Un monde peuplé de loups extravagants aux pouvoirs surnaturels !
 

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 Solitude griffue | Libre

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Altaïr
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MessageSujet: Solitude griffue | Libre   Dim 21 Oct 2018, 07:35

Défi Rp:
 


La nuit étendait encore son sombre manteau sur les terres de Punk-Wolf. Pourtant les premiers signes de l’aube se dessinaient à l’Est. Des volutes de ciel d’un gris plus clair, d’un rose timide ou d’un orangé tachaient le noir céleste, masquaient les étoiles et leur dame lune. Il régnait une fraîcheur agréable sur la plage, le sable encore chargé de l’humidité de la nuit était froid aux coussinets, les embruns déjà chargés de sels allaient et venaient au rythme paresseux des vagues. Avec la fin de la sécheresse, les éléments avaient peu à peu reprise leur attitude ordinaire. Plus de vent glacial au cœur de la nuit, de vagues terribles sur la mer de soleil de plomb à toute heure de la journée. Le continent usé par ces lunes sans eau mettrait quelques temps à redevenir lui-même, mais il finirait par paraître tel qu’il était avant tout cela. Comme si rien d’aussi terrible ne s’y était passé.
C’était sans doute trop espérer qu’il en soit de même pour Roy.

L’Herboriste de neige s’était isolé ce matin-là. Il avait quitté sa tanière dans la nuit, avait louvoyé entre les lieux où ses comparses patrouillaient, pris bien soin de ne croiser personne. Il n’y avait personne qu’il ait envie de croiser. Aucun regard, aucune figure aussi familière soit-elle, aucune silhouette bien connue. Il désirait simplement être seul, seul avec lui-même, maintenant qu’il ne lui restait plus grand-chose d’autre.
Sa compagne était morte.
La bataille contre le cerf avait achevé ses dernières forces, voilà ce qui resterait dans l’histoire. Elle serait à jamais la fière guerrière d’antan, et tous se souviendraient d’elle avec cette glorieuse image. Lui seul était conscient de la lente déchéance qui avait été la sienne, de ces lunes interminables durant lesquelles il avait essayé de lui redonner le goût de vivre. Rongée par l’inquiétude de ne pas voir revenir leur fils Irwell et par une mélancolie terrible qui la happait tel de redoutables sables mouvants, elle s’était effacée peu à peu. Elle avait perdu sa hargne, elle avait perdu l’éclat dans ses yeux azurés. Elle était partie bien avant ce funeste jour, aussi douloureux fusse-t-il de l’admettre. Un nouvel échec dans la longue file que dessinait l’existence du loup blanc. Une douleur terrible qui avait écartelé son cœur derrière cette armure qui le protégeait. Il se rappelait la peine terrible qu’il avait ressenti lorsqu’il avait perdu Maisie. Cette peine qui l’habitait ce matin-là était plus grande encore, plus acide et engourdissante. Son esprit n’était plus qu’un immense désert poussiéreux, sec des larmes qui avaient été versées.
Et plus que tout, il se sentait atrocement seul.

Il savait qu’il lui faudrait revenir au Gouffre aux Faucons pour y remplir son office une fois le soleil levé. Pour guérir les blessés qui souffraient encore, pour soutenir sa fille Bree maintenant qu’ils n’étaient plus que deux dans leur petite famille, pour essuyer les regards désolés de ceux qui, petit à petit, seraient au courant de ce qui était arrivé. Mais pas tout de suite. Pour le moment la nuit régnait, au-dehors comme en lui, et c’était très bien ainsi. La plage l’accueillait sans regard accusateur ou empli de pitié, sans jugement aucun, simplement en lui offrant son calme et l’oasis de solitude dont il avait besoin. Il marcha longuement sur le sable, puis finit par s’y asseoir. Le dos courbé, les paupières closes, le museau incliné vers le sol et les vagues qui venaient caresser ses griffes, il laissa toute sa peine l’envahir. Aucune larme ne coulait de ses yeux de glace. Elles étaient déjà tombées un peu plus tôt. Mais il laissa cette tristesse horrible l’étreindre, serrer sa gorge et son poitrail, couper sa voix, secouer ses épaules de sanglots silencieux. Il laissa cette vague trop contenue déferler, une vague de peine, de honte, de regrets, de tant de choses empoisonnées qui n’auraient jamais droit à des mots.

Ses paupières se serrèrent un peu plus et, après un instant qui lui parut une éternité, ses muscles se détendirent enfin. Un léger tremblement agitait son museau lorsqu’il ouvrit les yeux et releva la tête vers l’horizon. La pensée qu’il ne serait jamais prêt à affronter le monde sans elle passa dans son esprit, s’y ancra, fit renaître cette douleur. Roy n’avait jamais été sans cœur. Il l’avait toujours protégé, minutieusement et sans laisser la moindre faille. Avec la mort de Maisie, il avait jeté la clé à la mer sans se retourner. Puis les années étaient passées, doucement. Les blessures s’étaient faites cicatrices qui le défiguraient à l’intérieur, mais avec lesquelles il pouvait continuer à vivre. Une vie dangereuse, une vie qui n’avait pas de sens. Jusqu’à ce qu’une louve blanche et noire ne retrouve cette clé. Devant lui, des nuages portés par le vent se rassemblaient doucement dans le ciel, tachant les couleurs de l’aurore de masques gris. Il songea que ce gris était celui du pelage d’Heever, perdue sur son île loin par-delà la mer. Comme Hikotsu, elle avait constitué l’un des piliers de son existence, d’une manière bien différente. La construction qu’il était avait de bien fragiles piliers sous son apparence inébranlable. Et le temps les faisait disparaître un par un.
Celui qui venait de tomber serait peut-être celui de son effondrement.

Il laissa échapper un soupir. Et se prit à espérer qu’elle n’était pas seule là-haut. Depuis l’apparition de Maisie, un secret qu’il avait soigneusement gardé au fond de lui, il était persuadé que quelque-part demeuraient ceux que les dieux avaient rappelés. Même si ça n’avait été qu’une hallucination, elle lui avait apporté tant de foi et de chaleur. Il avait cru qu’il pouvait redresser le cours de son existence. Temporairement, il était allé bien mieux. Et sa jumelle lui avait parlé de ses parents, qui étaient avec elle désormais. Qui avait Hikostu pour veiller sur elle, là-haut ? Il se sentit bien égoïste à songer qu’elle avait tant besoin de lui, qu’il était autant pour elle que ce qu’elle avait représenté pour lui. C’était presque réconfortant, comme pensée, pourtant. Mais il n’était plus un louveteau, bien loin de là. Les années qui s’étaient succédées pour lui avaient un goût amer maintenant qu’il regardait en arrière. En vérité, il avait eu cette impression chaque fois qu’en de terribles moments il avait regardé par-dessus son épaule et contemplé le chemin parcouru.

A chaque fois il avait été seul pour le contempler. Une autre constatation, un autre coup de griffe à l’intérieur. C’était sans doute un peu de sa faute. A demeurer distant, impliqué dans sa profession plus que dans tout le reste, quelle qu’elle soit, il ne s’était pas fait nombre d’amis. Et le temps qui passait lui arrachait doucement ce qui lui restait. Il songea à son frère Volstein. Il faudrait qu’il lui rendre visite maintenant que les choses s’étaient apaisées. Qu’il lui présente sa fille Bree, qu’ils parlent de Spleen aussi. Toute les deux ressemblaient tant à leurs mères à ses yeux que leur vision allait lui être douloureuse, légèrement, très bientôt. Et Irwell qui ne revenait pas, et à qui il faudrait annoncer la nouvelle à son retour…

Peut-être son fils avait-il eu raison de quitter le continent. Il avait peut-être vécu une vie palpitante, une vie de réussites en s’éloignant de l’aura maudite qui entourait le loup blanc. Car au fond, il devait bien se l’admettre : aucun des loups entrés dans sa vie n’en était ressorti heureux. Il y avait eu Maisie, bien-sûr, et l’escarmouche avec Reno qui avait brisé quelque-chose entre eux. Il y avait eu Tatsu, qui avait fini par s’en aller sans mot dire avec son fils, creusant un trou dans les espoirs du blanc. Il y avait eu Heever, et son intervention dans l’histoire de la grise avait brisé son amour naissant pour Volstein et lui avait fait élever seule une fille bâtarde. Et il y avait eu Hikotsu.
Le souvenir de leur rencontre s’imposa à son esprit, alors que ses yeux s’attachaient aux nuages qui continuaient d’œuvrer à masquer le ciel de l’aube. Everbloom faisait rage alors, et il l’avait croisée, perdue, dans les montagnes. Il ignorait d’où elle venait et ce qu’elle faisait là, mais il l’avait ramenée avec lui. A partir de cet instant, elle n’avait jamais cessé d’être là. Jusqu’au jour où il avait enfin ouvert les yeux et compris qu’il avait besoin qu’elle soit là non pas car lui était Alpha et qu’elle était une guerrière de renom, mais parce que tout son être avait besoin d’elle, aussi peu expressif qu’il soit. Et sa vie s’était stabilisée, avant que l’arrivée de Spleen ne secoue de nouveau tout et ne le replonge dans cette aura de malheur. Et finalement, la louve blanche était morte de chagrin, morte de lassitude, morte d’un mal qu’il avait été incapable de guérir alors que paradoxalement, c’était de lui seul que l’on pouvait attendre cela.

Il savait qu’il devait se rappeler les bons souvenirs, les rires complices que la blanche était parvenue à lui arracher lorsqu’ils étaient ensemble, les patrouilles, les discussions, la venue au monde de leurs deux enfants. Mais une part de lui n’avait pas encore envie de repenser à cela. Pas envie de mettre par-dessus ces images une couche de nostalgie, d’accepter de les ranger dans une boite avec soin, aux côtés de toutes les choses qui n’arriveraient plus jamais. L’aube se chargerait de commencer à panser les plaies, de mettre en filigrane ces moments inoubliables. Mais dans le cœur de la nuit, il n’était pas encore au lendemain. Pas vraiment. Elle n’était pas encore morte hier, elle était encore là aujourd’hui. Il ne restait qu’une poignée d’instant avant de devoir revenir à la réalité, et il ne voulait pas les laisser filer.
Il garda le silence jusqu’au bout. Parler n’avait jamais été son fort, et sans doute pouvait-elle lire dans son esprit maintenant qu’elle se trouvait ailleurs, partout, partout mais pas avec lui.

Un mouvement dans le coin de son champ de vision attira son attention et il tourna sèchement la tête. Mais ce n’était qu’un grand oiseau blanc qui s’était posé sur le sable. Son regard noir et curieux se posa sur le loup alors qu’il lissait le plumage de son dos. Puis il s’envola de nouveau, emporté par l’élan de ses congénères qui passaient non loin. La petite troupe s’effaça au-dessus de la mer, sans doute en directiont de l’île des damnés. Roy les regarda s’éloigner et inspira profondément, emplissant ses poumons de l’air salé du matin. La mer refluait lentement, et les vagues n’atteignaient plus ses pattes désormais. Derrière les lourds nuages, un rayon de soleil perça. Faible derrière les écharpes grises, l’aube se montra tout de même à lui. Comme pour lui envoyer un signe, comme pour lui dire qu’il était temps. Il s’était réfugié dans ce temple de solitude et de calme assez longtemps. Il était temps de rebrousser chemin, de retrouver les regards et les silhouettes qu’il connaissait, cette tanière où il serait désormais seul, cette fille dont il serait le seul parent.

Il avait remarqué plusieurs fois, lorsque Bree rentrait de ses expéditions solitaires pour regarnir les maigres réserves des guérisseurs, une odeur salée sur son pelage. Il s’était demandé si elle aimait venir contempler la mer elle aussi. Il était également temps de briser quelques silences. La journée qui venait s’annonçait chargée, mais il aurait tout loisir de réfléchir en travaillant. De nouveau se formaient dans son esprit de hautes barricades, qui s’étaient effondrées l’espace d’une nuit pour laisser s’échapper tout son chagrin. Oh, le chagrin demeurait bien-sûr. Il était là, à l’abri derrière les hautes murailles. Il ne restait plus qu’à espérer qu’il n’en ressorte pas.

Le loup blanc s’accorda encore un instant, assis et immobile, face à la mer tel une statue de sel. Les premières gouttes de l’averse, de grosses gouttes de pluie qui s’écrasaient violemment sur le sable, marquèrent de gris son pelage blanc. Ce fut pour lui comme un signal. Il se redressa et fit volte-face. Puis il reprit la direction du camp lazuli à pas mesurés.

Alors qu’il cheminait, sa longue chevelure plaquée contre son cou et ses épaules sous la pluie battante, ses pensées dérivèrent doucement vers une question à laquelle il savait pourtant qu’il n’aurait jamais de réponse. Quel sens avait son existence ? Quel était le plan des dieux en le jetant sur le grand plateau du destin pour n’y semer que malchances et malheurs. Il se souvint avoir déjà entendu un camarade – sans parvenir à resituer de qui il s’agissait tant le souvenir était vieux – dire qu’il n’aimait pas les loups blancs, car ils portaient malheur. Était-ce cela le but de son destin ? Apporter dans l’équilibre du grand tout une bonne dose de malheur à tous ceux qui le côtoyaient, afin que leur vie ne soit pas une promenade dans une prairie fleurie au milieu de papillons et près de leur âme sœur ? Il était entrain de se dire que la question se posait très sérieusement lorsqu’un cri interrompit le cours de ses réflexions.

Il s’immobilisa, aux aguets, et dressa les oreilles. Le clapotement autour de lui parasitait la plupart des bruits alentours, mais n’aurait certainement pas pu imiter ce qu’il venait d’entendre. C’était une sorte de glapissement hargneux, qui ne lui inspirait aucune confiance. Cependant, il y avait une petite chance que ce bruit provienne de l’un de ses congénères qui se serait blessé, aussi le blanc prit-il le temps d’investiguer rapidement avant de prendre ses pattes à son cou. L’odeur lourde qui montait de la terre humide masquait la plupart des autres effluves, et il n’eut pas d’autre choix que d’avancer vers l’endroit d’où lui avait semblé parvenir le cri. Les muscles tendus, le regard papillonnant d’un bosquet à l’autre, il finit par distinguer soudain une forme à travers les hautes herbes.
Une forme, et un regard jaune fiché sur lui.

Le blanc obliqua sa trajectoire et ralentit l’allure une fois sur une sorte de petite butte dans les grandes plaines. Et ce qu’il vit lui déplut fortement. Il aurait mieux fait de faire confiance à son instinct et de ne pas aller chercher plus loin que cet étrange vagissement dans la végétation. Maintenant, il distinguait clairement la silhouette d’un grand félin, certainement un puma ou quelque-chose du même acabit. Grand était justement un bien grand mot puisque la bête était maigre et famélique. Rassemblée sur elle-même, la queue battante et le regard vissé sur lui, elle avait visiblement décidé que ce loup au pelage de neige ferait un parfait déjeuner. Son poil rendu foncé par les gouttes qui tombaient dru la faisaient se fondre dans le paysage presque à la perfection, ne laissant que ces deux prunelles allumées et avides.

Durant un instant, les deux prédateurs se jaugèrent sans bouger, or et glace, félin et canin. Le ciel sombre jetait des ombres diffuses qui assombrissaient leurs orbites, l’eau fonçait leur pelage, noircissait leurs pattes d’éclaboussures de boue. Roy eut la pensée complètement absurde que la situation s’arrêterait ici. Ils se regarderaient, puis chacun repartirait sur son territoire sans rien ajouter. Mais les pensées du félin avaient visiblement été rendues bien plus simples par le dur coup qu’avait été la sècheresse. Il avait en face de lui une potentielle proie, il la chasserait pour s’en nourrir. Point final.
Le loup blanc était encore immobile lorsque la silhouette jaillit des buissons avec un feulement parfaitement distinct cette fois-ci.

Par une sorte de miracle d’agilité mêlé à du réflexe et une bonne dose de chance, Roy esquiva l’attaque d’un brusque dérapage sur la droite. Et sans plus attendre, il banda ses muscles et s’élança en avant, avec la ferme intention de quitter cet endroit et son dérangeant habitant au plus vite. A la première foulée, il réalisa combien la tâche allait être ardue. La pluie ardente avait rendu le sol glissant au possible, et la moindre esquive pouvait se finir en une chute sous de fatales griffes. Le pelage teinté de brun, il baissa la tête et força l’allure. Il entendait derrière lui les mouvements à peine audibles de celui qui l’avait pris en chasse, entendant son souffle qui haletait sous une fatigue trop précoce que tous avaient connu. La sécheresse avait affaibli tous les organismes, même les plus puissants. Peut-être cela permettrait-il au blanc de se sortir de cette mauvaise passe. Le museau crispé, il continua à courir en ligne droite en direction de l’intérieur du continent.

Plus loin, une roche émergeait de la terre et des hautes herbes, droit sur sa trajectoire. En d’autres circonstances, il n’aurait pas hésité une seconde et l’aurait simplement franchi d’un bond. Mais chacun de ses pas lui rappelait combien était instable le sol sur lequel il se trouvait, et un dérapage à l’abord le piégerait face au félin et dos au rocher. Toutefois il y avait ce maudit rocher sur son chemin, et il allait falloir l’éviter.

Le blanc plissa ls yeux et accéléra encore. Il sentait son souffle se raccourcir, ses foulées se faire plus difficiles sur ce sol collant, sous cette pluie battante qui ruisselait sur son museau et brouillait sa vision. Il se mit à décompter mentalement le temps qu’il lui restait avant d’atteindre le rocher. Sept foulées. Il eut l’impression de sentit sur ses pattes arrière le souffle chaud du puma, mais s’efforça de ne pas y prêter attention. Six foulées. Cinq. Il bondit en avant. Quatre. Trois.
Deux. Il fit une brusque embardée sur la gauche. Sans surprise, ses pattes glissèrent sur le sol et il pivota presque entièrement sur lui-même. Le fauve était plus loin qu’il ne le pensait, et ça c’était une bonne chose. Il se rassembla sur lui-même et prit appui sur le rocher qui arrivait derrière lui pour se propulser dans le sens inverse de cette poursuite infernale. Il rentra la tête dans ses épaules et percuta de toute sa masse le front du puma.

Les deux silhouettes roulèrent dans la boue, et Roy se redressa aussitôt, un peu sonné. Mais moins que son poursuivant. Sans demander son reste, le guérisseur de neige fila à nouveau, seul cette fois-ci dans l’immensité de la plaine.

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MessageSujet: Re: Solitude griffue | Libre   Dim 21 Oct 2018, 09:37

La terre lui était maintenant interdite, l'Océan la punirait si jamais elle tentait de s'échapper ou alors la rappellerait à l'ordre, elle n'avait pas encore cinq ans. Safran haïssait le continent, elle haïssait ses paysage, sa forme brumeuse qu'elle voyait au lointain, elle détestait ses habitants, ça lui évitait d'avoir à tout regretter une fois les crocs de la malédiction définitivement refermés sur elle. Pourtant en ce début de soirée, elle la regardait, cette terre interdite, pousser de cette folle envie de la fouler une dernière fois, de traverser encore ce bras de mer et d'essayer enfin de rapporter la magie tant espérer qui sauverait l'âme d'Illidan. Que risquait-elle vraiment ? De finir défigurée probablement, comme l'était la partie du visage que son père cachait sous des mèches noires.
Et pourtant, malgré la menace, elle traversa encore une fois les vagues pour atteindre cette plage qui était plus douce et plus colorées que les leurs, s'enfuyant dans les taillis. Elle ne sentait qu'un léger picotement lui remonter dans ses pattes, c'était supportable. Elle n'avait même pas atteint les six mois de sa quatrième année, l'Océan était peut-être encore clément à cet âge.

Mais ça n'avait été qu'au début. La louve au pelage ocre courait à en perdre haleine sur une immense étendue vide, brillant d'une étrange lueur ça et là sur des points précis de son corps comme un charbon qu'on ravivait, des tâches de feu qui ne s'éteignaient pas malgré la pluie intense qui s'abattait sur le monde, alourdissant son épaisse tignasse et la sol. Ses pattes s'écrasaient dans la boue, laissant des traces improbables à cause de ses doigts avants beaucoup trop longs et qui rendaient la course difficile. Sur son pelage, sa peau s'effritait, brûlant dans ce début de magie qui la rongeait. L'Océan lui accordait un peu de répit mais pas plus de quelques heures, maintenant il désirait qu'elle rentre rapidement, même si elle n'avait dans sa gueule que le résultat d'un nouvel échec, un liquide qui avait perdu sa couleur à la sortie de son domaine.

Safran avait tenté de voler les dieux encore une fois mais avait été surprise par deux silhouette canines qui s'approchaient, un petit moment de stress qui avait déclenché sa combustion également. Elle s'était enfui avec un fond qui s'était éteint rapidement, la laissant bredouille avec une autre pensée beaucoup plus urgente : rejoindre la mer, l'île, pour calmer sa malédiction, pour éteindre le feu. Elle ne s'occupait pas des bruit ni du monde autour, son point de côté lui faisait moins mal que la brûlure alors elle ne ralentit pas non plus. Grave erreur, une forme blanche se découpa dans le torrent tombé du ciel et ses pattes ne freinèrent pas vraiment sur le sol humide et boueux, la pirate percuta ce fantôme qui n'en était pas un, passant à demi au dessus de lui par l'élan des deux bêtes, se ramassant pour finir truffe dans une flaque.

La louve se releva non sans une grimace, secouant inutilement d'un geste brusque une patte. Sa bouteille avait roulé dans la nuit et d'un bref regard, elle ne la trouva pas, tant pis, son échec rendait la vision de l'objet insupportable et à défaut, son regard se posa sur le canin blanc. C'était un vieux loup au visage triste et abattu, d'une blancheur extrême. Elle ne le connaissait pas mais elle crut cependant que son cœur rata un battement, sur son échine son poil se hérissa sans même qu'elle ne s'en rende compte tandis que ses oreilles pivotèrent à l'arrière.

« Regardes où tu vas un peu blanco »

Oh elle était aussi fautive, après tout on ne voyait rien dans cette nuit orageuse mais elle avait le mérite d'accuser en premier. Se relevant, elle s'ébroua pour essayer de s'alléger du trop plein de boue à défaut d'eau mais son geste fut stopper par une quinte de toux suivit par un crachat de sang qui commença à s'embraser au contact du sol. Safran fixa le phénomène non sans avoir le museau plissé. Murmurant pour elle même, elle chercha un instant quel était sa direction, sa queue remuant agacé et nerveuse.

« P'tain de continent »
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MessageSujet: Re: Solitude griffue | Libre   Hier à 08:05

S'il y avait bien une chose à laquelle il ne s'attendait pas, c'était à croiser une autre âme qui vive dans la plaine à cette heure-ci et par ce sale temps. Alors qu'il ralentissait très légèrement l'allure, le souffle court et le coeur encore battant de la poursuite dont il venait de se tirer, une forme surgit du flou dans lequel la pluie plongea les alentours. En plus de le percuter violemment, cette silhouette l'interloqua tant et si bien qu'il aurait de toute manière perdu toute possibilité de l'éviter. Alors qu'il roulait au sol, à moitié sonné, un seul nom occupait tout son esprit.
Paprika.

Il se redressa d'un bond, le pelage souillé de boue et les yeux plissés sous l'averse qui tombait à flots. Ses cheveux alourdis pendaient autour de son visage, de son cou et sur ses épaules. Son regard chercha la silhouette qui venait de le heurter, et se posa avec stupéfaction sur cette forme au pelage caramel, au ventre clair et aux cheveux sombres. Durant un instant, il se retrouva des années en arrière, face à face avec celle qui avait été son alpha avant que les rôles ne manquent de s'inverser et qu'elle le laisse derrière elle se débrouiller avec ce qui allait être les conséquences de la péridoe la plus sombre des Séides. Il la revoyait quitter le campement de la meute sans regrets, suivis par sa famille, par Hyozan et par Thyara. Il revoyait le regard trahi d'Heever, qui se retrouvait seule au milieu de ces inconnus. Il revécut, une fraction de seconde, ce jour qui allait à jamais marquer l'histoire du continent en faisant de leurs familles deux rivales, deux lignées que tout opposait.

Alors l'autre se redressa, et son esprit nota nombre de détails qui effacèrent cette vision de temps qui n'étaient plus, et ne reviendraient jamais. Paprika était morte, lui n'était plus le grand loup d'antan. Il n'y avait que lui sous cette pluie battante, face à très certainement d'une de ses descendantes. Sa fille ? La ressemblance était si frappante que ce fut sa première hypothèse, repoussée aussitôt par le jeune âge qu'elle avait. A moins d'une intervention divine, elle n'aurait jamais pu être conçue aussi tard. Son encéphale fit rapidement le tri dans les membres de sa famille qu'il avait connus, et son hypothèse la plus plausible fut qu'elle descendait de Chulhei. Le fils né siamois de deux frères jumeaux, affreusement mutilé dès la naissance lors d'une opération auquel le blanc avait grandement participé. Les pattes étrangement déformées de la petite louve devant lui - un peu moins grande que Paprika dans ses souvenirs, peut-être du fait de sa jeunesse - semblaient aller dans le sens de cette théorie.

Elle l'invectiva avec une hargne soudaine, un peu disproportionnée face à ce qui venait de se passer - elle avait sas doute hérité du tempérament tête-brûlée de son hypothétique grand-tante -, le poil hérissé et les oreilles plaquées sur le crâne. Face à cela, le blanc banda ses muscles et redressa légèrement le menton. Un vieux réflexe de jeunesse, à l'époque où sa petite taille était une sorte de complexe. Sans répondre, il la jaugea rapidement du regard, évaluant autant son état qui semblait plutôt mauvais que ses chances de remporter un combat singulier. Son glowstick brilla légèrement alors que son pouvoir percevait les multiples petits maux qui se développaient doucement dans son organisme. C'était donc cela, la Malédiction ?
Des rumeurs et des histoires couraient, disant que les loups de Morne-Oeil ne pouvaient plus quitter leur île et étaient brûlés vifs par le continent. Roy n'avait jamais vraiment su comment prendre ces informations, qui différaient d'un loup à l'autre et étaient plus ou moins exagérées selon le public. En être le témoin aussi soudainement avait une sorte de côté... fascinant.

En la voyant cracher quelques gouttes sombres qui grésillèrent au contact du sol, il comprit combien dangereuse et réelle était cette malédiction. Quelle drôle d'ironie il y avait là, à se trouver face à face avec cette rivale qui ressemblait tant à feu Paprika, avec la possibilité d'en faire une prisonnière de son destin ainsi que celle de l'aider pour la libérer. Roy avait de profondes blessures au fond de lui, certaines toutes fraîches, certaines lointaines et qui n'étaient plus que de poussiéreuses cicatrices. Il avait un visage froid et un esprit calculateur qui s'efforçait de laisser le moins de place possible à l'émotionnel, pour se protéger comme pour protéger les autres. Mais ce jour-là, Roy était plus vulnérable qu'il ne l'avait jamais été, et il était un guérisseur avant tout.
Il repoussa très loin au fond de lui les souvenirs que lui inspiraient la vision de cette jeune louve, au moins pour un temps, et son visage se durcit légèrement. Ses yeux se détachèrent de l'inconnue - qui ne l'était plus tant - pour balayer les alentours et finalement se poser sur la silhouette d'un arbre qui se dressait non loin. Ses jeunes branches ployaient sous les grosses gouttes qui tombaient, mais elles étaient constellées de petits feuilles vertes indiquant qu'il était encore bien vaillant. Le glowstick de l'Herboriste se mit à briller plus fort, teintant d'émeraude les cordes qui pleuvaient, alors que ses iris glacés revenaient sur la louve. Et doucement, les blessures qu'elle avait à l'intérieur, aux poumons, au coeur, le mal qui rongeait ses veines et sa peau, disparurent. Les feuilles du petit arbre roussirent soudain, sans que personne ne le remarque tant le temps était mauvais.

"Va-t-en vers la mer." Déclara le blanc d'un ton égal en indiquant la direction d'où il était arrivé d'un signe du museau. "L'effet ne durera pas. Tu finiras par mourir ici."
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