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 La Mort d'un Loup [Défi Rp - Sarcan, Ori]

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SeoSy
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MessageSujet: La Mort d'un Loup [Défi Rp - Sarcan, Ori]   Lun 21 Mai 2018, 19:30

Défi rp : Sarcan, beaucoup affaibli depuis quelques jours ira voir sa déesse pour chercher du réconfort, et pourquoi pas confesser ses fautes. Sa fille entendra malencontreusement des mots qui ne lui étaient pas destinés.



Ses flancs se soulevaient avec peine tandis qu'une quinte de toux ébranla tout son corps, l'extirpant d'un sommeil léger. Sarcan n'avait plus que la peau sur les os. Il faisait peine et peur à voir et pourtant, il continuait de se traîner jusqu'au temple, où il guidait les siens. Chaque jour. Il restait fidèle à ce devoir depuis des années. Si son corps était complètement entaché par la vieillesse, rouillé et dévoré par la maladie, son esprit restait affable et vif. A croire qu'il n'était pas perdant sur tous les plans bien qu'il ne souriait plus beaucoup.

La nuit glaciale ne le retint pas de s'aventurer à l'extérieur. Il avait mal. Il était blessé. Son âme hurlait de douleur la perte de sa compagne. Il n'avait jamais été un bon époux, préférant son office religieux aux papouilles et câlins d'un couple. Il n'avait jamais réellement aimé CrèveCoeur. Du moins, pas du même amour qu'elle avait éprouvé pour lui. Il l'appréciait, il l'adorait mais il ne l'avait jamais aimé comme elle. Il avait feint ce sentiment alors que les deux concernés devant tout loup intéressé par leur lien, mais eux, ils savaient parfaitement la relation qu'ils entretenaient. Certains auraient jugé cela comme malsain mais qu'importe, les deux avaient trouvé un bon équilibre et un lien qui leur allait. Oui mais cela c'était avant. Elle était désormais plus de ce monde. Elle l'avait quitté. Pour de bon. Plus de résurrection. Plus de glowstick pour réveiller la Morte. Plus rien. Elle reposait désormais parmi les siens. Abandonnant ceux qu'elle a aimé sur ce monde en proie à un cataclysme désertique.

L'oracle soupira et il se mit à pleurer. Il pleurait la mort de sa compagne, dévorée par la faim, rouillée par l'arthrose et asséchée par la soif. Elle avait rendu son dernier souffle dans ses pattes. Elle avait souri, affirmant ne rien regretter de son existence de morte en sursis. Et elle lui avait dit pour la première fois de leur liaison « je t'aime ». Sarcan avait à ce moment-là rien dit. Ni versé de larmes. Non, il avait strictement rien fait, la regardant s'éteindre. Il avait vu son sourire puis ses yeux pétillants se vider de leur lueur. Il avait vu le Feu de la Vie disparaître. Et il n'avait rien fait. Rien dit.
Et désormais il pleurait. Il marchait sous un froid mordant, ses larmes gelaient sur ses poils. Il ne comprenait son absence que maintenant. Non pis. Il comprenait que maintenant qu'il aimait cette louve. Il en avait désormais la certitude et jamais plus il ne pourrait se déclarer. Il avait perdu son grand amour, emporté par ce monde mais peut être aussi par ses mensonges. Sarcan aurait du comprendre ses sentiments plus tôt. A condition qu'il se soit accordé plus de temps avec elle. A la place, il avait préféré aimer une statue et une déesse. Il avait voulu avoir l'amour d'une Déesse ce qui était impossible. Quel idiot il faisait. Il aimait l'utopie alors que la réalité de ses émotions se trouvaient à ses côtés. Et ce depuis des années. Cet amour caché lui avait même offert des enfants. Il avait été aveugle. Oui si aveugle ...

Sans grande surprise, il releva la tête pour découvrir le temple de Yurai. Son regard sombre reflétait une immense tristesse dans laquelle se noyaient les étoiles du ciel dégagé. Il lâcha un soupire et il quitta le couvert de la toison nocturne pour celui de roche du lieu enchanté. Il s'avança, boitillant, jusqu'à la fontaine et il se coucha aux côtés de la statue de la corneille. Il la fixa un long moment, ne pipant mot. Les oiseaux gardiens de ce lieu semblaient ne pas être à leurs cacophonies. Respectaient-ils le soudain deuil du mâle ? Sarcan l'ignorait mais il en profita pour se recueillir pendant de nombreuses minutes, yeux mis clos. Ses larmes coulaient à flots, s'échouant sur le sol dans un petit bruit. Le seul qui troublait le silence. Les sanglots finirent par devenir plus forts, secouant les flancs du loup, agitant ses épaules et ce fut à cet instant qu'il perdit toute contenance. Plus de sourire, plus de calme sur le visage. Tout cela avait déguerpi, ne laissant qu'un visage déformé et en proie à une douleur sourde. Il pleura encore et encore … Il trouvait du réconfort dans ce lieu, une nouvelle fois. Seule la déesse pouvait le voir ainsi.


~


Deux heures venaient de passer. L'aube se pointait, rapportant avec elle un peu de chaleur qui deviendrait rapidement insupportable. L'oracle était couché près de la fontaine. Il fixait la sortie du temple, assistant à la nouvelle naissance de l'astre du jour. Il était vidé. Il n'avait cessé de pleurer et désormais plus calme, il se redressa. Ses côtes ressortirent dans le piteux tableau qu'il entretenait. Il leva une mine peinée vers la statue qui abordait toujours la même expression : calme et emplie de sagesse. Sarcan détailla en silence les traits de la déesse prisonnière de la pierre.

    « Dame Yurai … Ô belle déesse … Je …

Que pouvait-il lui dire ? Plein de choses. Il soupira un long moment, cherchant ses mots avant de se décider à vider son sac, oubliant les belles formules. Un loup attristé, ne pouvait-il pas se permettre un tel relâchement dans ses mœurs ?

    « Je n'ai rien fais de concret de mon existence. Je suis né Séide. J'ai perdu ma mère relativement tôt dans mon enfance et mort de chagrin, mon père finit par nous abandonner, ma sœur et moi. Les nourrices prirent soin de nous avant d'être relayés par des instructeurs. On a bien grandi. Ciaran se mit à suivre la voie de Moiro quant à moi … J'ai emprunté votre chemin. J'ai souvenir des histoires de ma mère, de ce qu'elle nous racontait sur les dieux. Elle m'a transmis son amour pour vous tandis que son visage et son odeur se sont effacés de ma mémoire. Je ne me souviens plus vraiment de mon père … Juste qu'il avait une apparence voûté après l'annonce de la mort de sa compagne. Je ne lui en ai jamais voulu de nous avoir abandonné. Je l'ai même remercié car il se pourrait que ma vie aurait eu un but autre. Je n'aurai sans doute pas eu de la clairvoyance et sans nul doute aurais-je cultivé la voie de la Guerre. Ça aurait été un autre chemin et il aurait fini comme celui que j'ai aujourd'hui emprunté : la Mort. J'ai conscience que nous naissons pour mourir. Oui, c'est le cycle de la vie et je n'en veux à personne que ce soit ainsi. Sans doute que vous aussi, les Dieux, allaient mourir. Une existence plus longue mais peut être une Mort. Rien n'est immortel. J'ignore le fonctionnement de votre corps mais Dame Yurai, vous avez permis à une louve incroyable de revenir à la vie. Elle est défunte à vos côté dans d'effroyables souffrances. Vous lui avez accordé une nouvelle vie et j'ai pu la rencontrer. Avec le recul, elle a été la meilleure chose au monde pour moi … Je n'ai toujours aimé réellement que les dieux. Les mortels ne m'intéressaient peu. Oui j'ai participé contre Cronos mais je ne désirais pas sa mort pour autant. Non je voulais ouvrir des négociations avec lui et pourtant, tout dégénéra. Il fit perdre de nombreuses vies, anéantit les terres Séides et Brethens pour un nouveau monde. Et vous autres, Dieux, vous avez recréé les clans. Dame Yurai, vous m'avez fait votre Oracle et prêtre mais je vous en veux. Vous m'avez offert une rencontre avec CrèveCoeur. Nous avons eu des enfants mais je vous ai hais.

Il fit une petite pause, fermant à demi les yeux. Une quinte de toux le secoua puis il replongea son regard dans celui de pierre de la statue.

    « Oui je vous hais. Les Dieux nous ont aidé à combattre Cronos. Nous avons tous gagné et à quel prix ?! Vous avez séparé des familles. Vous avez nommé deux sœurs en tête de clans différents ! Elles sont destinées à s'entre-tuer mais cela, vous vous en moquez. Si l'avenir des mortels vous importunaient tant, vous n'aurez jamais songé à briser des familles et à les guider vers un avenir où elles devront répandre le sang des leurs dans la boue d'un champ de bataille. Les Nakhus sont nés et alors ? Nous répandons peut être la sagesse mais regardez nous, Dame Yurai. Nous n'avons que les mots comme arme tandis que les Ethelkrus et les Lazulis ont les guerriers et les mots. Croyez-vous sincèrement que notre sagesse puisse les guider dans la voie de la Paix ? Surtout lorsque des temps sombres se profilent à l'horizon ? L'eau et la nourriture manquent. Bientôt les camps se disputeront le peu de ressources et les Nakhus perdront sans doute le chemin qu'ils ont suivis pour leurs survies. Et où sont les Dieux ? Dans les cieux à regarder calmement une nouvelle apocalypse s'étendre. Êtes-vous donc en train de parier sur qui succombera à la folie ?! Oh vous semblez bien lâches.

Le mâle montra les crocs.

    « Vous avez laissé CrèveCoeur mourir. La vieillesse la rongeait mais quand est-il de toutes les mères qui se réveillent le matin en découvrant les cadavres de leurs enfants qui n'ont pas survécu aux nuits glaciales et aux chaleurs étouffantes ?! Vous n'êtes que des Dieux fouteurs de troubles. Vous vous croyez au-dessus des mortels et vous jouez avec nos vies. Vous êtes pitoyables. Vous êtes des tueurs d'enfants. Des assassins de familles !

Sarcan attrapa son glowstick. Il le fixa un instant puis il le posa au sol. Posant une patte dessus, il finit par appuyer un grand coup, brisant l'objet. Il regarda le liquide violet se répandre sur le sol. Il avait osé détruire son lien avec la déesse. Il avait rompu avec les Dieux. Il se releva fièrement devant la statue.

    « Je vous ai aimé Yurai. Je voyais en CrèveCoeur une réincarnation de votre part mais ce n'était le cas. Elle, elle avait de l'amour et elle savait protéger les siens. Il faudrait que vous soyez la réincarnation de CrèveCoeur. Vous apprendrez au moins ce que c'est de prendre soin des autres et non de les mener sur la voie de la Guerre. Comme tous les Dieux.

Il se détourna de la statue après un silence. Il ne s'attendait à aucune réponse de la part de la Déesse. Lorsqu'il fit volte-face, il découvrit l'une de ses filles, Ori, qui le fixait. Aucune expression n'apparaissait sur son visage. Elle était le reflet de son père lorsqu'il avait son âge. Froid, impavide. Il comprit qu'elle avait assisté à toute la scène. Elle avait du voir qu'il s'était lui-même déchu des dieux et surtout, elle avait du entendre sa façon de penser des Dieux. Le détesterait-elle ? Il l'ignorait. Il comprit à cet instant à quel point il ignorait tout de ces enfants. On aurait pu lui apprendre bien des choses sur eux tant qu'il ignorait tout d'eux.

    « Je ne m'attendais à pas entendre de telles paroles de votre part, Père.

« Nous sommes de parfaits inconnus ma fille … Que j'ai honte de mon absence … De mon absence pour …
« des divinités qui n'en valent pas la peine ?[/list]
Il ne dit rien et hocha la tête. Il commença à s'approcher d'elle mais ses pattes se dérobèrent sous lui. Il s'effondra sur le sol glacé, toussant et crachant un peu de sang. Il soupira et à sa grande surprise, son enfant vint se placer près de lui, se couchant contre lui.

    « Nous sommes des inconnus mais je me souviens de quand nous étions enfants. Vous rentriez tard mais vous vous couchiez toujours contre nous. Peut être qu'Eogan, Beth et Dean ne s'en souviennent pas, mais je m'en souviens. J'attendais chaque soir votre retour pour être enfin contre vous.

Sarcan se mit à sourire. Ainsi donc le peu d'affection qu'il avait donné n'était pas passé inaperçu.

    « C'est tout ce que je vous ai donné … Je m'en veux tellement.
    « C'est ce qui a fait que nous soyons comme nous sommes. Mère nous a élevé à votre image.
    « Oh … CrèveCoeur …

Le mâle se remit à pleurer entre les pattes d'Ori qui gardait une expression de marbre. Savait-elle au moins pour la mort de sa mère ?

    «  Ta mère … Votre mère … Elle est …
    « Je le sais. Laissez vous aller père.

Il leva ses yeux larmoyants sur sa fille et il constata qu'elle était aussi froide que la pierre. Avait-il engendré un monstre sans émotion ? Il esquiva un sourire. Non. Le seul monstre c'était lui. Ori ne semblait pas lui en vouloir pour son absence mais n'avait-il pas contribué à faire qu'elle soit telle du marbre ?
Son regard se perdit dans le vague. Il n'avait décidément pas fait grand-chose de son existence hors-mis détruire ses liens. Qui avait-il pour ami ? Hikotsu ? Il ne l'avait pas revu depuis bien des années. Il ignorait si elle était encore mercenaire mais surtout, si elle respirait toujours la Vie. Le mâle avait perdu tout lien avec les anciens Séides. Oui il n'avait vraiment pas fait grand-chose. Il pensa un instant à l'ancienne Carmen. Une teigne qui savait ce qu'elle voulait mais au moins, elle était respectée et écoutée. Il se mit à sourire mais ce dernier s'en alla vite. Il avait eu et avait toujours une position de personne dite respectable mais il doutait fortement qu'il avait marqué les esprits. L'unique chose qu'il avait fait en étant Oracle, était d'avoir permis à la douce Winnifred de voir ses enfants sur les terres Nakhus sans les tensions qui les séparaient. Ainsi que d'être rejointe par son tendre époux Méléagant, vagabond vivant désormais sur son territoire.
Qu'avait-il fait d'autres ? Abandon de sa famille pour son office religieux, absence totale vis à vis des clans et notamment des Raeders. Il avait eu connaissance de ce groupuscule et pourtant, il ne bougea pas d'un coussinet face à eux. Il ne se rendit même pas sur leur île, voir s'ils étaient hostiles ou au contraire. Il ignorait même qui en était le chef depuis la disparition de Paprika. Un mystère planait sur ces loups et Sarcan n'avait pas cherché à en savoir plus. Il aurait du. Il imagina un instant ces pirates prendre les terres claniques sous leurs jougs. Son ignorance était telle à leur sujet qu'il n'avait guère eu vent de la malédiction les piégeant sur leur île …

Toussotant et expiant un peu de sang de sa gueule, il fixa son enfant qui restait près de lui. S'il mourrait là, il s'en irait en étant dans les pattes d'un être aimé. Que souhaiter de mieux ? Il retrouverait CrèveCoeur dans l'Au-Delà et il pourrait enfin lui dire qu'il l'aime de tout son être. Il se mit soudainement à pleurer dans le cou de sa fille qui restait de marbre face à tel spectacle. Il voulait s'en aller comme il voulait rester là. Il ne voulait pas … Non il ne voulait plus priver ses enfants d'une figure paternelle. Ils venaient de perdre leur mère et leur père allait bientôt les quitter. Non il le pouvait pas. Ils avaient encore besoin de lui.

    « Ori … Il faut …

Ses flancs se soulevèrent dans un hoquet. Il essaya de se lever avant de s’effondrer de nouveau. Il haïssait son corps. Il voulait renvoyer la Mort chez elle. Son heure n'était pas venue. Non il ne pouvait pas partir. Sa famille … Les disciples de la Corneille … Il ne le pouvait pas. Il ne pouvait pas délaisser les Nakhus, les laisser ainsi. Puis il se remémora son geste. Il avait brisé son glowstick. Il n'était plus un disciple de Yurai. Il n'était plus Oracle. Il n'était plus le guide des Nakhus. Il était Rien. Il était à l'image de ce qu'il avait fait pour eux.
Tournant la tête, il fixa la statue de la déesse, les yeux écarquillés. Son regard descendit sur les restes du crâne de corbeau en verre, brisé, laissant se rependre le liquide divin qui perdait de sa couleur violacée. Sarcan venait de briser son existence. Il avait renié sa vie de croyance. Il avait renié ses années d'office, d'amour pour une divinité.

    « J'ai … J'ai tout perdu … Tout …

Il commença à paniquer, pleurant à chaudes larmes et s'agitant. Ori tentait de le calmer. Elle finit par le bloquer et dans un geste d'affection, elle lui lécha le dessus de la tête. Il s’apaisa, profitant de cette affection qui lui avait manqué durant ces années.

    « Père, vous n'avez pas tout perdu. Vos enfants sont toujours en Vie. Ainsi que votre petit-fils.

L'oracle déchu releva les oreilles, fixant son enfant avec surprise. Petit-fils ? De quoi parlait-elle ? Il pencha la tête sur le côté, soufflant légèrement. La louve ne le quittait pas des yeux puis elle émit un petit bruit aiguë qu'il n'aurait jamais pu reproduire avec sa voix malade. Il détourna son regard d'elle, captant un mouvement au coin de son œil, à gauche. Il plissa légèrement les yeux, regardant la petite chose avancer, se faufilant dans les ombres du temple. Etait-ce réellement un enfant ? Et était-ce l'enfant de sa fille Ori ? Lorsque la petite boule de poils sortie de son abri d'ombre, il hoqueta de surprise. Nul doute. Ce qui se dressait devant lui était l'un de ses descendants. L'enfant le fixait, plongeant son regard vairon dans ceux remplis de noir de son grand-père. Si certains avaient les yeux à l'iris différente, le louveteau avec les yeux entiers différents. L'un brillait et était commun aux autres loups. Quant à l'autre, il était aussi noir que ceux de Sarcan. Nulle iris différenciable à la pupille ainsi qu'au blanc de l'oeil. Un œil de ténèbres. Un œil de corneille.

    «Approches mon fils.

Ce dernier obtempéra et il s'approcha, d'un pas lent, hésitant avant de franchir d'un pas assuré la distance qui le séparait du duo père fille. Il vint renifler son grand-père qui ne bougeait plus d'un poils, restant paralysé par la surprise de voir ce petit être. L'enfant ne parlait pas. Il devait avoir à peine deux mois. Il n'avait pas son pelage définitif, arborant plusieurs couleurs dont une majoritaire : grise. Sarcan s'interrogea un instant sur le père mais ne le voyant pas, il releva la tête vers la louve, lui posant sa question muette. Elle détourna le regard, répondant par ce geste à son géniteur. Ainsi donc elle ne voulait pas révéler le père de cet enfant. Il esquiva un sourire. Soit. Il comprenait qu'elle est son jardin secret. Il ne lui en voulait pas et il se reconcentra sur l'enfant.

    « Comment …

Il se mit à tousser, il se recoucha dans une position plus confortable, étendant ses pattes, soulageant sa carcasse vieille et vide.

    « « Comment s'appelle-t-il ?
    « Siam.

L'enfant tiqua à son prénom et il lança un regard à sa mère, comme lui demandant pourquoi elle disait son nom. Sa compréhension n'était pas encore développée mais Sarcan savait qu'il serait appartiendrait à ceux possédant une grande science. Il ne serait pas diminué intellectuellement. Il ne serait peut être pas un génie mais il saura mettre sa pierre à l'édifice dans des conversations de grandes ampleurs. Il avait la lueur dans les yeux qui indiquait cela. Pendant un instant, l'oracle déchu songea à l'avenir de son descendant. Il le voyait fier, vrai Nakhu répandant la paix. Il serait un digne héritier, un loup fort et grand. Peut être pas un meneur mais il saurait guider tout en sauvant la veuve et l'orphelin. Oh voilà un bel avenir qui étiraient les babines du nouveau grand-père qui soudainement se rappela la dure réalité. Siam survivra-t-il dans ce désert ambiant ? La chaleur devait le mettre à rude épreuve, sans oublier la nuit qui déshabillerait une carcasse tellement son froid vous pénètre et vous glace. Un frisson parcourut l'échine du canin lasse et fatigué.

    « L'apocalypse revient. Arrivez-vous à trouver refuge par ces temps hostiles ? Quant à l'eau et la nouttirure ...
    « Oui, ne vous en faites pas pour nous. Siam est plus vigoureux qu'il ne le laisse paraître. Je sais où lui trouver de quoi vivre.

Elle était mystérieuse, comme si elle voulait cacher les sources de provisions qui lui permettait, à elle et à son fils, d'être bien portants malgré un monde décidé à vous tuer. Il hocha la tête, ne cherchant pas plus loin. Il était soulagé d'entendre cette réponse et il reposa la tête au sol, soufflant un instant. Une quinte de toux le secoua, provoquant un mouvement de recul du louveteau qui le fixait avec de grands yeux ronds. Le vieux mâle lâcha un rire rauque. Sa voix n'avait jamais été gracieuse à entendre et ce rire ressemblait aux croassements des corneilles que venaient de se réveiller, chassant le silence par le cacophonie.
Il reprit sa respiration, plus calme, plus lente et lancinante. Il leva les yeux vers sa fille. Il venait de retrouver une certaine paix en lui grâce à elle, grâce à son petit-fils. Sarcan ne pouvait plus rien pour les Nakhus, plus rien pour le reste de PW. Il n'était qu'un vieux loup, malade et affaibli. Il ne pouvait plus réellement guidé qui que ce soit. C'était désormais à lui de se pardonner et de trouver la paix qui a insufflé en d'autres. Un pâle sourire se plaqua sur son visage. Il s'installa plus confortablement sur le sol. Il La sentait. La Mort n'était plus très loin, attendant qu'il se décide à lâcher prise.

    « Ori … Merci …

Dis à ton frère et tes sœurs que je les aime … Je vous aime mes enfants …Il aurait voulu dire ça. Formuler ces derniers mots mais la voix lui manqua et seul un petit râle s'échappa de sa gueule. Ainsi donc il ne pourrait pas les dire. Il posa ses yeux noirs sur son enfant, essayant de lui faire comprendre ses sentiments et dans un hochement de tête, elle lui fit comprendre que c'était le cas. Son sourire s'agrandit et doucement, sa respiration se mit à ralentir. Les quintes de toux se mouraient en lui, ne secouant plus ses flancs squelettiques. Plus de sang qui sortait de sa gueule … Plus rien. Ses yeux commencèrent à se voiler. Le monde se troublait. Il perdait de ses teintes. L'aube chassée par le jour n'était plus qu'un nuancier de gris et de noir.

Pardon Dame Yurai …

Ce fut sa dernière pensée. Ses yeux se fermèrent à jamais et dans un souffle lent, chaud, son corps commença à refroidir. Plus de flancs qui se soulèvent, plus de battements de coeur. Tout son corps se relâcha progressivement, oubliant les dures années d'existence pour se reposer à jamais. Sarcan était désormais défunt. Il reposerait aux côtés de CrèveCoeur et enfin il la retrouverait. Son âme resta un instant près de la scène que son enveloppe charnelle créait. Il lança un unique regard à sa fille puis à son petit-fils. Il se mit à sourire et perdant une unique larme, il disparut, empruntant le chemin que lui traçait la Mort pour l'Au-Delà.


~


Ori contemplait le corps éteint de son père. Nulle larme, nulle tristesse pour briser son masque de froideur. Non bien plus que ça. Elle ne ressentait rien. Guère affligée par la mort de son géniteur, elle comprit alors qu'elle était différente. Elle posa son regard noir sur son fils. Même lorsqu'elle l'avait mis au monde, elle n'avait pas bronché. Elle n'avait pas eu de contractions douloureuses … Ou plutôt, elle ne savait pas ce qu'était la douleur. Elle n'avait pas non plus réagi lorsqu'elle avait mis au monde deux adorables boules de poils. Siam avait une sœur. Le temps rebelle et chaud avait eu raison d'elle si bien qu'Ori avait enterré la chair de sa chair sous un arbre, lui évitant d'être dévorée par les charognards volatiles. Même la mort de cette enfant n'avait rien suscitée en elle. Même sa prise de conscience quant à son empathie ne souleva aucune émotion vive. Elle était simplement vide. Elle se demanda pendant un instant, comme ce fut le cas au long de sa jeunesse, si le fait d'avoir eu une mère morte ressuscitée n'avait pas engendré l'inexistence de ses émotions. Après tout, les morts ne ressentaient rien de base. Cette théorie se tenait et si elle en avait jamais goûté les émotions, l'une de ses sœurs en avait hérité une certaine folie pour les défunts, une autre était muette et solitaire, quant à son frère, hors mis son amour pour un poussin et sa manie de parler en prose, il semblait normal. A croire que les Dieux les punissaient d'être les enfants d'une louve qui aurait du rester au trépas.

Levant les yeux vers la Corneille de pierre, elle finit par s'en approcher, se détachant du corps froid de son père. S'inclinant bien bas, elle finit par se redresser. Ori n'avait jamais passé l'épreuve de la Déesse. Elle avait été plus occupée à batifoler de droite à gauche qu'à venir demander un présent divin. Elle ne s'était jamais réellement sentie d'en porter un. Avec ou sans, elle restait une Nakhus, fille de Nakhus et prêcheuse de paix. Elle n'avait pas besoin de la magie, d'un accessoire divin pour se sentir comme telle.
Se relevant, elle entame quelques prières, toutes basses tandis que son fils venait se blottir entre ses pattes, fixant toujours la boule de poils inerte plus loin.

    « Dame Yurai. Je ne suis guère l'une de vos disciples par le port d'un glowstick. Je ne vous dois rien comme vous ne me devez rien. Nous sommes étrangères et liées à la fois. Aujourd'hui, j'aimerai vous être redevable. Puissiez guider mon Père de vos Corneilles vers l'Au-Delà, au côté de Mère. Il a profané votre temple, il a brisé son serment d'Oracle mais vous le savez tout autant que moi qu'il n'a fait cela que parce qu'il est désespéré. Il a vu des choses que vous n'avez pas bronché écarter. Il est vrai, vous avez séparé des familles mais je reste infiniment persuadée qu'il y a une raison à cela. Mais nous ne sommes pas là pour parler de ça. Je vous le demande une nouvelle fois : pardonnez à votre Oracle et guidez le vers le monde des Morts. Il mérite cette paix.

Elle conclua sa tirade à la statue d'un hochement de tête solennel, espérant que la Déesse écouterait ses paroles et saurait se montrer aussi Sage et Juste que les descriptions qu'il en est faite. Ori recula, puis elle poussa de la truffe son fils. Elle regarda le corps de son père et avec une douceur impressionnantes, elle s'empara de la masse inerte, la posant sur son dos puis elle quitta le temple, son enfant la suivant en trottinant, tentant de garder le rythme soutenu de sa mère. La louve savait où l'emmener. Elle laissa faire son instinct et elle lâcha prise, se laissant guider vers la tombe de sa mère. Son père y reposerait à côté. Ils seront à jamais réunis ...
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