Un monde peuplé de loups extravagants aux pouvoirs surnaturels !
 

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 Les étrangers ❀ Pv. Vydar

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Jolitemps
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MessageSujet: Les étrangers ❀ Pv. Vydar   Mar 06 Mar 2018, 19:22

Les étrangers

ft. Vydar.

Hiver 2017.
Trois ans.


A la surface agitée de l'eau venu toucher tes pattes se formaient la mousse blanchâtre, rage de la mer qui se posait et disparaissait sur le bout de tes pattes. Tu les gardais dans l'eau, même s'il n'aurait fallu qu'un pas pour retrouver le sable. Mais tu étais bien, là, à sentir les murmures du liquide entre tes coussinets et le sel venu te polir les griffes.
Si bien que tu ne voyais l’intérêt de bouger, oui.
Tu n'avais pas envie d'aller voir ailleurs, ni de traverser la mer pour aller retrouver un Oiseau : le temps de la rencontre était désormais passé, après tout. Ce qui t'intéressais n'était plus que ce présent persistant, cet instant de silence où les mots ne sont plus et que seul s'exprime ce que tu ne maîtrises pas.

Tu respires, ferme les yeux, les rouvres pour mieux les plisser et observer ce qui se tient là-bas. Quelque chose qu'on ne peut pas voir du rivage, mais dont tu connais l'existence.
C'est la terre où tu es née ? Peut-être bien, oui. Née loin d'ici, avec Maman. Avec deux frères, aussi, venu rejoindre la couture de cette légère cape qui glisse tel un serpent sur tes épaules. Il y avait d'autres femelles, dans le petit camp. Tes tantes, tes cousines, ta grand-mère.
Jamais de mâles, non. Les mâles, on les dévorait, et on gardait la peau pour les femelles. Tel était votre sélection, tel était ce qui déjà était ancré en toi. Tu savais quoi faire, lorsque le moment serait venu. Mais il ne l'était pas encore, oh, non. Pour le moment, tous viendraient trop tôt, tous connaîtrait ce même sort fait de crocs et de déglutitions.
Ça ne te dérangeait pas, ça te n'empêchait pas non plus de vouloir jouer un peu, parce que tu t'amusais des mâles et de tes hormones. Tu n'étais pas attaché à grand-chose, à peine à ce monde, la tête perdue entre deux esprits Perdus qu'il te fallait guider. Et entre deux quêtes du repos, un jeu.
Parfois, il te prenait l'envie de retourner voir ce qu'était devenu le petit camp, si une de tes cousines y étaient restés, lorsque toi tu avais été celle qui devait dire au-revoir.
Mais...

Ça se trouvait loin d'ici, aussi loin que pouvait l'être la terre des Perdus retrouvés. Tu lèves ton museau, hulule un peu, comme si ces petits bruits pouvaient bien vouloir dire quelque chose.
Mais il ne veulent rien dire, oh, non. Ce n'est là qu'une fabulation vocale, pousser par la louve divine en temps de chaleur, sirène sur la berge appelant à elle le mâle qui passe.
Arastée tisse sa toile mentale et te souffle qu'il s'agit d'un mâle bien plus grand que tous les loups de ces terres, qu'il n'a d'ici que le sang de loup. Et voilà qu'en toi se réveille quelque chose : l'appel du lointain, l'appel de ce qui n'est pas d'ici. C'est dans un instinct que tu te retournes alors, que tu cherches dans les environs la massive silhouette qui se détache de tout le reste.
Et tu le fixes de tes yeux plus bleu que ce ciel sans nuageuses amitiés, tu veux le transcender, comme si tu cherchais alors à découvrir les secrets de cette planète autre dont il provenait. Pas comme eux. Pas comme personne.
Un peu comme toi, quelque part.
Tu lui parles, d'une voix lointaine.

« Voilà le loup, celui qui ne vient pas d'ici, celui qui viens d'ailleurs, comme moi. Étranges étrangers sur une terre étrange. »

Ta queue remue, glisse sur l'eau, alors qu'apparait sur tes babines l'un de tes petits sourires qui se transforme en un rire venu accompagner la fin de tes mots.
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Sale Cleb'
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MessageSujet: Re: Les étrangers ❀ Pv. Vydar   Lun 23 Avr 2018, 21:46

Pâles reflets de soleil sur le miroir troublé de l'eau. Son éclat se voyait de loin, brillant au fil de l'horizon comme milles diamants destinés à appâter les âmes passantes. Trésor de la nature, bijou liquide ondulant comme les douces courbes d'une femme entre le bleu noir des profondeurs aquatiques et l'infinité éclatante d'un ciel sans ombres. Oui, la lumière se reflétant dans la grande étendue mouvante se voyait même de très loin. C'est ce qui avait attiré l’œil et l'attention du rôdeur. Celui qui arpentait les sols neutres comme un fantôme borgne depuis déjà plusieurs semaines n'avait pas reposé ses pattes près de l'eau, pas depuis sa brève rencontre avec les pirates. Il se rappelait la fumée, les tisons crépitants s'envolant dans le ciel sombre comme autant de petits feux follets. Il se rappelait le sable froid qui s'était vite humidifié de sang, la forte odeur musquée du prédateur qui menaçait le joyeux groupe de buveurs. Il revenait aujourd'hui, dans l'espoir de retrouver l'un de ces loups qu'il avait aidé et avec qui il n'avait même pas échangé un seul mot avant de disparaître dans la nuit.

Ses énormes pattes s'enfonçaient dans le sable brûlant, le vent salin s'engouffrant dans son poil épais alors que son œil à la pupille absente s'attardait sur les cieux qui recouvraient la mer comme une large couverture. Des goélands s'égosillaient en tournant en rond dans l'azur, se disputant un morceau de poisson qu'ils avaient pêché ou trouvé non loin sur la berge. L'eau était étonnamment claire, brillant de mille feux alors que l'astre du jour la fouettait de son intensité lumineuse. Le géant ne pu s'empêcher de trouver l'endroit sinistre malgré cette beauté frappante. À quelques mètres de l'endroit où il se tenait, gisait encore l'immense ursidé privé de vie, la chair marquée de dizaines de morsures et de profond sillons de griffes. Même si le carmin sanguin avait été entièrement lavé des sables blancs des Côtes de Nacre, Vydar sentait une aura de mort vibrer des profondeurs de l'eau, de la terre qui avait bu aux veines des blessés. Cette plage lui était d'autant plus étrangère, ce qui exacerbait son sentiment de malaise. D'où il venait, les plages étaient couvertes d'un sable toujours froid, les fjords rempli d'eau toujours noire. Le ciel n'était pas déchiré pas de petits oiseaux blancs bruyants, mais par des aigles gigantesques, majestueux, glissant en silence dans le vent glacial, régnant sur l'air comme les jarls terrestres régnait sur leur peuple un peu plus bas. Ici... c'était différent. C'était sinistre. Le brun se sentait loin de chez lui.

Visiblement il n'y avait plus personne depuis un bon moment sur les berges blanches. Un peu déçu, Vydar avait espéré que les pirates aient établis leur campement sur la plage pour une durée un peu plus longue. Il n'y avait que lui, et l'ours mort à quelques pas. Soupirant légèrement à travers ses grosses narines, il s'approcha du cadavre. Il n'avait plus l'air bien méchant, maintenant que ses énormes pattes griffues étaient détendues, et ses gros yeux rouges fermés à jamais. Le vent agitait doucement sa fourrure tachée de sang, trouée ici et là par les becs affamés des oiseaux charognards. Malgré tout dans l'ensemble, l'ours monstrueux semblait encore en bon état, les événements ne datant que peu et les insectes n'ayant pas encore rampé à travers le sable brûlant. Le viking se dit que l'animal ferait une belle cape. Il reviendrait peut-être un peu plus tard pour lui.

Un son cristallin atteignit alors ses oreilles. Un chant, lui semblait-t-il. Un chant bien loin des brailleries grossières de la troupe de pirates, ça s'en était certain.
Quelque chose de plus pur. Plus transparent.
Alors que le vent lui apportait ces sons intriguants, une effluve sucrée se glissa à son tour dans le fond de sa truffe. Une effluve féminine, parfum difficile à ignorer en ce temps-ci de l'année.
Intéressé, Vydar tourna sa grosse tête en direction du son et de l'odeur. Il y aperçu une silhouette pâle, les pattes dans l'onde transparente. Sa longue queue fournie effleurait la surface avec lenteur, comme l'invitant à se rapprocher. Ce qu'il fit, non sans prudence et méfiance, mais tout de même irrésistiblement attiré comme à un aimant. La femelle l'interpella doucement, voix mystérieuses semblant sortir tout droit d'un autre monde.


« Voilà le loup, celui qui ne vient pas d'ici, celui qui viens d'ailleurs, comme moi. Étranges étrangers sur une terre étrange. »


Le viking était maintenant beaucoup plus près d'elle. Il arrivait à distinguer les traits fins de son visage, ses yeux veloutés, empreints d'une saveur auquel il n'avait jamais eu affaire. Il distinguait beaucoup mieux ses longs cheveux roses s'agitant tout comme les vagues dans l'air venteux, la petite couronne de fleur les ornant promettant dégageant un parfum subtil mais bien là. Peut-être s'était-il approché plus qu'il ne l'aurait voulu; Il ne lui suffisait que de baisser la tête pour admirer sa beauté d'amazone.

- Qui êtes vous ?.... , souffla-t-il du bout des lèvres, envoûté par la créature, la sirène qui l'avait attiré à elle sur cette plage sinistre. Oh, combien sinistre...
 


Dernière édition par Sale Cleb' le Mer 11 Juil 2018, 15:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les étrangers ❀ Pv. Vydar   Mar 03 Juil 2018, 19:59

Les étrangers

ft. Vydar.

Hiver 2017.
Trois ans.


Tu restes immobile, les pieds dans l'eau, alors que l'étranger approche. Il foule ce sable qui n'est pas le sien, respire cet air d'ailleurs, se laisse bercer par cette brise qui aura parcouru autant de distance que lui, que toi. Vous étiez différents, vous n'étiez pas des Punk Wolf, vous le ne seriez sans doute jamais, n'est-ce pas ? Mais lui venait d'un ailleurs autre que le tiens, il n'y avait qu'à faire ses gênes d'ours et ces bijoux loins des tiens.
Quelle aurait été la probabilité d'une telle rencontre ? Tu aimes te jouer de tout, de ces futiles statistiques, de ses chiffres que tu ignores. Tu ne restes que sur ce présent, cet fragment d'instant, qui te fait détourner la tête de l'horizon pour te décider à le regarder de tes yeux plutôt que par ceux d'Arastée l'araignée.

« Je suis une louve venue de loin, venu chercher les Perdus de ces terres. Une louve qui ne porte pas la lumière autour de son cou, tout comme l'Ours ne la porte pas. »

Tes mouvements fluident te conduisent près de lui, lui qui était déjà venu bien proche de lui. Tu tends ton fin museau, pour frôler ce torse fort, où vit davantage les poils qu'un tube qui luit comme une cible à atteindre dans la nuit. Tes commissures s'étendent un peu plus, tes yeux se plissent, tu relèves la tête vers la sienne. Il est grand, bien plus grand que toi. Bien plus fort. Il est acier, tu es porcelaine. Une porcelaine qui ne se brise pourtant pas d'un rien et qui tient face au vent !
Ton sourire te reste, tu restes poupée à côté du grand méchant ours.

« Il n'y a pas besoin d'être porteur de lumière pour être fort, n'est-il pas ? C'est l'audace de ceux qui brillent de tout leur corps et non d'un tube qui ne se trouve qu'ici, soumission de divins qui ne peuvent comprendre l'effet du sang qui pulse dans les veines. »

Il n'y avait de considération pour ces loups qui tremblaient pour une lumière, qui se battaient pour elle, qui ne vivaient que par elle. Toi, lui, vous, ceux que l'on privait de ça, trouviez votre force dans votre ailleurs, dans ce sang qui pulsait aux portes de votre cœur, dans l'électricité qui parcouraient l'encéphale. Le poil de ta nuque s'hérisse pour mieux freiner le vent, alors que tu restes si proche de lui, dans un respect oublié d'une zone de confort. Tu n'avais jamais respecté l'intimité de quiconque, imposant ta proximité dans un amusement constant, jouant des contacts comme ta langue se jouait des mots déliés.
Ça y est, ton poil vert touche le brun du sien.

« Et qui est l'Ours ? »

Tu t'intéresses à lui, sans chercher pour autant à connaître son prénom. Toi, tu voulais savoir le nombre de pas faits pour aller de son chez-lui à ici, tu voulais connaître la symphonie des vents différents dans ses poils, tu voulais le crescendo des degrés du soleil sur sa tête.
Arastée, de derrière ton oreille, écoutait attentivement, elle aussi. Tel était l’intérêt pour les grands voyages, comme celui que vous aviez fait, comme celui que vous referiez un jour, sans doute. Les nomades étaient toujours en cavales, après tout.
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Sale Cleb'
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MessageSujet: Re: Les étrangers ❀ Pv. Vydar   Mer 11 Juil 2018, 17:23

Les étrangers portent toujours avec eux une aura différente. Une énergie leur étant propre, des ondes aux ondulations inconnues frappant de plein fouet l'imagination, piquant la curiosité, chatouillant la méfiance. Ils vibrent de leurs cœurs lointains, laissent aux oreilles échos de chants aux singulières paroles et aux lèvres le goût doux-amer de saveurs mythiques. Ce sont ceux qui dans les foules font tourner les têtes alors même qu'ils sont toujours inconscients de ces présences non-familières.

Mais dites-moi, qu'arrive-t-il lorsque, enfants de frontières si lointaines, frontières de légendes, deux étrangers viennent à collisionner, au cœur de ce territoire et de ce peuple n'appartenant ni à l'un, ni à l'autre ? Qu'arrive-t-il lorsque deux constellations, chacune faite de ses propres étoiles, particules, systèmes solaires et souvenirs, chacune portant son histoire bien à elle, entre en contact l'une avec l'autre ? Il y a dans cette rencontre, tout comme dans celle qui se produisait -fruit du hasard ou du destin ? - sur cette plage nacrée ou gisait de véritables monts de coquillages, quelque chose de divin. S'entremêlait dans leurs yeux brillants de curiosité les ficelles de dieux différents, alliant pour une rare fois leurs volontés. L'Araignée, les Ases et les Vanes dînaient ensemble en ce jour, délaissant, non sans délectation, le panthéon multicolore des loups de ces terres.

Vydar ne reconnaissait pas la saveur que lui apportait l'âme ondulant devant lui en rythme avec les vagues. Quelques notes indéfinies, certainement bien différente du peuple de l'île. Quelques effluves métalliques de sang, quelques effluves florales de féminité, le parfum sucré de la séduction. Le reste, volatile, insaisissable... Pour le moment.

« Je suis une louve venue de loin, venu chercher les Perdus de ces terres. Une louve qui ne porte pas la lumière autour de son cou, tout comme l'Ours ne la porte pas. »

Les yeux se croisèrent. Géant qu'il est, le mâle brun de poil doit baisser la tête pour observer la fine créature, cette mystérieuse sirène de la terre, qui s'approche de lui avec une si singulière innocence. Son gros cœur bat un peu plus fort loin dans son immense cage thoracique, un peu par gêne, un peu par curiosité, un peu par méfiance, mais surtout par intérêt. Le sourire de la belle semble si fragile et si pur mais les crocs qu'il cachent sont-ils aussi doux que ce visage ? Alors que le mince museau vient effleurer et fourrager dans le pelage épais, l'Ours se sent envoûté. Ça goûte le danger dans sa gueule, mais ce n'est qu'une sensation douce-amer, difficile à résister. Quel mal pourrait bien faire une poupée de porcelaine au viking aguerri ? Il voudrait lui répondre, mais sa bouche est sèche. Il voudrait bouger, mais il a peur de la briser, qu'elle tombe en mille morceaux. Alors il la laisse le toucher, immobile, pensant.


« Il n'y a pas besoin d'être porteur de lumière pour être fort, n'est-il pas ? C'est l'audace de ceux qui brillent de tout leur corps et non d'un tube qui ne se trouve qu'ici, soumission de divins qui ne peuvent comprendre l'effet du sang qui pulse dans les veines. »


Une pause. Le poil gris-vert de la belle inconnue se mêle au brun terreux, comme les vagues viennent doucement se poser sur le sable. Vy' se senti rougir sous son pelage, et tous les dieux nordiques soient loués, il était trop foncé pour que ça se voit. Aussi grand et intimidant qu'il puisse être, le gros ours venu des neiges senti son cœur se retourner d'une drôle de façon tout au fond de lui. Une petite touche de mélancolie, la renaissance de l'envie d'un contact physique, lui qui, en deuil, se l'était interdit toutes ces années. De plus, cette dame était la première créature qu'il croisait sur ces territoires qui n'avait pas, au premier regard, eu peur de lui.
Il ne cherche pas à s'éloigner. Il mêle son poil au sien comme elle le fait elle-même. Doucement. Très doucement. À peine une pression sur ce corps semblant si frêle à côté de la puissance du mâle.


« Et qui est l'Ours ?


L'Ours, comme l’appelait la Dame sans nom, souffla par ses narines. Avait-il oublié de respirer l'espace de quelques secondes ?
Il abaissa un regard surprenamment doux vers elle.

- L'Ours vient de là ou l'eau est noire et les aigles volent haut, souffla-t-il. « Il vient d'un pays où le souffle glace et les chants et tambours vibrent dans la nuit. »

Un vent doux vint gonfler la crinière de sa nuque, son petit porte bonheur pendu à son cou s'agitant et venant toucher le cou de la sirène aux cheveux roses. Ce vent apporta au nez de la femelle quelques parfums d'épices lointaines que le viking portait malgré lui toujours sur son corps, comme le témoignage subtil de sa provenance. Il avait envie de lui poser mille questions. De lui demander pourquoi elle, contrairement à tous les autres, n'avait pas eu peur de lui. Mille et une paroles se bousculaient sur sa langue et pourtant, comme la promesse d'une malédiction, seul le silence s'ensuivit.

HRP:
 



Dernière édition par Sale Cleb' le Sam 01 Sep 2018, 20:55, édité 1 fois
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Jolitemps
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MessageSujet: Re: Les étrangers ❀ Pv. Vydar   Sam 14 Juil 2018, 20:45

Les étrangers

ft. Vydar.

Hiver 2017.
Trois ans.


L'Ours t'écoute. Il tend ses oreilles vers toi, sans jamais laisser sa bouche prendre le pas sur la tienne. Tu peux parler, ses mots ne viendront fondre les tiens. Tu apprécies ça, oui. De toute façon, même si on t'avait coupé la parole, tu aurais sans doute poursuivi tes phrases sans queue ni tête, n'ayant que faire de l'interférence. Onde libre, tu étais, tu ne te contentais d'un seul créneau.
Plus encore, l'Ours laisse tes aises tactiles s'emparer de lui. Tu peux le frôler, le toucher, glisser ton museau dans ses poils, qu'il ne te chasserait de sa bulle. Il t'y garde, et tu y restes. Il baisse même la tête, pour mieux te regarder, toi qui est plus proche du sol que du ciel, ne laissait que les arabesques de ta pensée s'y envoler. Grand, il est si grand ! Et pourtant capable de mêler ses poils aux tiens, de répondre à ce contact, sans même te bousculer, comme le géant prenant avec sensibilité la rose offerte par un papillon d'ailleurs.

Un instant de silence. Tu n'entends même plus son souffle, il ressemble à un mort tenu debout.
Tes mots n'ont pourtant été lames... Si ? Ta queue effectue un mouvement de négation, continuant à trainer sur la surface de l'eau, se gorgeant du sel des larmes de la mer.
Puis voilà que c'est à toi, de garder le silence, alors que voix et odeur de l'étranger t'emporte loin d'ici. Des odeurs inconnus, pour toi, louve voyageuse qui n'aura pourtant jamais senti ça. Des épices brûlantes, qui ne viennent pas du sable chaud, et qui accompagne l'ivresse de ses souvenirs résumé en une impression. Tes yeux s’ouvre en grand, comme si tu avais perçu dans ses yeux les images de son chez-lui, fresque épique porté par l'angle au fond de sa rétine.

Et tu vois, Jolitemps.

Tu t'imagines des terres à l'eau aussi noire que du sang séché, des terres qui criaient victoire à leur désolation devenue force. Les loups devaient y être grands, et forts, comme lui. Ils étaient une meute d'ours, aux gros louveteaux qu'on nourrit à grande gorgée d'un lait riche et épais tiré des mamelles d'une mère en partie âme de sa société. Le soir, on défiait le vent de chants plus puissant que son hostilité, et on frappait sur des tambours. Des tambours ? Tu ne savais pas ce que c'était, toi. Les instruments ne t'évoquaient pas grand chose, mais Arastée, petite araignée qui se cache derrière ton oreille, le savait, elle. Elle te le souffle, tout doucement, rien qu'à toi. Et maintenant, tu pouvais t'imaginer ces peaux tendues sur lesquelles venaient se frapper des pattes, des os, ou tout ce qui aurait bien pu servir de balais. Ça te grisait, quelque part. Toi aussi, tu voulais un tambour, pour mieux jouer, pour mieux chanter dessus. Tu t'en ferais peut-être un, un jour, si la peau de tes fils de te permettrait.
Mais qui, pour te faire une portée que tu dévorerais ensuite ? Arastée rit.

Tu cesses de penser, maintenant, l’introspection s'efface au profit d'une délicate action, pour mieux faire avancer les choses. Jolitemps, tu ondules alors ton corps, roule tes épaules alors que tes pattes s'avancent dans l'eau pour mieux te rapprocher de ce mâle, un peu plus, à les glisser contre les siennes. Comme ton poitrail, qui continue de rétrécir l'air entre vous jusqu'à ce qu'il se colle au sien, jusqu'à ce que tu lèves la tête pour mieux apposer le dessous de ta tête contre son cou. Il est bien plus grand que toi, et ton museau se contente juste de frôler le dessous de sa gueule. Oh, oui, tu te colles à lui, pour un début de subtil quadrille. Ça te permet de prendre le tempo de ce muscle qui bat en lui, où chacun de ses ventricules s'activent comme une baguette contre la peau de son torse.
Bam, bam, bam, bam. C'est ça, le son d'une vie.

« Montre-moi comment on fait, pour danser au son des tambours de ton cœur. Laisse-moi ressentir la force de chez-toi, laisse-moi voir l'aigle si haut. »

Tu voulais apprendre de lui quelques uns de ses mouvements venus d'ailleurs, de cette marche de guerre en guise de danse. Tu voulais laisser ta grâce de ballerine pour te faire un instant valkyrie de ce mâle, pour qu'il te hisse au rang victorieux et te conduise sur ses pas.
Un instant, tu le laisserais rythmer ta vie, te conduire sur son chemin pour mieux te laisser t'échapper.
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MessageSujet: Re: Les étrangers ❀ Pv. Vydar   Sam 01 Sep 2018, 21:46


Loin sur l'horizon, reposant sur les féminines courbes de l'océan, grondait doucement un ciel s'assombrissant. Arrivait lentement vers la plage de duveteuses grisailles s'épaississant et se gonflant, chargé d’électricité et de fureur, comme une mère porterait en elle l'antéchrist. Colère immatérielle se transcendant dans la nature, dieux furieux d'être délaissés par deux pauvres mortels venus de l'Ailleurs... Deux âmes sauvages mêlant crâneusement le fil de leurs passés, tissant de leurs paroles une étoffe qui faisait écho au guttural orage prenant forme. Il y avait là un loup, guerrier fier marchant seul, enfonçant ses griffes énormes dans le sable humide, tiré irrévocablement vers les eaux de plus en plus agitées. Il y avait là une louve, dangereuse amazone au chant de sirène, mouillant ses pattes de sel liquide, suivant avec audace les mouvements de l'Ours pétrifié. La belle vint poser sa douce tête sous la gueule du viking, ses cheveux blonds rosés flottant (ancienne magie ?) autour du museau et des yeux du borgne. Dans le bleu vibrant de son œil valide se refléta la lumière d'un éclair, rapportant à sa mémoire des paysages hostiles peints de pluie drues, de neige précoces et de sang sacrificiel. Un long frisson se répandit dans son être, caresse d'un fantôme oublié lui murmurant dans ses larges oreilles des chants anciens, dans une langue que lui seul, paria sur ces terres inconnues, pouvais comprendre.

Désormais délivré de son mutisme glacé, l'Ours osa un pas dans l'eau. Doucement, laissant la mer lui lécher les coussinets, l'appeler à elle comme une amante en deuil. Le vent s'était levé, prémonition de la tempête se rapprochant de plus en plus vite, et les vagues désormais plus puissantes venaient frapper son corps avec plus d'insistance, laissant sur lui de long baisers d'écumes et d'effluves d'algues. En lui résonnait de plus en plus fort une chanson guerrière, transportant au cœur de ses veines des images qui lui revenait, avec la puissance des rêves... des souvenirs qu'il avait jadis tenté d'oublier.
C'était elle, la source de cette magie. Sa voix portait en lui une énergie sourde, comme frappé en plein cœur par la hache d'un ennemi.

« Montre-moi comment on fait, pour danser au son des tambours de ton cœur. Laisse-moi ressentir la force de chez-toi, laisse-moi voir l'aigle si haut. »

Vydar avait désormais complètement quitté le sable. L'eau était froide, mais agréable. Et dans les nuages qui galopaient vers eux comme la menace d'une attaque, il cru apercevoir, l'espace d'un instant, la dansante silhouette de deux corbeaux en plein vol, disparaissant aussi vite qu'ils étaient venus.
Le vent qui ne cessait désormais guère de souffler sur eux entremêlait les cheveux longs du guerrier, défaisant l'attache qui les tenait, les laissant maintenant danser librement dans toute leur longueur vers le ciel apocalyptique.
La nature semblait sur le bord de l'implosion mais les deux loups ne semblaient guère s'en soucier. C'est sous une tempête venue de loin, une tempête divine venue de chez les vikings, qu'il ferait de la belle sa valkyrie.

Ensorcelé, le grand mâle frotta le dessous de son menton dans la chevelure de sa sirène. Bientôt, sa truffe vint explorer le visage délicat, puis le cou qui s'offrait si impudiquement à lui. Des tiraillements électriques ne tardèrent pas à se faire sentir dans son bas-ventre, tendu d'un désir sauvage bien connu des païens comme lui. Sa voix rocailleuse souffla entre deux bourrasques :

- Ma valkyrie aujourd'hui tu es sous les yeux d'Odin dans la tempête...

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MessageSujet: Re: Les étrangers ❀ Pv. Vydar   Ven 14 Sep 2018, 21:48

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Hiver 2017.
Trois ans.


Dans l'eau, il te vient.
Tu te demandes un instant jusqu'où pourrais-tu l'y emmener. Jusqu'à ce qu'elle vienne lécher son ventre, jusqu'à ce qu'elle aille par-dessus sa tête ? Un loup aussi lourd ne pouvait pas nager, te disais-tu. Il coulerait comme une pierre, celle que tu t'amusais parfois à jeter d'une falaise pour nourrir la mer, pour blesser sa surface et lui faire verser ces quelques larmes qui la rendaient si salée.

Allez, Ours.
Viens danser avec moi.


En voute de ce bal, le ciel qui se couvre et le grondement qui s'élève en une musique d'un tempo. Le vent souffle fort, il vient se jouer des cheveux de l'étranger, emmenant avec lui l'attache pour rendre la liberté à ces mèches. Ces mèches aussi folles que les tiennes, aussi folle que toi tout court. Tout sourire se fait grand, tes yeux brillent de l'excitation propre aux choses nouvelles. C'est l'aventure au cours d'une danse, l'odeur d'un mâle qui t'emmène sur ces terres si peu connues. Loin, loin, loin d'ici ! Tes terres à toi portaient les effluves d'un temps écoulés, d'un souffre en douleur, d'une brume qui fige les os. Lui sentait la virilité, autrement que pendue à ses bourses, il sentait aussi l'iode d'une mer plus froide qu'ici.
Te plait-il, te demande Arastée ? Tu lui ricanes quelque chose.
Il vient poser son menton sur ta tête, se frotte contre toi. Il explore ton visage aux traits de porcelaine mais au tranchant de ciseau, perd son museau sur ton cou au poil ras. Est-ce ça, sa danse ?
Où sont les tambours ?
Ton corps se glisse en dehors de son contact, tu le laisses tomber à l'eau d'un battement de tes longs cils. Tes oreilles prennent toutefois la peine d'écouter ses mots, un peu.

« Tu sais, je ne crois pas aux dieux ni à l'Odin, car j'ai moi la chance d'exister ici-bas. Mais valkyrie est un nom qui sonne bien, j'en ferais le mien pour cette fois-ci. Après tout, la valkyrie ne se réserve qu'aux morts, n'est-il pas ? »

Ton sourire s’agrandit encore. On le dirait carnassier, alors qu'Arastée te rend à son tour le ricanement. Lui fais-tu envie, Jolitemps ? Quelque chose germe en toi. Mais ce n'est pas l'envie, ni le désir de l'avoir à toi.
C'est autre chose, oui, quelque chose que tu nommeras déception. Ça te prend tout d'un coup, tu ne sais trop pourquoi. Peut-être parce que tu t'attendais à une danse violente, à des tambours qui claquent, et non à ces caresses trop douces pour ton corps ? Ou peut-être parce qu'il te fit te rendre compte, à cet instant précis, qu'étranger ou non il ne restait qu'un mâle ? Et tous les mâles des terres étaient les mêmes.
Ils caressaient les femelles, ils se laissaient envouter. Il n'y avait que l'Oiseau, pour être différent, mais l'Ours n'était pas l'Oiseau. Il t’intéressait moins, tu ne le connaitrais jamais d'aussi longtemps que l'Oiseau en Ruine, il n'avait pu voir l'enfant devenir grande. Ton sourire reste figé, et tes yeux se plissent alors.
Effrontée tu te fais, Jolitemps. Il te fait lui demander d'un air de vipère, pour lui montrer que tu n'es une fragile sorcière, que tu es valkyrie et non fée.

« Dis-moi, Ours. Est-il bon de décevoir les valkyries ? Car déçu je serais, de voir que tous les mâles, même ceux étrangers, sont au final tous les mêmes. »

Bon à se laisser aller à leurs quelques hormones, à agiter des reins sur un corps prêt à grossir pour eux, un corps qui servirait une journée, après une rencontre d'un jour, pour ne servir que les repas d'un soir. Des Perdus qu'on laissait grandir pour mieux les mener ailleurs, lorsqu'on ne les achevait pas d'une pincée de cannelle et de persil. Histoire molle, sans saveur, à t'en faire bailler t'avance. Quel était ce quelque chose toujours manquant ? Toi, tu ne savais pas trop, mais Arastée était sage et instruite, petite araignée connaissait l'amour dévorante d'un mâle avalé.
Tu voulais savoir, là, maintenant, s'il aurait été prêt à te faire grandir des Perdus dans le ventre, des choses qui lui seraient à jamais inconnus et invisibles, disparus entre les crocs salvateurs qui ornaient ta bouche. Ou s'il menait son existence sur une pensée différente, s'il n'était pas comme eux autres, oui.
Tu espérais qu'il s'agisse de la seconde possibilité, un peu, dans cet espoir de croiser un être aussi différent que toi.
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Les étrangers ❀ Pv. Vydar
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