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 Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan

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Jolitemps
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MessageSujet: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Mar 10 Juil 2018, 22:16

Cette lune qui brûle, brûle, brûle...

ft. Illidan.

Été 2018.
5 ans.


Oh, oui, cette lune qui brille, là-haut, si haut, dans des firmaments de hautes-lumières.
Ce sont ses rayons métalliques qui décolorent ton poil, qui souligne tes hanches rondes et ton ventre plein, de celle qui vient de finir le repas de ce soir. Tu es reine de ces terres, éclatante femelle qui ne manque de rien. La vie appartient à ceux qui mange, après tout, et tu as parfois l'impression être la seule à avoir compris cela. Pourquoi devenir si maigre, pourquoi tant se priver, lorsque naisse ces enfants plus faibles que leur mère, lorsque gémissent ces vieux aux senteurs de pissenlit ? Cette saison est riche en cadavres qui trainent, ici, là-bas.
Et toi qui plante tes dents, dans ces loups qui meurent, de chaud de froid, de faim de soif.

Ta langue de rose passe sur tes fraiches babines. Tu dois être la seule louve plantureuse, aux poils restés délicats. Ton effluve de chaleurs estivales te rendent sirène venue sur terre, défiant lune et soleil, gagnant contre ces éléments à l'excitation bruyante.
Mais maintenant que le panache du repas est chose passée, tu te dois de progresser, de t'occuper de ces Perdus devenus nombreux. Le travail s'était densifié, maintenant que l'incandescence s'était éteinte. Maman était morte, et elle aussi, tu l'avais mangé. Elle était marqué, sur une page de ton livre, de ce livre relié de peau d'animal mort et fait de pages sans mots arrachés à l'avant des livres. Elle y était, oui, à la suite d'un lapin, et avant un louveteau. Après ça, sur les pages qui apparaissaient derrière, et après ton voyage, il y avait beaucoup de loups inscrits. Sans nom. Juste quelque chose, pour les reconnaitre. Toi, tu te souvenais toujours de tout ce que tu mangeais, les noter te permettais seulement de suivre le cheminement de ton estomac. C'était important, pour toi, seulement toi. On savait la famine au nombre de loups mangés, lorsque les proies étaient plus rares qu'un mort oublié sur une pierre.
Plus question de repas, cependant.
Seulement de pas qu'on ne compte plus, et qui t'emmène loin de là. Où vas-tu ? Aux Perdus. Et à ton oiseau de ruine. Tu rentres dans l'eau, bas des pattes pour mieux avancer. Tu nages en silence parmi les ombres des poissons, avec le sol si loin de tes pattes. Tu voles dans cet eau sombre, comme dans un ciel de nuit, à transpercer la lune de ton corps. Et voilà que tu traines ton corps mouillé sur cette plage minérale, sans t'ébrouer. Quelle importance ? Tu restes la plus belle, Jolitemps, tu le sais, et l'eau ne fait qu'accentuer tes effluves.
Où aller, pour trouver l'Oiseau ? Pas besoin de le chercher : il viendra à toi. Tu le sais, tu le sens. C'est ton araignée qui te le dis, elle restée silencieuse le long de ton trajet. Tu n'as qu'à te percher, là où ton odeur se dispersera au mieux. Là, sur ce bateau noir qui tranche le plat de l'île, qui se confond parmi les crêtes.
Il n'aura qu'à voler jusqu'à toi ! Déploie tes ailes, l'Oiseau !

Il ne te faut que quelques foulées, pour rejoindre cet endroit. Tu y grimpes, là-haut, sur le ponton qui grince comme les dents qu'un requin affuterait sur les serres d'un faucon. Tu contournes les trous, abysses de la vie passée du navire. Les mats, les focs, tu ne les regardes pas : il n'y en a plus, ils ne sont que vestiges. Bientôt, tu t'arrêtes.
Là sera ta place, là tu attendras l'Oiseau.
Tu t'assoies, laissant ta queue trainer derrière toi, brassant cet air et ces odeurs. Ta tête se relèves, tu laisses tes babines s'étirer quand tes yeux se plissent. Là, il est là. Tu le sais, tu le sens. Et ton sourire, de se muer en un dévoilement de tes crocs, alors que tu ressens, alors que ton échine se redresse sous un excitant frémissement.

« L'oiseau, dans sa tête, a fait un nid pour les Perdus. »

Rire.
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Dim 22 Juil 2018, 00:31

La nuit glaciale, aussi mordante que ces derniers mois, transit comme chaque soir Illidan au fond de sa cave. Il a beau se retourner, il sait que rien ne changera. Il a volé un tissu dans l’une des grottes Raeders il y a quelques temps, mais il a beau s’en recouvrir ça ne l’apaise qu’à peine. Le chant des démons devient véritablement agaçant, ces moments-là.

Ta promesse, loup…ramène-la nous. Nous attendons, et attendrons toujours. Donne-la nous, ou trouve quelque chose de valeur équivalente.

Mais Illidan n’a toujours rien à donner à part Safran, mais en ce qui la concerne c’est inconcevable- et il sait de toute façon que lui proposer serait risquer de se faire égorger par elle-même, c’était de Safran dont on parlait. Alors, dans un soupir épuisé, il abandonne l’idée de dormir pour oublier, et décide de sortir. Se drapant dans le tissu abîmé et odorant, il s’en fait une cape qui couvre à peine ses flancs, modelant finement ses côtes, et rampe hors de ses tunnels sur ses pattes flageolantes.

Aussi silencieux qu’un mort, il se glisse à l’extérieur de la grotte principale et marche, son souffle court se perdant en faibles nuages de condensation. C’était le même schéma chaque nuit, malgré qu’il n’aie pas toujours le courage ni la force de sortir plus loin que le pallier. Le son et l’odeur des vagues lui serrent l’estomac, et il se force à ne pas y penser pour éviter de cracher le fond de bile qu’il lui reste.

Cependant près de la Carcasse, une odeur parvient à faire remuer sa truffe craquelée. Ça lui dit quelque chose…parfois, Safran sent pareil. Ses babines se distordent dans une grimace incompréhensible, tandis qu’une idée se forme dans son esprit. Peut-être était-ce là le moyen d’obtenir quelque chose qui satisferait ses démons…mais jamais il n’aurait la force de lui-même forcer quelqu’un, et obtenir un accord avec son apparence lui semble concrètement difficile. Il grince des crocs. Finalement, il se retrouve malgré lui à suivre l’odeur, ne serait-ce que pour en profiter. Le brun aux longs cheveux abandonnés à un état lamentablement naturel glisse alors entre les décombres, ses griffes cliquetant contre le bois, sa cape s’éraflant sur les échardes des planches éventrées. L’odeur de quelqu’un d’autre le perturbe, il sait que c’est un Raeder mais il a oublié qui. Ça ne l’empêche pas de lentement mais sûrement s’approcher du sommet, jusqu’à entendre la voix feutrée d’une personne qu’il n’aurait pas pensé revoir avant l’au-delà.

« L'oiseau, dans sa tête, a fait un nid pour les Perdus. »

Ça fait longtemps, mais il sourit. Il a honte, ceci dit. Il n’a pas besoin de voir pour savoir qu’il est infâme. Son ancienne fierté gracile de semi-oiseau s’est faite oubliée pour la fragilité macabre d’un squelette presque au bout de sa décomposition. Il y avait mieux, pour retrouver son crush éternel. Mais il est déjà physiquement au-delà de ce qu’il aurait pensé supporter autrefois, et il n’a plus la force de faire le moindre geste non-vital, hormis marcher. Alors, il reste planté là, ayant abandonné depuis longtemps de faire l’effort de tourner la tête vers ceux à qui il adresse la parole, se contentant se laisser parler l’inclinaison de ses oreilles abîmées.

« L’effluve est encore plus enchanteresse que dans mes souvenirs, » murmure-t’il.
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Jolitemps
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Mer 25 Juil 2018, 18:15

Cette lune qui brûle, brûle, brûle...

ft. Illidan.

Été 2018.
5 ans.


Il est là, il s'approche, et tu ne le quittes de tes yeux bleus. Tu le regardes chalouper sur ce navire échoué, de son corps à la dérive. L'oiseau avait prit la mer, avait laissé ses plumes partir au détour d'une vague. Ses cheveux te faisaient penser à cette corde en bourre, là-bas. Il avait gagné une cape, peut-être pour protéger les autres de lui-même. Tu verrais sans doute ses côtes piquantes, si tu la repoussait de ses flans.
Tu ne le trouvas pourtant pas repoussant, à se tenir là devant toi. Il fallait dire que tu ne t'étais jamais questionné sur le beau et le repoussant : tout était neutralité, avec toi, tu appréciais des choses qu'aurait sans doute préféré ignoré un normal camarade. Mais lui... Oh, lui. Il ressemblait à un loup presque devenu Perdu, à un cadavre qui se traine, à un mort qui ne savait pas pourquoi il était toujours en vie.
Ça te fait saliver.
Les morts, ça ne se gâchaient pas, après tout. Tu espérais être celle qui le finirait, oui. C'est que l'Oiseau avait été un de tes premiers amis. Ton seul ami ? Oui, sans doute. Il était le seul que tu ais pris le temps de revoir, ensuite. Il était le seul pour qui tu avais traversé la mer, pour mieux le retrouver sur une plage. Ca le rendait plus important que les autres.
Ce n'est pas pour autant que tu pleurerais pour lui, ta tristesse n'avait d'égale que ta pitié : c'était ces choses inexistantes de ta personnalité, ces choses qui ne te faisaient pas toujours comprendre tes semblables, ces choses qui te laisserais toujours voler bien au-dessus d'eux tous.

L'Oiseau parle, et toi, tu bouges autour de lui. Tes pas ne s'entendent pas, sur le parquet fendu : Arastée sait où poser silencieusement tes pattes, et tu l'écoutes. Aucun craquement, seul ton souffle marque tes pas, car même tes griffes sont trop courtes pour faire du bruit sur le sol. Toi, tu es devenue enchanteresse, quand lui a oublié l'ivresse. Tu te joues de ça, toi qui aime tant d'amuser. Tu laisse flâner ton odeur près de lui, tu le contournes.
Et puis, tu le touches. Ton flanc glisse contre le sien, et tu restes à côté de lui. Assise, avec ta queue qui traine dans la poussière.

« Mais l'être plus, c'est l'être assez, Oiseau ? »

Tu te demandes si tu serais plus enivrante que ces Perdus qui résonnent en lui, tu te demandes si tu peux un peu le perdre, toi-aussi. Oh, c'est quelque chose que tu ne sais pas trop : les mâles d'ici n’était du genre à te céder, tes amusements s'étaient toujours percuté à la rigidité de leur pensée. Mais lui n'était plus vraiment d'ici maintenant, il était presque de là-haut !
Voilà que tu te fais louve, Jolitemps, que tu te redresses pour mieux passer ton museau sous le sien, pour le relever sans le lui demander. Tu ne te préoccupes pas de ce que tu peux faire ou non, de toute façon, c'est d'une importance si moindre pour ceux qui préfèrent vivre libres.

« Cèdes-moi, plus que tu ne cèdes à tes Perdus, si je suis l'effluve enchanteresse. Tu n'irais seul Là-Haut, je t'offrirais des passagers. »

Ton sourire étire tes babines en une expression lointaine. Tu voulais manger plus que ces Perdus, tu voulais leur montrer à quel point tu pouvais être vorace. Tu voulais qu'il te cède son âme, son corps, l'espace d'un instant. A toi, rien qu'à toi. Alors tu bouges, tu reprends tes caresses, gracieuse effluve qui passe contre lui, qui emplit ses naseaux, qui joue de ses sens.
Qu'il te cède, qu'il te prenne, et qu'il t'offre quelques vanités à accrocher à ta capuche.
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Lyros
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Mer 01 Aoû 2018, 02:18


Les murmures des démons ne disparaissent jamais réellement du fond de son esprit, il est juste plus simple de les ignorer avec les stimulations de l’extérieur. Mais là, plus que jamais, Illidan douta de l’existence véritable d’Effluve. Sa voix par-dessus les leurs, son odeur envoûtante, sa personnalité presque décousue lui rappelèrent leur première rencontre sur le Continent, près du temple de Mido, où il avait pensé d’abord parler à un esprit errant. Et si elle était dès le début des leurs ? Elle n’était apparue qu’à lui, le faisant brièvement tout oublier à chaque rencontre, comme chaque fois qu’il se vend à eux. Quoiqu’elle ne lui ait jamais rien demandé en retour, après réflexion.
Jusqu’à ce soir.

Elle est proche, il ne l’a pas entendue venir mais sa voix n’était pas loin, à l’instant. Il ne l’entend pas mais il la sent, la ressent, et un frisson lui parcourt l’échine quand elle s’assoit contre lui, gonflant son poil délaissé. Elle est chaude, elle lui paraît brûlante, à lui qui a pris l’habitude de ramper le long de murs de pierre froids. Elle semble si…vivante. Plus vivante que la moindre des hallucinations qu’il a vécues ces derniers mois, que les repas éparses que Safran lui apportait. Elle est , tangible, à portée de patte. Il se rappelle qu’il en a rêvé.
Elle glisse son museau sous le sien et il se retrouve la truffe relevée, soufflant à peine de surprise, son palpitant emballé faisant légèrement vaciller son corps frêle.

« Cèdes-moi, plus que tu ne cèdes à tes Perdus, si je suis l'effluve enchanteresse. Tu n'irais seul Là-Haut, je t'offrirais des passagers. »

Il ne la voit pas vraiment comme une véritable personne, tant elle est différente de tous ceux qu’il a connus, mais malgré lui son souffle se bloque dans sa gorge. Cette demande…tout en elle l’appelle à des envies qu’il n’aurait jamais pensé ressentir un jour, et un soupçon de raison le percute. Mais si tout ça était vrai, que cette louve faisant partie de ses deux derniers liens sociaux restant était réelle et souhaitait partager leur vie, avoir une…famille ? Mais ses doutes se font balayer l’instant d’après par son filet de joie d’être près de cette personne qu’il aime, au final. Pas romantiquement, car il n’a jamais vraiment été instruit au charme, mais d’un lien de personne à une autre, d’une affection inexplicable qui restera inexpliquée. Il devine qu’il n’en sera rien de tout ça, elle n’est pas une personne en mal de famille. Il ne comprend pas ce qu’elle peut trouver en lui, il y a probablement bien mieux mais il s’en fiche, ce soir c’est avec lui qu’elle est, et pour cette fois il est heureux de céder à un démon.
Cette effluve de rêve était pour lui la chose la plus naïve de sa vie, et dans cette naïveté volontaire il s’engouffre, laissant tout le reste, son monde brisé, sa vie gâchée s’effacer dans son odeur, le temps d’une soirée, comme il commence à en prendre l’habitude. Il détache le tissu de son dos pour se coller à elle, aspirer la chaleur de vie de ses flancs pour réveiller son propre corps de mort, laisser sa truffe errer dans sa fourrure, sa tête aux yeux scellés se frotter contre son encolure.

« Qui es-tu, comment peux-tu savoir ce que j'ai dans la tête ? » marmonne-t’il, « Avoue que tu es l’un de ces démons. »

Mais en ce cas tu es le plus beau d’entre eux, sourit-il contre elle.

Il se redresse, s’écarte pour se lover contre son torse, loin des habitudes fières des mâles conventionnels. Il a froid, il a toujours froid mais elle lui rappelle la caresse du soleil sur son poil juvénile à une époque plus douce, alors il redevient chiot docile en sa présence et se soumet avec douceur.

« Cette nuit, je serais tien. »
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Jolitemps
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Dim 05 Aoû 2018, 19:32

Cette lune qui brûle, brûle, brûle...

ft. Illidan.

Été 2018.
5 ans.


Ta présence ici était tout sauf regrettable. Tu étais ravie d'avoir traversé ce bras de mer pour le retrouver, pour le rendre captif de tes envoutements. Tu jouais si bien de ton odeur et de tes contacts, dans un balais de corps maîtrisés. Une affection que tu lui offrais sans en être une, parce que ton cœur n'était fait que d'amusement, les sentiments avaient du mal à s'y frayer et à se faire comprendre en lui. Mais au fond, bien au fond, n'aimais-tu pas l'Oiseau en ruine, devenu Ruine d'Oiseau ? Tu aurais demandé une explication au mot amour. Arastée, elle, trouve qu'il est mieux de laisser les choses ainsi.
Deux entités, qui ne répondaient aux termes exacts de ces mots infamiliers, préférant vivre à leur façon dans le tumulte de leur pelage l'un contre l'autre, et des mots prononcés l'un pour l'autre. Pour toi, il avait dégagé sa cape, laissant son corps de presque-mort venir se coller contre toi. C'est presque si tu fus surprise, d'y trouver un peu de chaleur.
Tu l'aurais senti froid, comme un mort, oui. Prêt à passer sous une dent.
Mais tes dents ne te serviront pas encore à lui trancher la peau. Pour l'instant, elle te serve à sourire, sourire grandement. On voit toutes tes dents, dans une expression qui auraient pu laisser penser, un instant, que tu allais le dévorer.
Sa tête se frotte contre ton encolure, son museau cherche dans tes poils garnis du sel de ton voyage.

« Les démons ne dansent jamais, ils ne font que bouger des corps désarticulés sans élégance. Moi, je suis une effluve, un temps venu de loin pour trouver les Perdus qui se perdent librement, pour les emmener loin d'ici. Il faut voir des choses que personne ne peut voir, pour tout savoir. C'est comme ça que je sais, oui. »

Ta tête se pose sur la sienne, sans perdre ton sourire brut et ton regard qui voyait loin. On te soufflerait que ça ne pouvait être le cas, que tu n'avais ce genre de pouvoir, que tu n'étais qu'une simple louve qui n'avait pas de lumière. Oh, et que tu n'étais que folle, juste folle, à cause de la brume de tes terres natales, qui emplissaient les poumons pour ne pas en ressortir. Mais toi, tu te fiches, de tous ces mots à ton encontre. Tu es Jolitemps, louve d'ailleurs, et tu sais réel tes Perdus. Lorsque tu supposais leur présence, tu avais toujours raison, après tout, c'était là la preuve que tu pouvais les capter, les sentir.
Voilà que cette petite Ruine vint se perdre contre ton torse, contre ton corps qui avait conservé toutes les courbes d'une louve qui mange à sa faim et plus encore.

« Et si tu es mien, moi, je serais libre. Comme un vent qui emporte avec lui une âme qui s'égare, pour l'emmener faire un voyage. »

Tu le laisserais errer contre toi, lui imposant ta direction suivie. Il avait vendu son âme aux démons, et maintenant, il la vendait au temps qui passe, même s'il est joli.

« L'Oiseau est devenu Ruine avec le Temps, et l'Effluve est devenue Temps pour la Ruine. Lèves-toi, suis-moi, culminons sur les restes de ce voyageur. »

Tu te lèves, retires ton appui de son épaule pour avancer d'un pas, le laissant venir chanceler à tes côtés. Tu laissais parfois ton flanc trainer près de ton épaule, tes envies se faire sentir un peu plus proche de son nez, alors que tes pas trouvaient position sur le bois pour toujours monter un peu plus haut, jusqu'au pic de la Carcasse, qui laissait en vision la nocturne de l'île.
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Lyros
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Mer 05 Sep 2018, 00:15

Une impression de tout comprendre et d’être perdu à la fois, de mener en se faisant emporter. Non, il ne contrôlait rien. Illidan n’avait jamais rien contrôlé. Il avait cru, en devenant Capitaine, mais non, il n’avait fait que se laisser gouverner par ses sentiments adolescents. Et aujourd’hui, misérablement, il se laissait emmener par quelque chose dont il n’arrivait même pas à imaginer la portée, tout comme il l’avait fait plus tôt avec ses rituels douteux.

Il buvait les paroles d’Effluve, parce qu’il était si facile de l’embobiner. Personne ne s’était jamais donné cette peine, pour ce que ça en aurait valu de toute façon, mais sa faiblesse en devenait aberrante. Pourtant, de cette faiblesse ressortait une rigueur intense, presque incompréhensible ; il avait toujours été de ceux qui devaient se battre pour vivre, des aliénés par un handicap naturel. Illidan était monstrueusement faible, mais paradoxalement increvable. Il lui était inconcevable de se donner la mort ou même l’imaginer l’atteindre, quand chaque action de sa vie eut été réfléchie pour survivre. On aurait même pu dire qu’il comptait vivre au-delà de sa propre vie, en laissant un héritage immortel sur ces terres : l’abolition des dieux. Ce n’était que le rêve d’un vieux fou, mais c’était aussi devenu sa raison de vivre, or lui donner un but impossible le rendait presque immortel. Presque.

Ses flancs se soulevaient difficilement, son cœur suivait à peine le rythme de son excitation, ses pattes tremblantes le maintenaient à bout de force. Il était évident qu’il ne passerait pas une nuit en-dehors de sa grotte s’il ne trouvait pas un peu d’eau ou de protéines à se mettre sous les crocs, il avait pris l’habitude de rentrer vite après ses sorties, pour s’économiser. Mais Illidan était fou, et sa folie actuelle portait une odeur, qui l’enveloppait de partout, embrumait son esprit.

« Evidemment que tu es libre, es-tu seulement ? Loin de moi l’idée de mettre le vent en bouteille, j’ai la courtoisie de me contenter de profiter de sa présence entre mes plumes. »

Il savait qu’elle aurait de nouveau disparu le lendemain, et ça lui allait parfaitement. Mais ce soir, il acceptait de changer de drogue, et il se laisserait aller aux confins pour voir quelque chose de nouveau. Elle menait les Perdus disait-elle, s’il n’était pas lui-même perdu dans l’Existence, qu’on le damne- ah pardon, c’était déjà fait. Il appréciait tout de même son explication, satisfait de la défaire de l’impression d’éternelle avidité des démons qu’il avait appris à connaître. En soi elle en était probablement quand même un aussi, mais d’un tout autre genre, et ça lui suffisait.

Effluve, ou Temps peut-être maintenant, se lève et le mène vers les hauteurs de la Carcasse. Illidan n’aimait pas l’altitude, il avait peur de tomber, il a toujours été un oiseau en carton de toute façon.

« Temps qui s’enfuit, ta Ruine s’écroule, nous ne nous avons que cette nuit alors ne hâte pas trop les choses, » marmonne-t’il de sa voix rauque.

Comme pour confirmer ses dires, à quelques pas du pic ses pattes le lâchent enfin, son corps faible s’affalant légèrement sur les planches abîmées. Il suffoque, mais sans la moindre panique il essaye de se relever, s’ouvrant l’épaule sur un clou usé. Il est agacé, et avec détachement vis-à-vis de la douleur essaye de se forcer à bouger. Il n’a pas envie de rester étalé là, son Effluve l’attend à peine plus haut, mais c’est un fait, actuellement il est coincé.

« Il est possible que je n’aie pas mangé depuis un temps indéterminé, » lâche-t’il finalement.
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Mer 05 Sep 2018, 21:51

Cette lune qui brûle, brûle, brûle...

ft. Illidan.

Été 2018.
5 ans.


Étais-tu, Jolitemps ? C'était une bonne question posé par la Ruine. Une question à laquelle tu ne répondrais que d'un sourire qu'il ne pourrait jamais voir, peut-être deviné si son esprit le voulait bien. Puis tu aimes bien trop l'idée d'être ce vent qui vient entre ses plumes pour pouvoir poursuivre ses mots, laissant cette bride de conversation ininterrompue à sa place. Il t'emporte un peu, tu t'amuses avec lui. Il n'y avait qu'avec lui, oui, que tu pouvais t'amuser autant. Les autres mâles restaient de bêtes mâles, des bêtes pensant toujours à la même chose. Les femelles, elles, tu ne les aimais pas.
Il n'y avait que lui, un peu, finalement, si ta façon d'aimer trouvait définition dans ce temps passé avec lui. Aracnée dit que oui et toi, tu dis que tu t'en fiches un peu.
Il te suit, marche un peu. Tu parles de ta voix claire qui vient de loin.

« Si le temps s'enfuit, au moins restera-t-il toujours le Jolitemps. Et le temps joli se fera lent pour que la Ruine reste sa petite ruine. »

C'est pourquoi tes pas légers te portent dans une lente grâce vers le sommet, les faisant si peu sentir sur ses vieilles lattes qu'elles cessaient de grincer sous ton poids. Tu étais une plume qui s'envolait sans un bruit.
Mais malgré ça, malgré tes efforts de rapidité oublié, voilà que la ruine s'écroule alors que tu t'élèves au sommet. Vaincu. Tu te retournes, tes yeux bleus se plissent pour mieux apprécier la loque de sa silhouette.
Il est si beau, comme ça. Il te semble révélé dans cette presque-mort. Là, reposé sur sa hanche, si maigre qu'elle aurait pu céder dans le même bruit qu'une branche qui craque. Crac ! Et il serait tombé pour ne jamais se relever. Tu serais alors venu au-dessus de lui, pour promener ton museau dans ses poils, un instant, juste pour en profiter une dernière fois. Puis tes crocs de venir chercher sa peau, sans doute ? Oh, oui.
Tu imprègnes les images de son lui aussi échoué que le cadavre du navire, de ce repas qu'il ne fera pourtant pas ce soir. Tes épaules roulent sous ton dos alors qu'il se courbe pour mieux faire demi-tour, revenant naviguer à ses côtés. Ta langue passe sur la plaie faite par le clou.
Tu le gouttes, lui qui t'affame, tu laisses le goût de son sang envahir ta bouche. C'est bon.

« C'est parce que tu ne t'es jamais nourri des autres, ma Ruine. On survie en s'en délectant, mais ici les autres manquent. »

C'est comme ça que tu avais gardé tes courbes de reine femelle, comme ça que ton ventre n'était jamais devenu creux, même durant les temps dur d'une sécheresse qui n'en finit pas. Du sang restait du sang, qu'il soit celui d'un lapin mort sur le bord d'un chemin, ou d'un loup suspendu au-dessus du vide.
Arastée murmure. Elle te présente la mouette endormie. Tes oreilles se dressent en avant, tes yeux brillent !

« Oh, laisse-moi arracher pour toi les ailes de la mouette rieuse ! Et prendra fin dans son dernier rire silencieux ta faim imprécise. »

Voilà que te gagnes une excitation enfantine, alors que tu files sans attendre sa réponse, laissant un rire éclater derrière toi. C'est un cadeau, que tu lui feras là ! C'est la première fois que tu offrais quelque chose à quelqu'un, tu sais Jolitemps ? Il te faut peu de temps, pour tuer la mouette. Tu oublies d'être propre, si du moins on pouvait oublier quelque chose qu'on avait jamais appris. Et voilà, elle pend dans ta bouche, ses bras emplumés jeté à la mer pour nourrir les poissons-chats.
Tu la jettes à ses pattes, laisse ton corps onduler sous le sentiment qu'il te prend alors. Tu es contente ? Satisfaite, oui. Ton silence d'argent accompagne ton sourire carmin.

« Mange-celle qui ne se réveillera jamais plus. Mais avant, il faut goutter au moins une fois le goût des autres pour comprendre qu'il n'y a de mal à en profiter un peu, que c'est quelque chose d'aussi bon que ces mûres cueillies près des morts. »

C'est pour ça que tu écorches tes lèvres contre le clou qui aura abimé ta ruine pour venir presser ton museau contre le sien.
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Dim 16 Sep 2018, 15:53


Une effluve du temps perdu, mais un Joli Temps. Si même le temps acceptait de rester à son rythme, alors plus rien ne l’effraierait. Il hésite tout de même à se vexer de l’adjectif qu’elle lui eut choisi. Elle revient finalement, tandis que lui soupire, épuisé de son épave physique. Un frisson de surprise lui échappe quand il sent quelque chose d’humide et chaud caresser sa blessure, lui l’interprétant comme une preuve d’affection. Ça lui rappelait quand Thyara nettoyait son poil de bébé, ou quand sa fratrie se lançait dans un nettoyage amical. Un contact qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps, Safran ne s’aventurait pas à nettoyer son pelage collé par le sel et l’absence d’entretien.

« C'est parce que tu ne t'es jamais nourri des autres, ma Ruine. On survie en s'en délectant, mais ici les autres manquent. »

Soudain il comprend. Ce n’était pas la déclaration d’un amour familial, elle le goûtait. Le temps le rattrapait, le tâtait pour mieux le dévorer lorsqu’il perdrait la course de la vie. Il s’attend à être dégoûté, mais étrangement, le sentiment ne vient pas. Peut-être parce qu’elle le fait avec attention et douceur, ou peut-être parce qu’il est fou, à force d’avoir vu et entendu pire de la part des infernaux.

Perdu dans la recherche d’une réponse à lui donner, il n’a pas le temps de la trouver avant qu’elle ne s’en aille de ses côtés, le laissant à la fois frustré de ne plus ressentir sa chaleur, et étonné de ses paroles. Allait-elle lui ramener à manger ? Il était vraiment tombé au plus bas du déshonneur, ç’en était au Temps de chasser pour lui désormais. Enfin, au point où il en était. Prenant peu à peu compte de la situation, soit lui hideux accompagné d’une charmante entité prenant le temps de lui ramener un repas, il essaya de gratter certaines croûtes de ses pattes, en réarrangeant en même temps sa crinière délaissée. Il lisse les poignées de plumes restantes sur ses ailes en attendant le retour d’une effluve du Temps Joli, qui ne tarde pas à réapparaître.

Il entend un corps léger atterrir devant lui, et sent la présence de son amie face à lui. Il l’écoute d’une oreille, son estomac réveillé depuis sa chute le forçant presque à se jeter sur la proie, mais il n’intègre ses mots que lorsque son museau se retrouve collé au sien, dans un geste intime inattendu. Illidan est touché, Illidan est embarrassé, mais Illidan a faim. Et le goût du sang chaud sur le bout de ses babines le rend fou. Passées les quelques secondes de surprise, il se surprend lui-même à lécher avec une avidité fiévreuse les lèvres du Temps Joli, et, se retenant de les lui croquer au dernier moment, il la quitte pour fondre sur son repas et rapidement le déplumer pour manger les quelques chairs qu’il comportait.

Son estomac rétréci par la famine s’en contentera pour le moment, et ça l’arrange bien, il ne veut plus penser à ça désormais.

« Dire que le goût est similaire serait impoli, Joli Temps, » lâche-t’il finalement, « Ton goût est bien plus doux que celui de cet oiseau. »

Ses babines ensanglantées où résident encore quelques plumes qu’il ne sent pas dans son pelage se distordent dans un de ses sourires, ses yeux collés devenant rieurs. Malgré l’odeur du sang imprimée dans sa truffe, il est obnubilé par celle de la louve. Une louve qui mange d’autres loups. A une époque oui, ça l’aurait choqué, sans doute. Aujourd’hui il s’en fout.
Alors il se rapproche d’elle, courbé sur ses pattes qui attendent que l’estomac digère pour arrêter de trembler, et cherche à délicats coups de langue sur son visage des restes du sang de la mouette, voir pourquoi pas, de son sang à elle.
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Dim 30 Sep 2018, 22:19

Cette lune qui brûle, brûle, brûle...

ft. Illidan.

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5 ans.


Tes lèvres se teintent de rouge profond, d'un frais cramoisi. C'est ta façon à toi de te maquiller, Jolitemps, de te faire belle. Mais tu es déjà belle, non ? Tu n'as jamais douté de ce fait, sans pour autant t'y être intéressé : c'est juste quelque chose dont tu es consciente, par ces mâles qui tournent autour de la fleur que tu es, comme ces petites abeilles dont le dard cherche à se planter quelque part, ici ou là.
Le sang a cependant ce don de rehausser le vert, c'est pour ça qu'on enterre les morts sous l'herbe. Tes yeux se plissent puis se ferment pour mieux savourer cette déclaration d'un amour que tu ne soupçonnes pas.

Parce qu'il est différent, ton Oiseau de Ruines.

Différent de tous ces autres mâles, qui ne cherche qu'à soumettre les femelles sous quelques coups de reins sans sentiment justifié, une rencontre d'un jour qui finit en ménage d'une vie. Parce qu'il ne cherche pas a être le plus beau, qu'il préfère ressembler à un cadavre qui se demanderait pourquoi il est encore en vie. C'est pour ça que tu l'aimes...
Tu l'aimes ?
Oui, tu crois. Ou quelque chose qui s'en rapproche car tu ne saurais trop comment décrire ce qu'est l'amour, on ne t'a jamais appris. Mais tu aimerais être l'araignée qui le dévorerait ou la mante religieuse qui glisserait ces lames de pattes autour de sa gorge. Tu aimerais ce don de lui et plus encore. Qu'il soit tien, pour mordre les autres femelles, celles qui sont si inintéressantes, celles qui ne sont pas toi. Si là était la définition de l'amour, alors, tu voudrais bien y croire un peu.
Une profonde émotion née en toi lorsqu'il goutte ton sang. Plus que ça ! Qu'il s'en délecte. Il lèche tes lèvres avec l'avidité de celui qui a trop faim, faim de trop de choses. Tu laisses ton sang combler le vide de son estomac, remplir sa bouche de son goût, faire jouer son palet. Tu espères qu'il se souviendra de ce gout, pour toujours. Alors qu'il prolonge ce plaisir, qu'il le rende délicat et intense !
Tu n'as pas besoin de ces perles de sang qui nimbe le pâle de ton museau, tu veux bien toutes les lui offrir, jusqu'à ce que cesse la plaie de couler.

Au dernier moment, avant qu'il n'engloutisse ta bouche, la sienne fond sur la mouette pour l'avaler alors. Tes yeux se rouvrent, bleu éclatant, perçant les images pour capter le corps qu'il déchire sous ses dents. Les plumes, le sang, viennent salir le ponton, jusqu'à ce que la brise emporte le léger duvet au loin, à l'en faire disparaitre dans les ombres qui s'étendent paresseusement autour de vous, aussi immobiles que vous pouviez l'être en ce moment précis.

« Alors, j'espère que tu ne l'oublieras jamais, et que mon goût te reviendra en bouche au moindre soupçon de mon effluve. Que le sang du Temps soit ta petite madeleine, le tien deviendra mon thé. »

Tu dresses ton minois sous ta langue qui te cherche, lève ton menton pour qu'il vienne chercher ce qui se trouvait en-dessous. C'est une façon de t'offrir à lui, tout comme tu offres ton dos à la lune venue argenter le vert. Il le mérite : l'effort de se lever était déjà grand. Ton sourire dévoile le bout de tes crocs, tu estimes qu'il t'autorises lui aussi à revenir à son sang, laissant ta langue venir chercher les croûtes, sa sève séchée, la crasse amère d'une vie fielleuse.

« Oiseau, mon Oiseau, vif est mon goût pour toi, tu sais ? »

Tu aimais te perdre dans sa folie, tu aimais qu'il se perde dans la tienne. Là était cette heure sans raison.
Toi qui avais songé à le manger, voilà que tu espéras qu'il demeure à l'automne. Car là sont les mois des chrysanthèmes, tu en cueillerais un pour lui, comme un cadeau de deux âmes qui aiment.
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Dim 07 Oct 2018, 12:39

Sa vie chaotique n’avait eu cesse de le faucher au moindre pas en avant qu’il avait tenté de faire, entre les interventions divines et internements insulaires. Son quotidien avait peu à peu perdu la douceur de l’amour et la fraternité originelle de sa meute, le poussant à se retrancher dans une dépression autodestructrice, se créer un quotidien où il serait le maître, où pour une fois il ne serait pas le pauvre aveugle démuni face aux individus normaux. Ce qui avait lamentablement échoué, ceci dit.

Il avait du mal à croire qu’un tel moment de complicité physique puisse le concerner. Il était persuadé d’encore rêver de choses qui n’arriveraient plus, de cauchemarder d’amour, qu’il finirait par se réveiller dans sa grotte insalubre, seul. Mais en même temps il espérait de tout cœur que ça n’en était rien, que l’Effluve était réelle tout comme elle l’était à chaque souvenir qu’ils avaient passé ensemble. Même si ses souvenirs n’étaient qu’illusions des démons, il s’en fichait. Il était seul, si seul qu’il donnerait tout pour fusionner avec sa louve, qu’elle soit un mirage, un esprit malicieux ou une personne un peu perchée, afin de ne plus jamais s’en séparer.

Il l’écoute, et son cœur faible et rongé par ses émotions négatives trouve la force de battre un peu plus fort, un peu plus vite.

« Je ne pourrais pas l’oublier, il est tien et tu es la seule chose dont je veux me souvenir, » murmure t’il.

Il est heureux de lover son museau dans son cou dévoilé, et glisse sa truffe le long de son encolure quand elle revient sur sa propre blessure. Liés par le goût du sang, le goût de l’un l’autre, leur affaire avait presque des allures de pacte.

« Oiseau, mon Oiseau, vif est mon goût pour toi, tu sais ? »

Ça l’achève. D’un mouvement désespéré, il s’appuie tout entier contre elle, n'ayant la force de la renverser, faisant disparaître sa tête entre leurs épaules, cachant sa truffe à l’abri du monde extérieur, de ce qui n’était pas eux. Il se recroqueville, ses membres osseux serrés contre lui, tandis qu’il se noie dans l’odeur de son Temps Joli. Il est fatigué, il voudrait ne plus jamais bouger.

« Je n’ai de goût que lorsque tu es là, » marmonne t’il contre elle.
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MessageSujet: Re: Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan   Mar 09 Oct 2018, 20:15

Cette lune qui brûle, brûle, brûle...

ft. Illidan.

Été 2018.
5 ans.


Tu aurais pu être flatté, du compliment qu'il venait de t'offrir là. Tu aurais pu être touchée en plein cœur, au point de battre un peu plus des cils pour le mâle qui te faisait ainsi la cour. Mais il n'en était rien. Car tu n'étais une femelle ordinaire, Jolitemps : toi, tu préférais jouer derrière le rideau d'une pièce dramatique plutôt que romantique. Point de mièvrerie, point de banales douceurs qui fondent sous la langue et laisse un goût de manque une fois disparue.
Tu aimais l'Oiseau, ta petite ruine, mais il ne laisserait ton cœur vide après son départ, tout comme il ne saurait emplir les ventricules d'un inexistant au fond de ta poitrine. Et c'était bien ainsi, oh !
Profitons juste de l'instant présent, sans importance pour le demain ou le hier, c'est ce que tu te disais. Alors tu souris, à ses mots, tu lui souris de ton sourire d'affamée. Tes mots lui font tout autant d'effet, il en tombe sur toi. Si léger, plus que toi, es ton oiseau : tu as toujours été une louve aux courbes gracieuses, non au ventre creux et aux côtes saillantes, car jamais au grand jamais tu n'avais un jour manqué un repas.
Il cache son nez dans la fourrure plus épaisse de ton encolure, s’enivre de toi alors que tu te laisses aller à profiter de ce moment, celui-là, celui qui te fais relever le nez et fermer les yeux ! Qu'il se perde contre toi, là. Oui, c'est bien, comme ça.
[i]On est bien, tous les deux, juste tous les deux.[i]. Enfin, les trois : n'oublions pas l'araignée, celle qui se cache derrière l'oreille et se fait si discrète, tissant la toile de sa propre notion d'amour.
Tu bouges ta tête, vient poser ta joue contre celle de ta Ruine.

« Alors ne vis que lorsque que je suis là, pour avoir toujours goût en quelque chose. »

Pas en la vie, non. Qu'il ait goût à toi donnait à celui-ci une réalité autre, quelque chose qu'on pouvait toucher, quelque chose dont on se savait possession. Toi, tu le garderais mieux que la vie, tu en étais certaine ! Elle, la vie, abandonnait trop vite le navire à la moindre annonce de la mort, lâche chose qu'elle était. Toi, tu n'étais pas comme elle, tu serais là jusqu'à sa fin et plus encore.
Tes yeux s'entrouvre, iris d'un bleu intense qui brille sous la lune. Tu lui portes le regard d'une mère sur son rejeton difforme, qui l'accepte malgré tout, qui lui trouve une beauté autre supérieure à celle des autres.

« Et dors. Oui, dors. Tu n'iras pas plus loin, je tiens ta tête entre mes pattes. »

Ton épaule se décale, tu le laisses glisser tout contre toi. Tendant ton cou tout en étirant devant toi tes pattes pour te laisser choir sur le sol, tu appliques tes paroles, laissant sa tête retomber sur l'avant de tes pattes. Et tu en décales une, la droite, pour la poser dans sa chevelure blanche, la caressant à ta manière.
Cette nuit, il ne trainerait sa queue dans la chaux vive et ne lèguerait son âme aux démons.
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Cette lune qui brûle, brûle, brûle... ❀ Pv. Illidan
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