Un monde peuplé de loups extravagants aux pouvoirs surnaturels !
 

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 Apaisons les tourments. ❄ libre !

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MessageSujet: Apaisons les tourments. ❄ libre !   Dim 30 Déc 2018, 19:10

Heever DEFI RP ❄ MORT – Ouvert grâce à une perle

Heever sur l'île de Morne-Oeil, au loin, les nuages s'amoncellent, annonçant une nouvelle tempête qui viendra détruire les rivages de sa précieuse petite île isolée et la détruira aussi. Les choses commenceront à voler et, aux travers de l'écume, elle apercevra, très vaguement le regard de son maître, Pontos s'approcher et l'appeler à faire un dernier sacrifice en son nom, pour calmer la tempête. Ici, Heever à le choix, quitter la terre et apaiser, dans un dernier rituel la mer qui ne sait pas s'apaiser de savoir qu'elle perdra sa meilleure prophète ou rebrousser chemin et mourir dans les bras de sa progéniture qu'elle laisse derrière. Devoir ou devoir ? Que choisira t-elle ?



« Apaisons les tourments.

« Heever ❄ Spleen, Creek & libre


Le ciel était gris, l'air chargé, lourd. La louve damnée observa son reflet dans la mer sombre alors que sa respiration se faisait plus difficile et lente. Elle ne se reconnaissait plus vraiment. Ses yeux avaient gagné une paupière supplémentaire lui permettant de mieux voir sous l'eau sans que ses globes oculaires ne s'irritent à cause de l'iode. Des branchies striaient le bas de ses joues et son cou, lui offrant le bonheur de pouvoir vivre sous l'océan avec aisance et insouciance. En contrepartie cependant, sa vie sur terre s'en voyait amoindrie : elle devait tirer de plus en plus douloureusement sur ses poumons pour garder du souffle, comme si elle était atteinte d'une bronchite carabinée et sa peau s’asséchait à une vitesse effrayante. De fait, elle devait très souvent retrouver le calme des profondeurs pour éviter à son cuir de craquer en de multiples endroits en de petites crevasses cuisantes. Et puis il y avait tous ces voiles de nageoires fragiles qui facilitait sa vie aquatique et l’encombraient sur l'île de Morne-Oeil. A ses coudes, sur son ventre, son dos et sa queue devenue très longue et presque plate, les ailerons souples étaient ce qui se déchirait le plus aisément. Et en même temps, c'était ses nageoires qui rendait sa nage aussi fluide et rapide. Ces nouveaux organes locomoteurs et stabilisateurs devenaient une plaie à porter hors de son nouvel élément. Ces dernières années, depuis son huitième été en fait, la malédiction du Roi des Océans avaient conduit son organisme à une mutation à sens unique, et Heever savait que ces changements étaient irrévocables, définitifs.

Elle sentait, d'ailleurs, que son temps dans ce monde était presque révolu et que bientôt son aspect de murène serait sa nouvelle vie. La louve grise deviendrait très bientôt plus poisson que louve et elle devrait abandonner derrière elle ses amours de fils, sa meute de Pirates, son rôle de Médecin et de Maître des Rituels. La douleur cuisante de ses poumons lui coupa le souffle un instant et la femelle dû baisser la tête pour récupérer de son mal. Bientôt il serait trop tard. Au loin, l'horizon s'assombrissait toujours plus, et de gros colosses de vapeurs noirs s'amoncelaient au dessus de son crâne. Elle laisserait derrière elle tant de choses. Tant de regrets alors qu'elle s'était juré de ne jamais en avoir. Elle aurait tant voulue revoir sa fille aînée. La jolie Spleen partie conquérir le continent à la recherche de son géniteur depuis maintenant  quatre longues années. Était-elle seulement encore en vie ? En forme ? La petite louve blanche avait dû tant grandir, s'affiner, se muscler peut-être aussi. Elle avait quitté le nid lors de la Grande Sécheresse et n'avait jamais donné de nouvelles depuis. Ce vide creusait chaque jour un peu plus le coeur desséché de la Raeder. Et puis il y avait Volstein. Le seul loup à l'avoir toujours aimée, le seul à l'avoir toujours soutenu, le seul à avoir toujours été là pour elle. Son seul ami, devenu plus que ça. Elle avait compris, bien trop tard, qu'il était celui dont elle avait besoin, celui qu'elle aimait, celui qu’elle désirait. Mais elle l'avait trahie, alors qu'elle ne trouvait pas sa place en ce monde.

Elle avait tant espérer qu'il revienne la voir, un jour. Elle avait prié Pontos chaque jour pour qu'il lui pardonne alors même qu'elle n'était pas capable de se pardonner à elle-même. Elle avait infligé tellement de mal à ce pauvre mais brave loup. Et maintenant elle allait disparaître sans avoir jamais revue sa fille et celui dont le souvenir faisait encore danser des sentiments en elle. Un grognement s'échappa d'entre les crocs longs et effilés de la louve-murène alors qu'une fois encore la souffrance la pliait en deux. Heever reprit son souffle plus difficilement, alors que face à elle, l'océan s'agitait. Elle cracha des glaires peu appétissantes, signe que ses poumons ne fonctionnaient plus normalement. Elle était guérisseuse, elle connaissait ces signes avant-coureurs de l'arrêt respiratoire. Mais elle était aussi Maudite et elle imaginait sans peine qu'en fuyant dans l’abîme sombre et apaisante du royaume de Pontos, elle serait libérée de ce mal qui la rongeait plus à chaque instant. Le vent s’engouffra dans ses poils et dans ses nageoires, ébouriffant ses cheveux au point de défaire les lacets de cuir retenant ses deux longues nattes. Comme Méduse dans la mythologie, les mèches turquoises et vert d'eau s'animèrent comme d'une vie propre, dansant avec la brise, s'emmêlant et se chamaillant. Les perles de bois dans ses longs cheveux gris claquaient les unes contre les autres puis s’enfuyaient vers les pointes pour ensuite bondir vers la mer, jetées par la tempête qui se levait. L'Océan appelait sa damnée.Le Roi de ce monde sous marins interpellait la louve-poisson. Pontos sommait la descendante de la princesse des araignées de revenir à lui.

Le tonnerre commença à gronder et les épais nuages s'illuminèrent par instants d'éclairs violacés. Heever se laissa aller à la réflexion pure. En cet instant il ne lui restait que son introspection pour la divertir de ce spectacle violent des éléments qui se déchaînaient toujours plus fort. La pluie se mit enfin à tomber, drue et glacée. Très vite elle imbiba le sable et le pelage de Maîtresse des Rituels, alourdissant ses cheveux, faisant dégouliner ses épaules, son museau, sa queue... Et lui procura la plus délicieuses des sensations de bien-être, de liberté. Le Grand Surimi séduisait sa maudite. Heever s'assit pourtant sur la berge, l'écumes des vagues venant les lécher les pattes chaque fois plus vite, et chaque fois plus fort. La morsure de la mer était divine. La grise se prit à reprendre sa vie à l'envers, puis à remonter son arbre généalogique génération après génération pour parvenir là où tout avait commencé. Sa lignée était vouée au malheur depuis des lustres. Depuis, en fait, le temps où la Prêtresse et le Prêtre évadés de la Prison Céleste étaient descendu sur la terre des mortels pour leur offrir leur puissance empoisonnée. A cette époque, il y avait trois jeunes loups dont l'existence allait basculer terriblement. Lawrence, Winka et Aracnee étaient les acteurs principaux de l'histoire de sa famille, et surtout la cause de la damnation de son sang. En acceptant les glowsticks offerts par Minrée et Shokku, les trois Sbires s'allièrent aux démons, ils acceptèrent la noirceur la plus profonde, la plus mauvaise et se laissèrent guider par elle.

Lawrence et Winka étaient ensemble alors, et ils étendirent leur lignée à de multiples reprises, chaque nouvelle portée plus atteinte par le sombre mal de leur parents que la précédente. De nombreux enfants qui ne survécurent pas tous dans un environnement devenu hostile à l'innocence. Lawrence et Winka n'aimaient pas leurs petits, ils avaient cherché à les élever en soldats, voulant offrir à leurs cruels Seigneurs la plus sanguinaires des armées. Ils étaient fous. De son côté Aracnee l'était tout autant, mais son but était plus égocentrique. Elle aussi eut des mômes, elle aussi travailla pour Minrée et Shokku. Et puis de nombreuses années d'horreur et de malheur plus loin, un Ange vint libérée le monde du Prêtre et de sa fourbe compagne. Les partisans de ces monstres, devenus eux-mêmes des titans scélérats furent exilés sur une île maudite nommée Rotten Island. Un sourire étira les babines de la louve murène. Ses prunelles de givre sondèrent l'eau tumultueuse. Elle crût y déceler un regard alors que tout son être réclamait qu'elle plonge. Pontos était là, il veillait sur elle, il la voulait auprès de lui. N'était-elle pas son émissaire sur terre ? Digne fille damnée sur une île d'exclus du continent comme ses ancêtres l'avaient vécu avant elle, avec une similarité si exacte ? Morne-Oeil était après tout devenu son enfer, territoire des Pirate qui pourtant la rejetait autant que ce que l'appelait l'Océan... Oui bientôt Seigneur des Mers. Je t'appartiens déjà, pourquoi tant d'impatience ? L'orage sembla s'intensifier en réponse.

Sur cette île de Rotten Island, des décennies plus tôt, Aracnee avait été l'ennemie juré de Winka, et par extension celle de Lawrence le Fol. A de maintes reprises ils s'étaient battus, griffés, mordus à sang. Parce qu'ils aimaient ça autant qu'ils se haïssaient. Et puis l'impensable, la compagne de son ancêtre avait batifolé ailleurs, rompant le lien sacré de leur union, seul chaîne assez solide pour les ancrer l'un à l'autre et à la réalité de leur monde. Par vengeance alors, Lawrence était allé voir l'Araignée, et elle lui avait donné un fils. Prince Noir de cette île démoniaque. Whiskee avait été élevé ainsi, dans la douleur et dans la haine, et pourtant choyée par ses deux parents qui se détestait l'un l'autre. Winka, jalouse, trouva Aracnee pour l'égorger elle et son fils, au lieu de cela, les deux femelles s’entre tuèrent au dessus du louveteau au poil anthracite. Il baigna dans le sang et dans ses prunelles restèrent, à jamais gravées, les images terribles de ce combat de Reines laissant derrière elles un fou esseulé avec un gamin au sang maudit. Et pourtant de toute la lignée, il fût le moins mauvais... Il fût le seul à ne jamais retirer la vie à un autre loup. Whiskee trouva compagnie chez une louvette de leur île et en grandissant, l'amour les lia quelques temps. Juste assez pour que deux princesses naquirent avec une cuillère d'argent dans la gueule. Manzanee et Esther. Deux adorables louves en apparences, aux cœurs cruels et mesquins. Manzanee chercha à perpétuer le rêve de feu son grand-père, de lever une armée de fidèles à Shokku et Minrée. Elle usa de charme et de malice pour cela. Esther de son coté, n'avait à l'esprit que son sinistre amusement.

Seule celle au vaste et funeste dessein perpétua la lignée. De nombreux petits, sept en tout, naquirent de deux pères différents dans une meute où la femelle avait trouvé refuge. S'ils avaient l'étoffe de chef, de conquérant, ils étaient loin d'avoir cette étincelle mortelle au fond des yeux et ce goût prononcé pour la sang que Manzanee cherchait à leur inculquer à côté de leur éducation royale. Aucun des sept ne fût à la hauteur. Cela força la louve à recommencer, à chercher un autre père au coeur plus noir pour ses petits. Elle sembla trouver réconfort auprès d'un mâle gris, Sebastian. Un démon se cachait sous ces yeux de glace. Un être prêt à tuer pour son bon plaisir, un diable de sang royal d'une contrée voisine. Il était donc celui qu'elle désirait tant pour transmettre la fibre meurtrière à ses petits. Ainsi naquirent Tequeela et Asmodee avant que l'implacable Dieu des Dieux, Cronos, n'efface tout et ne veuille recommencer tout à zéro. Ainsi il réduisit en cendres tout être et toute chose pour remodeler le monde et créer une nouvelle vie libérée de tout péché. Il façonna de nouveaux loups, et d'autres en reprenant des gènes de ceux qu'ils avaient détruits. Si aux premiers abords ces loups ne semblaient pas bien impressionnant, il faut savoir que le fils recréé de Sebastiane et Manzanee était hanté quand même par un démon sadique dont la cruauté n'avait d'égal que la luxure. Quand à Tequeela, fière descendante de sa mère aux rêves de grandeurs, sa bipolarité l’amènera à la méchanceté, à la mesquinerie et à la trahison.

Heever avait-elle donc tant tenu de sa grand-mère ? Reproduisant le schéma familial qui, systématiquement, voyant l'une des âmes du couple à briser ce qu'elle avait pour s'épanouir dans l'adultère. Fallait-il absolument que la descendance ne soit qu'illégitime pour perdurer ? Tandis qu'Heever s'approchait de sa propre histoire, arrivant au terme de tout ce qu'elle avait pu lire à la Bibliothèque sur le passé de ce monde et celui des membres qui composaient son arbre généalogique, la marée revint l'enveloppée de son linceul glacée, l'entourant jusqu'aux épaules avant de se retirer brutalement et attirée la louve avec elle. Parce que ses nageoire et ses pattes avaient assez puissantes, la grise s'évada de l'emprise de l'eau pour remonter un peu plus haut sur la plage. La tempête faisait rage et autour d'elle, des branchages s'envolaient, les dunes de sable se déplaçaient en glissant et le vent mugissait contre l'épave éventrée du navire de pirate où les Raeders aimaient à s'amuser. Sur le bâtiment d'ailleurs, une corde céda brusquement et la grande voile s'étira vers le ciel vomissant des trombes d'eau à en noyer les mortels. Les zébrures dans le ciel se faisait plus fréquentes et plus violentes. Heever sentait le sol tremblé sous ses coussinets à chaque nouvel assaut de lumière.Elle fit en pas en direction de la mer, se perdit à contempler le farouche et odieux Océan qui cherchait à l'engloutir en son sein. Patience, mon Roi, patience. Je serais bientôt tienne à jamais... Mais pouvait-elle abandonner ses enfants si vite ?

Tequeela l'avait bien fait elle. Au détriment de Leemoncello, Adèle, Pumpkeen et Skaër, elle avait quitté sa meute, son compagnon et tout ce qui aurait pu la retenir pour rejoindre le tyrannique Rengar. Il avait pourtant tué l'un de ses premiers nés, il avait pourtant enlevé le second de ses fils aîné... Mais le mal appel le mal et c'est chez barbare que la descendante de l'Araignée pouvait enfin s'épanouir. C'est dans son clan de Precursors qu'elle trouva un lointain cousin de la lignée de Lawrence. Là elle eut encore des enfants, et pas des faibles, aps des craintifs, pas de simples suiveurs. L'une de ses filles était sa génitrice et l'avait confiée à Leemoncello pour qu'il l'élève au sein d'une meute qu'il lui apprenait à haïr. Heever avait reçu cet enseignement, celui de son sang, celui qui aurait dû faire d'elle le monstre qui aurait perpétuer l'histoire des siens... Mais sa damnation à elle était venue bien plus tard... Lorsqu’elle s'était cru sauvée en rejoignant sa mère adoptive, lorsqu’elle avait pensé que serait derrière elle et qu'elle pourrait enfin choisir sa destinée, loin des desseins de Leemoncello, de Tequeela, de Manzanee et de Lawrence... Mais non. Pontos lui avait rappelé que son chemin vers l'enfer était tracé d'avance. Il lui avait remémoré ce qui coulait dans ses veines et que jamais elle n'échapperait à l'horreur et l'abîme qui menaçait son âme depuis toujours. Si sa malédiction a elle avait prit un autre chemin, elle n'en était pas moins une qui perdurait dans ses gènes... Ainsi le Destin gardait entre ses griffes acérées ceux qui se battaient pour s'en dépêtrer.

Le sourire carnassier de la louve-murène s'élargit alors qu'elle fit un pas de plus vers la mer qui courait à nouveau dans sa direction. Le temps semblait suspendu alors qu'une immense vague allait venir violenter le rivage. La femelle hésita un instant en pensant à ses trois fils encore jeunes pour perdre leur mère, à Spleen qu'elle ne reverrait jamais, à Volstein qu'elle aimait toujours, et à Paprika qui l'attendait peut-être aux côté de Pontos... Elle avait pourtant le devoir de rester auprès de ses petits, quitte à en mourir très bientôt. Mais elle avait le devoir de protéger les Raeders et elle avait le sentiment, l'intuition, que si elle rejoignait maintenant les profondeurs du monde aquatique, elle pourrait calmer l'impatience du Roi des Océans. Il y avait quelque temps qu'elle savait ce choix inévitable, mais l'urgence de la situation, cet ouragan qui ne faisait que grandir et menaçait de dépasser les côtes de Morne-Oeil, faisait se crisper son ventre douloureusement. Elle devait soit abandonner ses fils, soit abandonner à leur sort les Raeders sur l'île, et tous ne pouvait pas encore prétendre survivre sous l'eau... Alors elle décida, avec bravoure et résignation de se jeter dans la gueule de celui qui l'avait punie sur cette île, de celui qui l'avait transformée en l'une de ses sujettes, du Seigneur du monde le plus silencieux et apaisant qu'elle eut la joie de découvrir. Elle se laissa emporter, éperdue, par la vague qui déferla sur la plage et emporta tout sur son passage, rocher, cocotiers, sable... Mais l'eau ne monta pas plus loin que les plus hautes dunes et Heever sût qu’elle avait fait le bon choix.

Alors que son corps mi-loup mi-poisson était ballotté, malmené et secoué par le courant, elle repensant au début de cette journée. Elle avait sentit qu'elle ne tarderait plus à quitter la terre d'une façon ou d'une autre, elle avait senti que son corps ne supporterait pas davantage d'être privé d'eau, alors elle avait prit ses dispositions. Elle avait trouvé Tatch, très tôt et l'avait réveillé. Ensemble ils avaient marché le long des collines de Cranecoeur et elle lui avait confié la lourde tâche de la remplacer : bientôt, lorsqu’elle ne serait plus là, il lui faudrait devenir le nouveau Maître des Rituels le temps de choisir la remplaçante d'Heever. Elle-même n'avait pas eu le temps de définir, avec Illidan ou plutôt Safran, qui d'Hypoxie ou de Sayuri serait une meilleure candidate. Elle gageait donc son barbu de fils de terminer ce qu'elle avait entreprit et de lui nommer une successeur. En attendant  il officierait en son nom. A Creek et Kéran, elle avait légué ses livres de médecine annotés de conseils et de détails. Elle avait depuis leur enfance appris à ses fils à lire, afin qu'un jour, ils puissent apprendre tout ce qu'ils puissent désirer de connaître. Ainsi ils auraient la possibilité d'en savoir assez en soins pour se protéger ou en se sauvant au besoin les uns les autres. A Kéran seul elle avait apprit l'existence de leur grande soeur, partie conquérir le continent et pas revenue depuis six longues années. Elle espérait qu'ils aient la chance un jour de rencontrer Spleen, car elle n'avait pas pu orchestrer cela elle-même, et souhaitait aussi qu'ils ne la prennent pas pour une traîtresse...

Après tout, Spleen avait quitté l'île parce que la vie de forban n'était pas pour elle. Heever l'avait toujours sentie. Sa place était auprès de Roy plutôt, dans une meute traditionnelle. Mais cela rendait la grise tellement triste... Elle pensa à Creek, le dernier de ses trois garçons, et pria pour que le feu brûle assez en lui pour qu'il réalise ses rêves malgré sa patte de bois. Et enfin, alors que toute la douleur l'abandonnait au profit d'une chaleur et d'un bien être pareil à nul autre, son esprit qui frisait l'inconscience eu un dernier appel pour Volstein. Ce loup si doux, si gentil et qu’elle n'avait su voir que trop tard. Ce loup qu’elle avait tant blessé. Il avait fallu qu'elle le trahisse pour comprendre à quel point c'était lui, le seul et unique acteur de son bonheur. Il avait fallu qu'elle se perdre dans les pattes de son mentor et ami, grand-frère de son amoureux pour réaliser que tout ce qu'elle désirait c'était le soigneur aux ailes de cristaux. L'image du loup, devenu Oracle Nakhu, emplit sa tête et son coeur, et tandis qu'elle glissait vers l'abîme obscur, tout son organisme se réjouit d'être enfin à sa place. Parce qu'elle avait rejoint Pontos, le Roi des Océans, cédant à son séduisant appel et parce que ce qu'il restait de loup en elle était très faible, la louve-murène devint murène-louve l'espace d'un court laps de temps où sa voix se perdit en hurlant le nom de celui qu'elle aimerait à jamais. Volly. Volstein. VOLSTEIN. Puis la femelle perdit patte dans cet autre monde où elle n'était plus la même, elle s'effaça au profit de ce qu'elle était d'autre pour que son être n'appartienne plus qu'à celui qui l'avait maudite.

« Je suis à toi, mais mon coeur ne bat plus que pour lui. »

Heever s'en alla rejoindre ceux qui désormais lui ressemblait plus que les loups.
Heever n'était plus.
Heever s'était éteinte.
Heever avait laissée sa place...

Quelques jours plus tard, il ne restait dans les profondeurs de la mer, par delà le fort Abyssal, qu'une étrange murène aux écailles gris pâle, zébrée de turquoise, et dont le regard givré vous glacerait le sang.

***

La louve blanche observait l'horizon depuis les côtes de Nacre. Elle avait vu l'océan gronder, elle avait vu le ciel s'assombrirent et l'orage éclater. Cela avait duré plusieurs heures. Il lui avait fallu attendre que le temps s'apaise pour traverser vers l'île de Morne-Oeil. Spleen avait enfin prit son courage à deux pattes pour retrouver sa mère et ses cousins. Depuis son arrivée sur le continent, elle n'avait pas énormément sociabiliser et avait mit le temps à trouver sa place. Finalement, lorsqu'elle avait enfin rejoint son père chez les Lazulis et qu'on lui avait permis de tenter sa chance auprès de l'une des divinités, elle n'aurait jamais cru se sentir aussi bien. Le Raptor, dont la foi battait dans ses veines et son coeur depuis qu'elle avait appris les mœurs de ces terres l'avait reçu dans son temple. La blanche aux yeux de givre n'avait pas répondu du premier coup aux trois énigmes mais le Dieu de la Vivacité d'Esprit avait vu en elle quelque chose qu'elle ne soupçonnait pas. Ainsi il l'avait nommé sa Prêtresse. Son émissaire auprès des mortels, sa voix parmi les Lazulis. C'était suite à cela qu'elle avait enfin pu se poser et offrir sa confiance, s'ouvrir aux autres et à cette meute qui l'avait accueillie. Elle n’était plus seulement l'enfant bâtarde de l'Herboriste Roy, elle était désormais la Porte-parole de Mido et méritait d'être là autant que tout autre. Elle n'était plus là à cause de son sang, elle était là parce qu'on croyait en elle plus que ce qu’elle n'avait jamais cru elle-même en ses capacités. Et maintenant qu'enfin sa vie avait un sens, elle était prête à revoir sa mère.

La Lazuli posa les pattes sur un rivage ravagé par l'orage. Des feuilles de palmiers gisaient ça et là, des cailloux avaient roulé en tout sens et les dunes ne ressemblaient plus a de belles dunes chauffées par le soleil. Elle fit quelques pas et ses empreintes s'imprimèrent dans la berge gorgée d'eau. Il faisait froid, le vent soufflait encore assez fort et son poil détrempé était lourd à porter. Spleen s'ébroua vigoureusement pour ne pas laisser le froid s'insinuer dans ses os. Elle devait avancer, et savait exactement vers où aller. Après tout, elle avait passée plus d'une année sur cette île... A son cou, un anneau sur son collier de cuir brillait de la lumière du Raptor. Il lui donnait la bravoure de continuer et de chercher sa mère. Alors elle posa une patte plus loin, et encore une, puis une autre et ainsi de suite jusqu'à franchir le plus haut rempart de sable qui la séparait des collines de Cranecoeur. L'air sentait l'humus, il avait dû beaucoup pleuvoir lors de cet tempête. Le silence régnait sur l'île, un calme aussi surnaturel que pouvait l'être l'apparence de certains habitants du coin. Seul le vent répondait aux questions muettes de la Prêtresse blanche. Elle s'ébroua une nouvelle fois, avant d'aboyer pour s'annoncer et pour attirer sa mère à sortir de sa caverne aux odeurs suffocantes. Mais Heever ne vint pas à sa rencontre, à la place elle découvrit un jeune loup au pelage anthracite et à la patte de bois. Il avait les crocs découvert et grognait en descendant vers elle. Et sur ses flancs et la base de sa queue, un signe évident de son appartenance génétique : des toiles d'araignées turquoises.


Il avait l'allure d'un pirate mal luné et pas spécialement accueillant... Spleen recula d'un pas tandis qu'il s'arrêtait non loin d'elle pour l'apostropher, toujours méfiant :

« Les loups du continent ne sont pas les bienvenus ici ! »

La femelle inspira et planta ses prunelles de givre dans les yeux cobalt de ce qui semblait être un frère ? Vu l'âge et les toiles d'araignées... Ça ne pouvait pas être autre chose !

« Je cherche Heever. »


Le pelage de Creek se gonfla alors qu'il dévoilait un peu plus ses crocs. Que voulait-elle à sa mère ? Surtout maintenant que la louve-murène avait disparue dans les tréfonds de l'océan, partie rejoindre sa propre mère, Paprika, et leur Roi Crabe.

« Que lui veux-tu ? »

Son agressivité était d'autant plus accrue qu'il avait en face de lui une femelle qui était la copie presque crachée de sa génitrice, sans les transformations de la damnation de Pontos, sans l'odeur du Rhum maudit et des plantes médicinales, et avec le poil blanc comme un ange. Il n'y avait pas de place pour un ange ici. L'île de Morne-Oeil n’abritait que des monstres et des vaillants pirates, alors elle, qui quoi soit pour Heever, soeur, cousine, fille, n'avait rien à faire ici ! Le Raeder fit un pas en avant en claquant des dents, sa patte de bois frappa le sol et Spleen recula d'un nouveau pas. Qui qu'il soit, ce loup là n'était pas sympathique et l'effrayait... Alors elle lâcha le seule information qu'elle estimait pouvoir lui sauver la vie :

« Je suis sa fille. »

Surpris et désemparé, le mâle anthracite haussa les sourcils et fronça le museau. Il n'y avait que de la révolte et de la colère dans son coeur, alors il appela ses frères en hurlant le plus fort possible, peut-être qu'eux savaient quelque chose qu'il ignorait mais il était presque certain qu'Heever ne leur aurait jamais caché ça... Presque...



( 4484 mots si j'ai bien compté ! )


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MessageSujet: Re: Apaisons les tourments. ❄ libre !   Mar 08 Jan 2019, 21:44

[Désolée, je voulais te répondre un peu plus tôt, mais j'ai été malade. J'espère que ma réponse va te plaire ^^]

Kéran fixait le plafond de la grotte depuis un bon moment déjà. Son regard se perdait dans l'immensité de ses questionnements et de sa tristesse. Sa mère était morte depuis peu. Celle-ci avait décidée de rejoindre Pontos. À cette pensée, son coeur se serra. Heever était partit tôt, trop tôt selon le beige. Il aurait largement préféré qu'elle meurt de vieillesse, mais il ne pouvait rien y faire. C'était sa décision et non la sienne. Pourtant, une part de lui s'obstinait a ne pas vouloir le croire. Une part de lui se mettait la faute sur les épaules. Si elle avait fui ce devait certainement être à cause d'une bêtise qu'il avait fait non? Son cerveau ne voulait pas croire que sa mère, le maître des rituels soit partit pour toujours. Bien sûr, celle-ci leur avait légué des choses différentes à chacun d'entre eux, mais le mâle refusait de croire que ce serait la dernière chose d'elle.

Une soeur. Elle ne vous a pas laissée seuls. Vous avez une soeur, murmura sa conscience.

Oui... une... soeur... Une soeur qu'Heever leur avait cacher l'existence. Elle ne leur avait rien dit! C'était quand même quelque chose! Une soeur ou plutôt une demie-soeur! Pourquoi n'avait-elle rien dit? Ils étaient en droit de connaître la vérité! Pourquoi fallait-il qu'elle lui annonce cela juste avant son départ? C'était...

Un soupir s'échappa d'entre les crocs du chapardeur. Lentement, ses yeux dérivèrent sur le livre qu'elle lui avait laissé. Avait-elle cacher la vérité pour éviter que ses fils soient en colère? Pour éviter qu'ils la détestent? Rien ne pouvait confirmé cette hypothèse. Pourtant, c'est exactement ainsi qu'il se sentait. Furieux. Furieux, que leur mère ne leur ait rien dit. Furieux qu'elle leur fasse des cachotteries même après sa mort.

Un nouveau soupir s'échappa d'entre ses crocs. Il n'arriverait à rien si il restait dans cette grotte à ruminer ses pensées toute la journée. Le Reader se fouetta donc mentalement pour se lever et se diriger d'un pas silencieux vers l'entrée de la grotte. Juste avant de sortir, le beigne se plaqua un sourire sur les babines et redressa sa queue, prenant son expression fier et arrogant. Après tout, il ne fallait jamais montrer sa faiblesse aux autres. Il fallait garder tout pour soit. Pourtant, ce qu'il ne savait pas, c'est que sa faiblesse allait bientôt être révélé.

Le loup marcha un peu sur la plage, se décidant enfin à faire son travail. Ses yeux parcouraient les environs à la recherche de nourriture, mais ceux-ci ne voyaient rien. Ils ne voyaient que la disparition de sa mère et le lourd cadeau qu'elle leurs avaient donnés. Puis, alors qu'il allait bientôt se laisser sombre de nouveau, une voix ou plutôt un hurlement familier se fit entendre. Kéran redressa les oreilles, soudain plus alerte à l'entente de la voix de son frère. Que se passait-il? Inquiet, celui-ci fit demie-tour et rejoignit Creek en boitant.

-Que se passe t'il?
Demanda t'il en étant un oeil vers son frère avant de regarder tout près de son frère et de voir une louve blanche avec un tatouage familier.

La surprise le fit reculer d'un pas. Ses yeux ne cessaient de se poser sur Spleen et son frère. Une part de lui cherchait les ressemblent alors que l'autre se demandait comment elle ressemblait autant à leurs mères alors qu'eux étaient si peu semblable, à part pour la toile d'araignée qu'ils arboraient. Puis, son regard cessa enfin de se promener et se posa sur la femelle. Sans vraiment y croire, le mâle reconnaissait de nombreux traits de leurs mères, mais n'osait pas se l'avouer. Involontairement, ses babines remontèrent, montrant ses crocs. Ses yeux brillaient d'un mélange de colère et d'incertitude. Kéran aurait aimé secouer la tête, mais son corps ne fonctionnait plus en rythme avec sa tête. Son corps ne voulait plus lui obéir.

-Spleen...
parvint-il à murmurer alors que ses pupilles se posaient enfin sur le regard de leurs demie-soeur.
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