizarre, Jolitemps.
Mais tu aimes, la façon dont il te parle, parce qu'il ne t'a encore jamais parlé comme ça. Oh, il est peut-être trop tôt, pour dire jamais avec lui. Ce n'est là qu'une deuxième rencontre, mais dans votre monde cela pourrait déjà être beaucoup. Nombreux sont les visages qu'on ne voit qu'une fois et qu'on oublie aussitôt, dans un monde qui change tout le temps. S'efface les noms, s'efface les traits : autant ne pas chercher à apprendre à connaître le premier, à grossir le deuxième. C'est pourquoi tu préfères les contacts, ça permet de mieux se souvenir.
Bizarre, qu'il a dit.

« Je sais, on me le dit souvent. Bizarre. Ça sonne comme une bise et le blizzard, ça vient de loin tu ne crois pas ? »

Ta queue remue, fait onduler les longs crains qui la compose. Ton sourire se fait plus long, quand lui sourit aussi, avec cet air. Il n'y a que sur lui, oh, que tu as vu un sourire pareil : les autres n'étiraient pas leurs lèvres de cette façon. Toi non plus, tu ne le faisais pas. Tu t'amuses à reproduire son expression, à copier sa mimique. S'il t'avait vraiment vu faire ainsi, il aurait pu penser que tu te moquais de lui. Mais ce n'était pas le cas, non, pour ces deux raisons évidentes : il ne te voyait pas, et tu ne te moquais pas de lui.
Ça n'était là qu'une façon de comprendre les gens, un peu, pour une fois que tu t'intéressais un peu à quelqu'un d'autre que toi. Tu cherchais à le comprendre, même si son sourire était bizarre, à renvoyer dans le lac un reflet de toi aux traits grossièrement déformés par cette expression qui te rendait méconnaissable. Une décision : tu lui laisserais ce visage, c'était ce qui le rendait unique.

Si tu lui posais des questions, lui aussi en prenait le droit. Et il te demande pour ton araignée derrière l'oreille, il te demande des nouvelles d'Arastée. Allait-elle bien ? Oui, très bien. Elle était là, derrière ton oreille, comme il l'avait si bien dit. Elle avait repliée ses pattes contre elle, ses huit longes et fines pattes comme des cheveux d'ange. Et les multiples facettes de ses yeux avaient arrêtés de guetter le monde, parce qu'elle se reposait, là, tout contre la chaleur de ton corps.

« L’araignée est toujours derrière mon oreille, oui, elle n'est pas montée au plafond. Elle tisse mes pensées, me murmure quelques toiles. Veux-tu la sentir sur le bout de ton nez, danser de ses huit pattes, courir sur ton museau ? Je la sens se réveiller, elle n'est jamais contre un nouveau contact. Elle aime les peaux chaudes et les corps qui s'enlacent, et ton ombre personnelle ne lui fait pas peur. »

Belle Arastée, fidèle Arastée. Entité dépendante de toi, forgée par toi, une conscience que tu donnes à un être qui n'est pas toi ? Non, tu ne l'avais sortie de ton esprit, c'est elle qui y était rentrée. Et elle te racontait des choses, elle regardait les gens, elle volait quelques fragments d'intimité pour mieux te les exposer, dans de précieux petites choses que tu gardais pour toi, à comprendre à ta façon et dans une interprétation libre comme un bol d'air.
Mais voilà que tu te reprends, et on pourrait même te sentir un peu inquiète, si de sentiments pour elle tu pouvait bien avoir.

« Mais il ne faudra pas l'écraser, c'est promis ? »

Car tu y tiens, à ton araignée.
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MessageSujet: Re: Illidan ▬ Burning [Jolitemps]   Dim 26 Nov 2017, 17:27


Sa réponse est triste, un peu. Elle déclenche un sentiment un peu perdu chez Illidan, un semblant de compassion, d’indignation ; il n’est pas le seul à l’avoir dite bizarre, et malheureusement en soi ça ne l’étonne pas. Mais il se sent un peu mal maintenant, il est comme tous les autres, à la traîter d’étrange, se moquer un peu. Pourtant elle n'a rien de mauvais, et il n’y pense pas méchamment, mais peut-être cela reste-t’il tout de même douloureux ? Peu importe son intensité, le taquinage reste une moquerie, et sa façon d’être ressentie est différente pour chaque personne, chaque situation. Cependant elle semble s’en moquer, au point où ça l’effleure à peine. Elle rêve sur ses mots, les décrit avec légèreté.

Peut-être est-elle si loin que rien ne l’atteint, perdue dans sa sphère céleste parmi les nuages et les autres esprits taquins, laissant toutes ces pensées au commun des mortels comme lui. Son esprit est si libre, il se demande si elle peut encore sentir son corps, tandis que le sien lui semble emprisonné dans ce qu’il ne manque à presque personne.
Elle est un esprit fou dans un corps sain, et lui un être banal dans un corps partiellement fonctionnel ; est-ce qu’à deux ils auraient formé un loup normal ? Ou bien leur fusion créerait un être plus qu’exceptionnel ?

Il se demande s’il ne devrait pas partir, retrouver son quotidien machinal et habituel, il est perdu, à la fois mal à l’aise et intéressé par sa présence. Et s’il lui donnait un nom aussi ? Oiseau de Ruine et Esprit Taquin. Ou Esprit Rêveur ? Elle semblait trop loin pour être malicieuse. N’hésitait-il pas à partir quelques instants auparavant ? Et désormais il souhaitait lui donner un nom…il parait que c’est le meilleur moyen de s’attacher à un animal perdu et ne plus avoir le cœur de l’abandonner par la suite.

« L’araignée est toujours derrière mon oreille, oui, elle n'est pas montée au plafond. »

Il sourit de plus belle, s’asseyant sur le sol humide et froid pour l’écouter. L’hiver arrivant, le lac ne tarderait plus longtemps à geler. Mais elle lui propose de…faire grimper son araignée sur son museau. Pardon ? Restant quelques secondes perplexe, il finit par répondre :

« Eh bien…pourquoi pas, puisqu’apparemment ça ne la dérange pas ? »

Au final l’idée l’amuse, ça le rend curieux d’imaginer comment elle lui ferait sentir son araignée-toujours-pas-au-plafond. Tout expérience mérite d’être vécue, dit-on. Bon si elle lui proposait d’aller visiter l’au-delà il y réfléchirait peut-être un peu plus longtemps, ceci dit.
Puis il la rassure :

« Promis, Effluve de Rêve. »
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MessageSujet: Re: Illidan ▬ Burning [Jolitemps]   Mer 29 Nov 2017, 22:53

Burning

ft. Ombre.

Automne 2017.
Un an.


Un instant de silence, un instant où le temps fait un battement, une note sans bruit. Ta question le perturbe un peu, voilà que tu fais trébucher son esprit en course. N'aimes-t-il donc pas les araignées ? Nombreux, nombreuses, sont ceux qui ne savent apprécier leurs huit pattes et leur myriade d'étoiles dans les yeux. Dans Arastée, il y a toute l'élégance d'un ballet à huit jambes, la grâce de sa légèreté, l'intelligence de ce regard dupliqué.
Alors oui, tu l'aimes, ton araignée, et sans doute serais-tu peinée de ne pouvoir la voir s’échapper d'une patte venue s'apposer sur son corps trop frêle. Et quand il te promet, et quand il te surnomme, tu lui souris, et tu penches la tête sur le côté.
Arastée file le long de tes longs cheveux, jusqu'à venir se faire cueillir sur le dos de ta patte, que tu soulèves jusque devant le nez d'Oiseau de Ruines. Tu la déposes, et tu murmures.

« C'est un joli nom, Oiseau de Ruine qui promet de ne pas toucher à Arastée. »

Ce nom qui te convient. Tu es Jolitemps, tu es Enfant des fleurs, tu es Effluve de Rêve, tu es aussi cette inconnue à qui on ne dit rien et qu'on oublie vite. Tu es tout ça. Et lui, il est Oiseau de Ruines, et peut-être autre chose encore. Qu'avait-il Tatie ? Illidan. Comme une idylle, avec une fin qu'on ne raccroche pas. Mais tu ne l’appellera pas comme ça, non, tu lui préfères sa dénomination première, celle offerte, celle que tu dis sans réfléchir.
Oiseau de Ruines, qui ne fait pas chanter ses plumes, qui préférerait devenir poisson.
Qui reste avec toi, aussi, et qui te donnes un nom.
Est-ce que ça fait de vous des amis ? Des connaissances ? Est-ce qu'un lien se crée là ?
Les relations et les sentiments te restent encore bien trop floues.

Arastée, sur le museau brun, pose ses huit pattes. C'est un contact tout léger, qu'on ne sent presque pas. Il faut fermer les yeux, se concentrer... Elle en lève quatre, les repose. Fait de même avec les autres. Elle piétine, elle tapote, elle dit « Je suis là ! ». De là où elle est, elle peut aussi bien voir ses yeux. Elle sait qu'il ne la voit pas, qu'il est aveugle. Elle te le dira, Jolitemps, lorsqu'elle te retrouverait, même si tu t'en fiche. Aveugle, sourd ou muet, il serait le même : tu ne t’attardais pas sur ces détails là.

« La sens-tu ? Il faut fermer les yeux, il ne faut plus voir les lumières, il ne faut plus sentir l'air. Il faut seulement sentir la danse de l'araignée, légère et acidulée, sur le bout de ton nez. »

Alors, la sentait-il ? Là, oui, juste là. Elle tourne sur elle même, elle tapote, ses tarses piétinent comme une bailaora, ses mandibules rythment ses pas. Arastée parle avec ses hanches et se déhanche. En rythme, ta tête se baisse et se soulève, ton corps se tort, tu te fais partenaire de ton arthropode.
On aurait pu trouver ça bizarre, que tu danses devant ce mâle, tu sais ? Mais votre spectacle se fait en secret, seul le lac est spectateur. Ta gorge se redresse, ta queue vient filtrer avec le sol, lorsqu'elle ne défie pas le ciel de ses mouvements.

« Cela ne te donnes-t-il pas envie de faire ta parade, Oiseau ? »

Et de prendre quelques allures de folie, en venant se joindre à votre guinche.
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MessageSujet: Re: Illidan ▬ Burning [Jolitemps]   Mer 06 Déc 2017, 21:01


« C'est un joli nom, Oiseau de Ruine qui promet de ne pas toucher à Arastée. »

Illidan ne voyait ni le beau ni le difforme, il ne faisait que sentir et percevoir les choses, et ce que lui chatouilla le nez le dérangea un peu. Il n’avait pas plus de haine pour les araignées que les autres insectes, pour lui ils se ressemblaient tous ; c’était petit, froid, presque inodore, inutile. Ça chatouillait, ça pouvait être empoisonné, alors il ne s’en approchait simplement pas habituellement.

C’était toutefois très léger, et même s’il était tendu, prêt à réagir si la chose le mordait, il se força à se tenir tranquille. Le brun n’avait pas vraiment imaginé qu’une véritable araignée lui grimperait dessus, le toucher était un sens très privé pour lui. Et Effluve était tellement perchée que ça aurait probablement pu être tout et n’importe quoi, mais il semblerait qu’il soit tombé sur la seule louve du pays qui possédait une araignée de compagnie. Soit. Arastée qu’elle s’appelait ? Fort bien.

Il brûle de se gratter la truffe, mais il a promis, et il ne sait plus vraiment où est passée l’araignée depuis qu’elle a quitté sa muqueuse délicate. Ses yeux bleus éternellement perdus dans le vide se ferment presque, il essaye de sentir à nouveau son poids minuscule. Quand elle frôle une moustache il la localise, et le jeu recommence dès qu’elle s’en éloigne. Il écoute la louve d’une oreille, fronce ses équivalents de sourcils en l’entendant bouger. Aucune idée de ce qu’elle pouvait faire, peut-être danser comme son araignée ? L’idée d’être une piste de danse pour arachnide le perplexait un peu, mais l’invitation de la demoiselle d’autant plus.

« Un oiseau infirme ne parade pas, aucune femelle ne voudrait de lui, » rétorque-t’il finalement.

Les lois de la nature étaient intransigeantes, seuls les animaux les plus forts devaient survivre et assurer la relève de l’espèce. Jamais un louveteau aveugle comme lui n’aurait dû continuer à vivre dès lors qu’on l’aurait remarqué, mais cela faisait bien longtemps que les loups de cette contrée avaient arrêté d’être de vrais animaux.
Il incline son museau vers Effluve, souhaite lui rendre sa petite bête ; il n’a jamais aimé danser de toute façon, soit il se prenait les pattes dans le décor, soit on se moquait de lui- c’était quelque chose pour les gens qui voient.
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