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 Ange des Marais [SANGLANT ! - Madeleine]

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SeoSy
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MessageSujet: Ange des Marais [SANGLANT ! - Madeleine]   Jeu 16 Aoû 2018, 14:48



Elle était épuisée. Vinara marchait depuis des heures. Elle cherchait un loup. Elle Le cherchait, Lui et personne d'autres. Elle l'avait revu après leur première rencontre. Elle avait encore joué de ses nerfs ... De son envie de voir des louves. Oui, elle aimait bien joué avec lui. Il était drôle et elle se sentait Louve à ses côtés. Tout en étant libre. La solitaire l'avait revu. Ils avaient comme à leur première rencontre, batifolés pour finir dans un ébat dénudé d'amour. Qu'une pulsion. Une envie partagée. Elle l'aimait bien, l'appréciait mais aujourd'hui, il était le responsable de son calvaire. Cette dernière rencontre s'était soldée par un ventre rond qu'elle traînait depuis ... La chapardeuse était enceinte. A la mauvaise période. La chaleur écrasante la faisait souffrir. Elle était en dénutrition et elle craignait pour la vie de celles qu'elle portait. Elle pleurait pour un rien, même lorsqu'elle trouvait enfin de quoi prendre des forces. Ses hormones étaient à vif, cruelles et impitoyables dans ses changements d'humeur si bien qu'elle avait augmenté sa liste d'ennemi dans les jours de grossesse. Elle avait plus d'ennemis que d'amis. Oh ça avait toujours été le cas mais aujourd'hui, elle avait peur. Elle était faible. Elle avait des enfants dans son ventre. La tuer les tuerait, et son instinct maternel ne pouvait le supporter. Et elle avait tant d'ennemis.
Vinara soupira. Elle était exténuée. Les dernières pluies lui avaient fait du bien, avaient soulagé ses articulations douloureuses. Elle avait aussi bu. Longtemps, très longtemps comme si elle cherchait à faire des réserves pour de sinistres jours à venir. Cette eau réapparante avait aussi ameuté des petits gibiers qu'elle avait tué. Heureusement qu'ils étaient aussi faiblards qu'elle. Si non, elle n'aurait jamais pu les tuer pour les dévorer.

Levant son regard vers le ciel, elle aperçut la lune. Belle, elle était toujours là avant que le sinistre galop des nuages noirs ne surviennent. S'arrêtant un instant, la louve la contempla puis elle reprit sa marche. Les frontières Lazulis étaient les plus gardées, les plus inaccessibles. Si la solitaire était jusqu'à présent restée hors de ce territoire, elle devait maintenant y aller. Celui qu'elle cherchait ne pouvait être que là. Oui Madde devait être parmi son Clan. Saisissant son courage, elle s'engagea dans ces terres, priant les Dieux qu'aucun garde ne la trouve ... Elle n'était pas pieuse mais aujourd'hui, elle avait besoin d'eux. Ils devaient la guider. Les enfants qu'elle portait étaient issus d'un mâle qui était l'un de leur disciple. Cela faisait de ses rejetons des demis pieux. Du moins, Vinara préférait le voir comme cela, croyant sans doute que ça inciterait les déités à la protéger.
La nuit devenait plus fraîche. L'humidité augmentait. La pluie approchait et elle ne l'avait toujours pas trouvé. Elle se retenait d'hurler son nom mais elle sentait déjà ses hormones imaginer les pires scénarii. Elle, seule, accouchant dans l'eau et le sang, perdant ses enfants un à un. Ou alors des Lazulis la trouvant et l'exécutant sans demander la raison de sa présence, sans vouloir daigner jeter un regard à son ventre rond. Puis elle se mit à frissonner. Et si elle trouvait Madde et qu'il la tuait ? Après tout, avoir des enfants avec une solitaire ne devait pas être autorisée ... Cette pensée horrifia la louve. Ce n'était pas impossible. Le crocodile ne ferait qu'une bouchée d'elle s'il désirait l'abattre. Détruire les liens les reliant. Effacer les traces de son comportement quelque peu houleux.

Vinara s'arrêta. Elle avait peur. Son corps était parcouru de spasmes. Non Madde ne ferait pas ça ... Comment pouvait-elle en être sûre ? Au final, ils étaient des étrangers jouant à un jeu qui avait mené à la conception. Il pouvait très bien la tuer. La louve se mit à suffoquer et elle fit quelques pas en arrière. Elle devait se calmer. Ce n'était pas bon pour sa progéniture d'être si anxieuse. Mais elle ne pouvait rien y faire. Ses doutes la rongeaient. Elle commençait déjà à voir le Mal approcher. Des bruits. Partout autour d'elle. Ses yeux vairons ne cessaient de bouger, cherchant une sinistre silhouette lupine. Elle s'était trompée. Venir sur les terres Lazulis était une erreur. Elle devait filer. Fuir. Encore. Elle savait le faire. Elle écouta cet instinct et elle se mit à courir. Mais elle avait déjà oublié par où elle était venue. Elle était perdue dans les Bois de l'Oubli. Ils portaient bien leur nom. La panique devenait plus forte et essoufflée, elle fut obligée de s'arrêter. Elle regarda la clairière qui venait de l’accueillir. Mauvaise idée. Elle se retrouvait à découverte. Elle était une proie facile. Elle fit quelques pas, motivée à franchir cet espace dénudé d'arbres quand une vive douleur l'a prise. Elle retint tant bien que mal un couinement puis elle s'effondra. Ce n'était pas bon. Les contractions commençaient. Du moins reprenaient. La chapardeuse les avait ignorées en pénétrant sur ces terres gardées, elle en payait le prix. Elle tenta de se relever mais n'y parvint pas. Une contraction retentit dans son corps et elle couina pour de bon. Heureusement pour elle, la chute de pluie atténua son cri. Malheureusement pour elle, elle se retrouvait à accoucher sur la pluie.

Vinara se recroquevilla un peu. Elle avait si mal. Si peur. Elle regarda autour d'elle. Si seule. Elle se mit à pleurer à chaudes larmes. Son corps devenait déjà trempé, son pelage s'alourdissait tandis que son ventre se contractait encore et encore. Une humidité chaude la prit entre les cuisses. La perte des eaux commençait, la travail s'intensifiait. Elle jappa et serra les crocs, se mordant une babine. Des perles de sang s'échappèrent de cette blessure tandis qu'une marée écarlate commençait à se former vers son arrière train. Laissant son instinct la guider, elle commença à pousser, se synchronisant peu à peu avec ses contractions. La fatigue devenait si forte. Elle se sentait devenir si faible mais elle rassembla de son énergie pour parvenir à mettre bas ... Elle couina fortement, ses flancs se soulevaient tandis que sa respiration s'accélérait. Jamais la demoiselle n'aurait imaginé cet acte si dur, si émouvant. La douleur lui arrachait cri et pleurs. Elle était aussi effrayée par tout ce sang qui sortait et rampait de ses cuisses jusqu'au sol. La chapardeuse planta ses griffes dans le sol devenant déjà boueux. Elle serra fortement la mâchoire que ses crocs grincèrent. Encore un effort. Un petit. Elle lâcha un hurlement tandis qu'une violente contraction l'a pris. Elle poussa en même temps et elle sentit son ventre se débarrasser d'un fardeau porté pendant ces derniers jours. Vinara se mit à sourire, soudainement heureuse de voir la petite créature nue et rose. Elle l'attrapa et le posa contre son ventre. Un instant, elle pensait avoir fini quand un nouveau spasme l'a pris. Ainsi donc l'enfant n'était pas le seul de la portée ...

La louve gémissait et se remit à pleurer tandis qu'elle patientait en attendant les contractions. Dès qu'il y en avait une, elle poussait. Elle avait compris le travail qu'elle devait effectuer. Au moins, le premier lui avait donné l'astuce. Résistant moins et relâchant davantage ses muscles, la douleur fut moins prenante. Plus "confortable". Elle glapit et avala lentement sa salive. Elle devait de nouveau pousser. Un petit effort. Un seul. Elle était en train de pousser, l'enfant sortait quand un bruit se fit entendre. Des pas. Ils étaient proches. Trop proches. La louve cessa de pousser mais déjà la deuxième créature tombaient d'entre ses cuisses. Elle regardait autour d'elle. Si c'était un ennemi, elle ne pourrait le combattre ... Elle était condamnée avec ses enfants. Vinara montra tout de même les crocs, cherchant à intimider l'inconnu. Cherchant à lui intimer de ne pas approcher. Une mère était toujours la plus dangereuse des adversaires. Même fatiguée.
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MessageSujet: Re: Ange des Marais [SANGLANT ! - Madeleine]   Jeu 16 Aoû 2018, 15:43


    Madeleine

    Ses articulations craquent, son dos semble de plus en plus se creuser. Une silhouette blanche, impossible à louper tant son pelage attire l'œil, comme si chaque poil de son corps hurle « regardez-moi ». Entre les troncs d'arbres décimés et secs, Madeleine est un fantôme. Son pas est lent, lourd et sa lourde queue reptilienne traîne derrière lui comme un sac rempli de ses remords, de ses doutes. Il marche tête baissée, errant telle une âme en peine, à mâcher et remâcher des pensées sombres et stupides. Il pense à sa mère, cette aveugle qui l'a mal sexué et l'a affublé de ce nom horrible. Madeleine. Il le répète, et le prénom féminin rebondit contre ses parois crâniennes. Il aimerait l'oublier, il aimerait pouvoir le reléguer au millième plan de sa conscience. Mais perdre son prénom, c'est trahir sa mère, elle qui avait tant donné. Ses crocs bien trop longs pour sa gueule se dénudent en un sourire amer. Il repense à un jour où il était petit, où il avait eu la bêtise de dire à un de ses congénères du même âge qu'il s'appelait Madeleine. Il avait ri aux éclats, s'était tenu l'estomac, ses yeux s'étaient embués de larme de pitié et de moquerie. Il avait scandé le prénom du croco à tue-tête, le chantant à qui voulait l'entendre que l'Anomalie, le loup dont la mère avait forniqué avec un crocodile avait un prénom de gonzesse. La chance n'existe pas, à ses yeux de cristal. Il était difforme depuis sa tendre enfance, et il avait un prénom de femelle.

    Il grogne et accélère son pas morne. Il grogne contre lui-même, de se sentir aussi faible, d'être autant attaché à une appellation. Est-ce qu'il avait été gêné quand il avait joué et marché dans la combine de la petite solitaire au tatouage ? Non. Vinara l'avait vu, sans toutes ses anomalies, elle avait vu le réel Madde, le mâle fier et solide qu'il était. Il devait s'y tenir. Il avait ressenti tout ce qui faisait de lui un mâle auprès d'elle. Il ne l'avait revu qu'à quelques occasions, leurs jeux surplombant tout le reste, et il s'en contentait. Il l'aime bien, cette petite voleuse, son regard espiègle et arrogant, sa tendance à voler tout ce que vous avez même si vous êtes nus comme un ver. Alors qu'il marche sur des épines de pins desséchées, ses griffes raclent le sol, et il sent une douleur bien trop familière s'immiscer entre ses coussinets, remonter le long de ses larges pattes pour chatouiller sa moelle épinière. Il frissonne et sert les crocs. Ses babines meurtries et sèches lui font mal, ses pattes arquées lui donnent une mauvaise posture, sa queue trop lourde a affaissé son bassin. Il passe au-dessus d'une flaque d'eau et se regarde un instant. Pâle, ses yeux translucides reflètent l'eau qui, elle, reflète le ciel gris d'orage. Il est transparent. Voilà ce qu'il est. Il était invisible aux yeux de sa mère, il est devenu transparent pour les autres. Pauvre petite Madeleine, avaient murmuré les crocodiles, que va-t-elle faire sans sa maman ? Il gronde plus fort et donne un violent coup de patte dans l'eau boueuse. Les poils blancs de sa patte deviennent marrons et poisseux. Il grogne et s'arrête un instant, observant son reflet difforme dans l'eau secouée. Il ne ressemble à rien, il ne ressemble à personne, et pourtant, il est comme tout le monde. Il soupire, et espère tomber sur Vinara. Elle seule lui retire ses pensées sombres, elle est son échappée personnelle, son accès à un monde où l'apparence n'existe pas, là où les autres voient des difformités, elle a vu des atouts. Il faudrait qu'il la trouve, il ne l'a pas vu depuis trop longtemps. Il veut sentir son odeur de solitaire, goûter à ce plaisir interdit. Voir sa Esmeralda quand il est sonneur de cloches.

    Un bruit étrange le sort de sa torpeur. Il relève la tête et une discrète larme se faufile entre les poils de ses joues. On dirait quelqu'un qui vomit. Il se met à marcher vers la source du bruit, et dans les Bois, il n'y a aucun endroit où se cacher. Il s'attend à tomber sur un loup complètement ivre, mais au plus il se rapproche, au plus la silhouette blottie par contre lui est familière. Madde avance plus vite, le cœur battant à tout rompre. C'est elle, il le sait, il le sent. Mais une odeur lui fait retrousser les babines. Une odeur de sang, de liquide âcre et qui prend la truffe jusqu'aux poumons. Elle ne vomit pas, enfin, pas de la gueule. Il arrive et il a la confirmation que c'est elle quand elle grogne et montre les crocs. Il s'approche et montre patte blanche.

    « C'est moi, Vinara, c'est Madde »

    Elle a l'air mal en point, son poil est moite, emprunt de sueurs. Il s'approche encore, se méfiant quand même de sa gueule meurtrière. Si l'envie lui prenait, elle pourrait enfoncer ses crocs dans sa chaire. Si elle était devenue folle ? Cela expliquerait la lueur au fond de ses yeux. Il lui tourne autour et stoppe quand il voit la mare de sang entre ses pattes arrières. Il reste planté là, le regard vissé sur les petites créatures qui gisent sur le sol, gigotant avec une lenteur qui lui rappelle la sienne. Un instant, il est attendri. Mais son cœur manque un battement quand sa vision devient moins flou. L'un des deux paquets sanglants est blanc, comme lui, il a une toute petite mais déjà longue queue de crocodile qui traîne derrière lui, comme lui, et surtout, surtout, ses pattes sont tordues. On dirait qu'elles sont cassées, que les petits os à peine consolidés sont déjà complètement vrillés. Il regarde Vinara, partagé entre l'envie de lui hurler dessus de lui avoir caché cette grossesse et entre le désir de se blottir contre elle et de regarder cette petite famille, sa famille. Les yeux grands ouverts, la gueule légèrement béante, il passe lentement son regard de la femelle qu'il a monté aux petites conséquences qui se massent autour des tétines dressées de leur mère. Il est responsable de tout ça, et alors un poids inconnu se pose sur son cœur. Il est Papa. Il se mord la langue et joue avec son piercing au liquide divin. Non, non. Il ne peut pas, il est trop jeune. Madeleine songe un instant à Morrow et Anastasia. Que diraient-elles s'il ramenait une solitaire et deux petits ? Pourrait-il se pointer comme une fleur en disant « hey au fait, j'ai trouvé ça dans les Bois, c'est à moi, ils peuvent rester ? ». Il se fige, toujours incrédule, ne sachant que faire. Il regarde les petits, et une partie de lui gigote, essaie de murmurer à son cerveau qu'ils sont mignons, qu'ils pourraient devenir de véritables petits anges, qu'il pourrait devenir maître-pécheur pour ces deux petits crocodiles. L'autre boule de poils a une queue, elle aussi, mais plus petite, plus courte. Et elle a l'air d'être normale. Non. Non, il ne permettra pas qu'un petit vive sa vie, il ne veut pour rien au monde infliger ça à un être innocent. Les articulations qui grincent ? La douleur qui lui fait serrer les crocs à chaque effort ? Cette sensation d'être une anomalie ? Et d'un coup, une idée se fraie un chemin au milieu de ses pensées. Il se voit en lui, en cette petite bestiole geignant de bonheur de boire le lait maternel. Il ne permettra jamais qu'un autre Madeleine voit le jour et partage cette peine infâme. De multitudes de voix se répandent en lui. Il ne mérite pas de vivre, il ne mérite pas de se reproduire. Il pourrait transmettre cette tare d'albinisme. Et la preuve est là, petite et aux yeux mi-clos, le poil collé, l'odeur utérine sur son corps.

    Il recule, et regarde Vinara. Il cherche quelque chose dans ses yeux qu'il ne trouve pas. Et la brume s'installe en lui. Il rugit de rage, de douleur et des larmes voilent son regard. D'un geste rapide et précis, il attrape la petite boule de poils blanche entre ses crocs. Il s'écarte pour éviter que Vinara ne lui reprenne. Son crâne si frêle entre ses crocs. Son petit cœur qui bat si vite. Cette petite queue de crocodile qui traîne dans l'air. Non, non, non, non. Il ne le supporte pas. Dans un râle bestial, il sert les mâchoires et un crac distinct résonne dans sa tête. Une sensation de chaleur s'empare de lui, tandis que le sang coule dans sa gueule. Le petit gigote puis s'immobilise et c'est un poids mort qu'il a dans la gueule. Des larmes coulent le long de ses joues, des larmes de haine. De haine pour lui-même. Il n'ose pas croiser le regard de Vinara. Il ose à peine respirer. Son cœur bat vite, il devient peu à peu transparent, et essoufflé, il finit par lâcher le petit cadavre sur le sol. Il avale sa salive et le goût du sang de son fils lui trouble la vision. Il vient de tuer son fils. La chaire de sa chaire. Son petit, la photocopie même de lui-même. Il se recule et observe la masse blanche à la tête manquante. Il se sait plus où se mettre, et d'un coup, un bruit assourdissant lui prend les tympans. Il ferme les yeux pour sortir de ce rêve, conscient de l'horreur qu'il vient de provoquer. Il ne songe qu'à fuir, loin de toute cette irréalité, loin de ce cadavre sanglant à peine né. Loin de cette autre petite boule de poils, loin de la louve qui l'apaise tant.
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MessageSujet: Re: Ange des Marais [SANGLANT ! - Madeleine]   Ven 17 Aoû 2018, 04:32


Il était là. Son odeur se répandait autour de la louve qui continua de montrer les crocs. Elle avait peur. Peur pour sa progéniture. Ses yeux se fixèrent sur la silhouette blanche, carnassière. Le crocodile arrivait, sa démarche reconnaissable entre toutes. Vinara en avait vu des loups croisés avec ce mammifère dangereux, mais celui-ci était le seul à porter autant les tares de ce prédateur aquatique. Il s'avançait, lentement. Il la regardait comme personne ne l'avait jamais regardée. Sans dégoût. Sans haine. Il la voyait comme elle était et elle comme il était. Qu'importe les anomalies, qu'importe leurs caractères, ils se regardaient comme si la normalité les habillait. Mais aujourd'hui, c'était différent. La solitaire n'arrivait pas à calmer son instinct protecteur. Ses crocs demeuraient visible, la pluie n'arrivait pas à couvrir ses sinistres grognements. Elle devait protéger ses enfants. De tous. Y comprit de Madde. Il était un prédateur parmi tant d'autres. Ne le quittant pas du regard, elle le suivit tourner autour d'elle. Mauvaise idée. Une tactique purement prédatrice. Il allait les tuer. Ses grognements redoublèrent puis elle se calma légèrement. De nombreuses expressions passèrent sur le visage du loup crocodile. Il ne la regardait plus. Son attention était ailleurs. Sur ses petits. La louve laissa glisser son regard sur ses enfants. Oh elle ne pouvait plus cacher les liens les reliant au Lazulis. Aucun doute, ils ne pouvaient guère être les enfants de Grimm. Non, la malédiction de Madde avait touché les petits. L'une des créatures roses ne portait qu'une petite queue tandis que l'autre était un être semblable au père. Informe. Mais Vinara restait aveugle face à cela. Ses enfants ... Leurs enfants étaient si adorables. Elle cessa tout grognement, souriant d'attendrissement devant les enfants qui s'agitaient contre elle, tentant d'attraper ses mamelles.

Il la regardait de nouveau. Elle y vit sa désapprobation. Elle lui avait caché une grossesse. Elle lui avait caché qu'il allait devenir père. Il n'avait pu l'accompagner dans les étapes où son ventre grossissait encore et encore. Oh la louve le regrettait aussi mais elle avait toujours été fière et devoir demander l'aide d'un clanique même dans cette épreuve, lui était impossible. Elle avait cherché Madde pour l'accouchement ... Elle voulait vivre cet instant avec le père. Connaître le bonheur d'une famille. Après tout, la demoiselle n'avait jamais connu cela. Abandonnée très jeune, elle avait été adoptée par une louve solitaire qui lui avait tant appris mais elle s'était toujours sentie vide. A quoi pouvait ressembler ses parents ? Avait-elle de la famille dans les clans ? Des frères, des soeurs ? Tant de questions mais aujourd'hui, elle pouvait offrir tout cela à ses petits. Il suffisait de convaincre le crocodile de la rejoindre. Il pouvait retrouver la Liberté. Il pourrait tout leur apprendre. La chasse, la pêche tandis qu'elle leur offrirait le goût d'une vie libre et sans retenue, ainsi que le plaisir de voler. Ils formeraient une adorable famille, une famille arborant des tares mais qu'importe, ils seraient réunis. Tous ensemble. Cette pensée faisait sourire la pauvre mère qui ne s'attendait pas aux événements futurs. Elle imaginait déjà leur vie pleine de rebondissements. D'amour. Mais ses rêves allaient se briser.

Trop concentrée sur ses songes familiales, sa vigilance diminua si bien qu'elle ne réagit que trop tard lorsqu'un éclair blanc fondit sur sa progéniture. Elle sursauta, grogna et alors elle vit l'impensable. Madde tenait dans son immense gueule carnassière le louveteau qui possédait toutes ses tares. Le digne fils à son père. Il le tenait mal. Vinara allait l'engueuler lorsque le loup hurla de rage. Il pleurait tandis que son étreinte se refermait. Le visage de la louve devint horrifié et elle se mit à pleurer lorsqu'un petit crac se fit entendre. La boule rose qui gigotait se mit soudainement à pendouiller. La Vie l'avait quitté. Le sang coulait à flot. Il l'avait tué. La louve se releva, chancelante. Elle fixait son fils. Il était mort. Il l'avait tué ... Son regard se posa sur le mâle blanc. Elle voulait hurler. Elle voulait l'abattre, lui infliger milles tourments pour cet acte. Elle s'approcha du cadavre. Elle le toucha du bout de la truffe, l'agitant comme si elle cherchait à ce qu'il bouge, lui réponde. Son esprit lui jouait des tours, l'empêchant de voir l'horreur et la tête manquante du petit. La femelle glapissait, grattait le sol. Elle pria les Dieux qu'ils fassent bouger la petite masse mais rien à y faire, son fils ne répondait pas. Il était inerte. Mort.

« Qu'as-tu ... Fait ... ?

Son regard était chamboulé, noyé de larmes. Elle fixait le mâle blanc, cherchant des explications. Non. Elle n'en voulait pas. Il avait osé tuer son fils ! Son poils trempé se redressa sous une haine sans pareille. Elle montra les crocs et même si le crocodile devenait transparent, le sang de son fils le trahissait. Elle hurla de haine et de chagrin. Elle sauta sur le loup, plantant ses griffes dans sa chair. Elle grognait encore et encore, pleurant sans fin. Elle désirait lui faire payer. Elle désirait le tuer. Lui, ce traître, ce tueur d'enfant. Il ne méritait pas la vie. Il ne méritait pas d'être père. Elle déversa sa haine dans ses coups, aussi bien celle qu'elle éprouvait contre lui comme contre elle. Vinara lui avait fait confiance. Elle avait porté ses enfants. Elle les avait mis au monde et lui, il les tuait ... Il le tuait. Soudain, son instinct maternel la fit se reculer. Elle ne voyait pas les blessures infligées au loup carnassier et caméléon. Elle lança un regard à sa fille. Elle gigotait, plus loin. Et si Madde allait la tuer ? Il n'en était pas question.

Vinara récupéra l'enfant mort qu'elle bloqua parmi ses accessoires. Elle ne pouvait l'abandonner. Même mort, il restait son enfant. La chair de sa chair. Elle attrapa délicatement la survivante et elle partit aussi vite qu'elle le pouvait. Sa course était rapide. Elle devait fuir. Elle devait protéger la dernière de sa progéniture. Le loup n'aurait jamais pu la suivre avec ses membres courbés mais cela, son esprit le cachait, poussant simplement le corps meurtri et faible de la louve ailleurs. Elle ignorait les chemins à prendre dans les Bois de l'Oubli. Elle ignorait où elle devait aller. Mais elle devait courir. Fuir. Lorsqu'elle quitta enfin les terres Lazulis, elle ralentit le pas, s'arrêtant. Elle déposa la petite et elle regarda son enfant défunt. Ses larmes reprirent de plus belles. Elle le serra contre elle, se recouvrant des restes de son sang. Et elle hurla. Tout son chagrin passa dans cet unique cri. Elle hurlait à la mort de son fils, à la trahison de ce père. Elle hurlait contre les Dieux qui avaient laissé faire cela. Etait-ce une punition ?! Elle ne le savait guère mais elle pleurait encore et encore, maudissant cet être crocodile. Une vermine. Elle se promit de la haïr pour l'éternité et de venger son enfant. La louve se remit en route, errant avec ses enfants, l'un mort l'un vivant ...
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